Il faudra attendre le printemps 2020 pour visiter l’abbatiale

PayerneLa Municipalité souhaite attendre la fin de tous les chantiers du secteur pour inaugurer le site historique.

Sur l'esplanade du Café du Marché, la Municipalité imagine un projet d'extension de l'établissement public.

Sur l'esplanade du Café du Marché, la Municipalité imagine un projet d'extension de l'établissement public. Image: Sébastien Galliker

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Inaugurer le nouveau parcours muséal de l’abbatiale dès 2019 ou attendre la fin des travaux de réaménagement de tout le centre historique, y compris les transformations envisagées au Café du Marché à l’horizon 2020? Entre les deux options, la municipalité de Payerne a choisi la seconde, annonçant jeudi «le report d’une année de l’ouverture du site au public en avril 2020 au lieu de mai 2019». En coulisses, les préparatifs de la grande fête d’inauguration sont déjà lancés sous la conduite d’un chef de service impliqué dans les travaux.

«Cette décision fait suite, en premier lieu, à l’incertitude quant au délai de l’octroi du permis de construire pour le réaménagement de la place du Marché en regard à un échéancier des travaux déjà serré initialement», communique l’exécutif. Ce délai lui permettra aussi de ficeler le dossier du Café du Marché. «Pour l’instant, ce projet bute encore sur des considérations financières», commente la syndique Christelle Luisier Brodard.

Début février, Christelle Luisier confirmait que le projet d’agrandissement, sous forme de véranda surplombant la place Paray-le-Monial avec installation d’un ascenseur pour faire le lien entre les deux sites était en bonne voie. D’abord réfractaire à cette idée de couvrir l’esplanade, la Section monuments et sites du Canton a changé d’avis, car la terrasse a déjà été occupée par le passé par d’anciennes granges. Mais alors que les chantiers de l’abbatiale seront bouclés courant 2019, ce nouveau projet ne permettrait pas de tenir le calendrier. Quant à la mise à l’enquête concernant la place du Marché, elle est attendue pour le mois de mai prochain. «Il serait possible de rouvrir l’abbatiale dès 2019, mais au niveau médiatique, il semble beaucoup plus intéressant de tout inaugurer le même jour pour marquer un grand coup», indique la syndique.

A terme un ascenseur devrait faire le lien entre la place Paray-le-Monial et la place du Marché (en haut), conduisant également à une extension du Café du Marché

Depuis le début du chantier de mise en valeur de l’intérieur de l’abbatiale, création d’un nouveau parcours muséal et réaménagement de la place du marché, l’année 2019 a pourtant toujours été évoquée. Le projet à 8 millions de francs a été validé en automne 2017 par le Conseil communal. Récemment, le législatif a encore accepté un investissement de 416'000 francs devant permettre de déplacer deux fontaines historiques sur la place voisine.

L’ensemble était prévu pour 2019, une année qui marque les 150 ans de la fondation du musée. «Elle a été formée en octobre 1869, confirme Daniel Bosshard, ancien conservateur du site. Mais il semble avoir ouvert ses portes en début d’année 1870, donc l’inauguration marquerait les 150 ans de son ouverture.»

Des vues pour le Café du Marché

À l’issue des travaux, la Place du Marché doit retrouver son rôle de poumon de la ville. Les voitures en seront bannies. Le marché hebdomadaire et les foires mensuelles y seront déplacés. Et la ville entend y organiser plusieurs de ses manifestations phares, comme le Red Pigs festival ou les Brandons... Un établissement public fort aurait donc des chances de succès.

C’est justement l’objectif du projet pour le Café du Marché. À terme, une septantaine de places assises serait ajoutée à la capacité actuelle de vingt-six. L’accueil de l’Office du tourisme étant appelé à déménager à quelques pas de là à l’entrée de l’abbatiale, une nouvelle cuisine pourrait être aménagée dans les locaux libérés. «L’objectif serait de proposer une bonne table dans ce centre historique», glisse un connaisseur du dossier. En effet, si Payerne abrite de nombreuses échoppes de kebabs, des pizzerias et quelques bonnes brasseries du terroir, aucune enseigne de qualité supérieure n’est répertoriée dans les guides culinaires.

Actuellement, le Café du Marché est exploité par le pasteur Patrice Haesslein pour le compte de l’église évangélique réformée vaudoise (EERV). Ce dimanche 22 avril, le comité de pilotage marquera les trois ans de l’ouverture de ce lieu de rencontre. Et l’EERV tire un bilan positif de son exploitation. Sauf que le projet municipal se mariera difficilement avec l’exploitation actuelle des lieux. «Il est clair que si le projet de Café du Marché devait se réaliser, la collaboration avec l’église ne pourra pas se poursuivre comme actuellement, déclare Christelle Luisier. Dans un tel cas de figure, nous réfléchissons à d’éventuels autres projets à proposer à l’église.»

Une séance entre les deux parties est agendée en mai prochain, l’EERV souhaitant poursuivre l’aventure. Dans le même temps, deux préavis seront soumis à l’étude du conseil communal, l’un pour l’ascenseur et l’autre concernant l’agrandissement du Café du Marché. Avec le souhait de pouvoir inaugurer l'ensemble au printemps 2020! (24 heures)

Créé: 19.04.2018, 10h32

De l’autel au bistrot

De retour d’un congé maladie, Patrice Haesslein reprend peu à peu ses activités à la tête du Café du Marché. Jeudi, il a ainsi célébré un office dans le temple voisin de l’abbatiale, comme c’est le cas depuis que celle-ci a fermé ses portes. Le pasteur avenchois, également diplômé d’une école hôtelière, est pasteur et bistroquet depuis trois ans pour le compte de l’EERV, qui souhaitait ainsi sortir du cadre strictement religieux.

Alors que le 3e anniversaire de la démarche sera célébré ce dimanche à la salle de paroisse, l’église tire un bilan positif de l’expérience. Elle souhaite la prolonger, quel que soit l’avenir des lieux. «La vie est faite de changements et on n’est pas à court d’idées si les choses se présentent différemment à l’avenir», commente le patron, sans amertume.

L’EERV tient donc à rester à Payerne, dans le secteur de l’abbatiale, d’autant plus que le site se transforme en véritable joyau. Ainsi, Patrice Haesslein a lui-même amené l’idée d’un déménagement dans d’autres locaux.

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