Des femmes agressées en pleine rue à Yverdon

YverdonLa police enquête sur des cas d’«attouchements» survenus ces dernières semaines au cœur de la ville. L’auteur court toujours.

D'après un témoignage, une des agressions aurait été commise à la rue des Pêcheurs. La police ne le confirme pas.

D'après un témoignage, une des agressions aurait été commise à la rue des Pêcheurs. La police ne le confirme pas. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Depuis mercredi, les réseaux sociaux sont en ébullition. Deux messages alarmants circulent abondamment sur Snapchat et sur Facebook, mettant en garde les Yverdonnoises (images ci-contre): «Attention les filles! Quatre agressions en trois semaines! Agressées par-derrière en sortant du travail ou des cours.» Une description de l’auteur est aussi largement partagée: «Un mec en habits de travail avec des taches de peinture se déplaçant sur un vélo orange.» Un autre message précise: «Il est grand (environ 2m) et il porte un bonnet sur la tête pour qu’on ne puisse pas l’identifier. La police est à sa recherche mais n’arrive pas à le trouver car il change à chaque fois de rue.»

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Vendredi, à la veille des manifestations qui ont réuni des dizaines de milliers de personnes partout en Europe pour dénoncer les violences faites aux femmes, les témoignages se sont multipliés en ligne. «Il m’est tombé dessus à la rue de la Maison-Rouge, écrit une mère de famille. Il m’a mis la main sur les fesses. J’ai hurlé et, quand je me suis retournée, il remontait sur son vélo pour fuir.» Contactée, cette dernière indique ne pas avoir déposé de plainte. «J’ai vécu pire… Cela ne m’a pas tant chamboulée.»

Jogging et visage masqué

Une autre femme, âgée de 22 ans, a, quant à elle, appelé les forces de l’ordre après avoir été agressée juste devant chez elle il y a environ dix jours. «Je promenais mon chien et je téléphonais à un ami, confie-t-elle. Soudain, j’ai senti que quelqu’un me sautait dessus par-derrière. Cette personne m’a embrassée dans le cou tout en m’attrapant les fesses. J’ai pensé que c’était mon copain. En me retournant, j’ai aperçu un homme totalement différent: il était habillé d’un ensemble de jogging gris, le visage masqué. Je suis restée figée et lui est parti en courant.»

Choquée, cette jeune femme n’ose plus sortir de chez elle aussi sereinement qu’avant les faits. «Je suis forte et j’essaie de penser à autre chose. Mais je suis moins tranquille, c’est sûr. Depuis, je privilégie les rues avec de la lumière et j’essaie de toujours me promener en étant accompagnée.» Elle ajoute: «L’auteur s’attaque à des femmes et les terrorise. Il s’en prend à notre intimité et à notre liberté.»

La HEIG est inquiète

Ces cris d’alerte ont fait réagir jusqu’à la direction de la Haute École d’ingénierie et de gestion (HEIG-VD), qui s’est fendue d’un courriel à l’intention des élèves de l'établissement vendredi après-midi. «Des informations relatives à des agressions récentes ayant eu lieu à proximité de l’école (quartier des Pêcheurs) circulent sur les réseaux sociaux et ont été portées à l’attention de la direction. Ces informations génèrent beaucoup d’inquiétude, notamment auprès des collaboratrices et des étudiantes devant se rendre à la gare le soir.» Et de reprendre: «L’école s’est informée auprès de la Police Nord vaudois, actuellement chargée de cette affaire. Pour l’instant, le simple respect des consignes de sécurité suivantes est requis: «Privilégiez des trajets à plusieurs pour vous rendre à pied jusqu’à la gare et veillez à la sécurité de vos collègues. Privilégiez le trottoir bien éclairé plutôt que d’emprunter le trottoir d’en face, qui passe sous le pont (étroit, peu éclairé et confiné). Gardez votre calme et ayez confiance en vos capacités d’appréciation de la situation et de réaction.»

D’après les cinq témoignages recueillis par «24 heures», des agressions ont été commises dans le centre-ville historique de la cité thermale, mais aussi à la rue des Pêcheurs ou encore à la rue Henry-Correvon. La Police Nord vaudois ne confirme pas ces informations. La police cantonale se montre plus loquace, même si elle refuse d’entrer dans les détails, une enquête étant en cours. Elle assure prendre l’affaire très au sérieux: «Les agressions se caractérisent par des attouchements aux victimes, explique Pascal Granado, porte-parole. L’auteur n'a pas été interpellé à l'heure actuelle.» Toujours selon lui, plusieurs plaintes ont été déposées. «Les victimes sont à chaque fois des femmes, complète le porte-parole. Les agressions remontent toutes à ces dernières semaines.»

Créé: 25.11.2019, 06h39

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