«Ils s'amusaient en violentant des innocents»

Yverdon-les-BainsDeux petites frappes ont violenté pendant des mois des innocents qu'ils croisaient dans les rues d'Yverdon. L'un deux a été laissé pour mort par terre.

Deux accusés sont jugés à Yverdon pour avoir violenté des inconnus en ville et durant la nuit pour le plaisir ou sans raison. Balbutiant des excuses ou des explications confuses, ils disent aujourd'hui vouloir se racheter.

Deux accusés sont jugés à Yverdon pour avoir violenté des inconnus en ville et durant la nuit pour le plaisir ou sans raison. Balbutiant des excuses ou des explications confuses, ils disent aujourd'hui vouloir se racheter. Image: Jean-Paul Guinnard

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«Des lâches qui n’assument rien.» C’est en ces termes que le procureur Christian Maire a décrit deux jeunes délinquants jugés mercredi au Tribunal d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois, à Yverdon-les-Bains. «Ils font partie de ces individus qui sèment la terreur à Yverdon depuis trop longtemps. Leur façon de s’amuser, c’était de s’en prendre à des innocents. Ça aurait pu être n’importe qui dans cette salle. Le premier a une prise de conscience nulle. Le deuxième une drôle de façon de remercier le pays qui l’accueille.»

Le premier est un secondo portugais de 20 ans, au casier bien chargé et déjà passé par la case prison. Le deuxième est un réfugié syrien de 21 ans. Avec un troisième larron, qui fait face à la justice des mineurs, ils sont accusés d’avoir agressé violemment au moins quatre personnes entre fin 2018 et début 2019, lors de soirées alcoolisées. Ils font aussi l’objet d’une demande de réparation des CFF, pour avoir causé du grabuge et retardé un train pour Genève, forçant la police à intervenir. Le tout sur fond de trafic de cannabis – le Portugais aurait gagné 10'000 à 15'000 francs issus du deal, dépensés ensuite en fêtes – et d’inoccupation.

Agressions en série

La première victime est un jeune qui s’est fait frapper par derrière puis au visage, rue de Neuchâtel, apparemment sans raison, et s’est fait délester de son portable. Pourquoi? «Je n’étais pas bien dans ma tête à cette période. Ma mère venait de décéder», se défend l’accusé, sans être toutefois capable de citer la date du décès de sa mère.

Un mois plus tard, alcoolisés, les deux prévenus traînent au Jardin japonais à 4 heures du matin. Une femme également passablement éméchée leur aurait demandé du feu. La suite est floue. Elle dit avoir été projetée par terre pendant qu’un lui écartait les chevilles et qu’un deuxième se tenait sur elle. «On ne fait pas ça à une femme pour lui voler son sac», dit-elle, en sanglots. Elle présentait des ecchymoses, une fracture au coccyx. C’est la police qui a dû l’arrêter quand elle s’est mise à courir après les jeunes hommes, stoppés par un passant également frappé. Ces derniers répètent avoir seulement voulu lui piquer son téléphone. Dans le doute, le procureur a abandonné la charge de tentative d’agression sexuelle.

Les accusés sont finalement arrêtés en février 2019 après une nuit chargée, qui aurait pu se finir encore plus mal. Le trio au complet passe devant un établissement prisé de la communauté portugaise, un soir de match. Quelques minutes plus tard, un vieil homme est à terre, inconscient, visiblement roué de coups de carrelet de chantier. Le crâne fracturé et le nez brisé. «Ah, il est mort», aurait lancé l’un d’eux en partant. Un jeune fêtard rentrant de soirée par le Collège du Cheminet sera violenté et détroussé cinq heures plus tard.

Avocat d’une des victimes, Charles Munoz va plus loin que le procureur et évoque «une horde barbare qui a frisé l’intention d’homicide. On pense tous au film «Orange mécanique». Il faut leur dire que le jeu est fini.» Les prévenus se contredisent, tentent de se décharger sur le mineur absent, disent soudain que c’est leur victime qui avait un bâton en main, l’un d’eux s’excuse en boucle. Le président perd parfois patience: «Arrêtez de vous chercher encore et toujours des excuses!»

Le parquet demande pour l’un 45 mois de privation de liberté, pour l’autre 24 mois avec sursis partiel, ainsi que leur renvoi au Portugal et en Syrie pour dix ans. La défense a plaidé des charges allégées, voire l’abandon pour manque de preuves. Verdict la semaine prochaine.

Créé: 12.02.2020, 22h25

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