«J’avais peur que ma voix sorte faux»

MusiqueAutodidacte, le Baulméran Antony Cornu revient sur son audition à The Voice diffusée samedi soir sur TF1.

C'est avec la guitare de sa soeur, Emanuelle, décédée tragiquement en 2008 qu’Antony s’est lancé dans la musique.

C'est avec la guitare de sa soeur, Emanuelle, décédée tragiquement en 2008 qu’Antony s’est lancé dans la musique. Image: FLORIAN CELLA

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Samedi soir sur TF1, son émouvante prestation a été unanimement saluée, tant par le jury de The Voice que par le public présent lors de l’enregistrement de cette audition à l’aveugle. Juges et spectateurs étaient encore plus touchés par l’histoire d’Antony Cornu, une fois que le chanteur de Baulmes a expliqué les circonstances tragiques qui l’ont conduit jusqu’au plateau parisien de la 9e édition du célèbre télécrochet (24 heures du 17 janvier). Le jeune homme de 24 ans revient sur cette expérience.

Les quatre fauteuils du jury se sont retournés après votre interprétation de «Casting» de Christophe Maé. Vous aviez osé rêver d’un tel moment?

Au fond de moi, je l’espérais, sans oser l’imaginer. Surtout que je suis autodidacte autant pour le chant que pour la guitare. Je n’ai pas la technique vocale qu’ont d’autres candidats. Je ne suis qu’un petit gars de Baulmes qui a appris à chanter dans sa chambre.

Justement, que ressent-on au moment de monter sur scène devant du public et des juges?

C’est un gros coup de panique. Je n’avais jamais ressenti une telle sensation, même pour des examens ou lors de mon premier concert. J’avais l’impression que mon coeur allait sortir de ma poitrine. Et puis tout à coup, la paroi s’ouvre et on voit les dix mètres qui nous séparent du micro. Il faut se concentrer pour mettre un pied devant l’autre. On voit tout: le public, les fauteuils, tout. Mais on ne regarde pas trop. Ensuite, je fais les premiers accords à la guitare et ça fait du bien, ça met en confiance. Mais on a quand même peur que la voix ne sorte pas. Ou plutôt qu’elle sorte faux, car je la crie cette musique.

Et après, tout s’enchaîne naturellement?

On a l’impression d’être dans un rêve. Juste après mon passage, je ne me souvenais que de quelques instants de ma performance, comme quand on a subi un choc. Même ce que m’ont dit les coaches je ne m’en souvenais que très peu.

On imagine que quand le premier d’entre eux se retourne, il y a comme une forme de libération, non?

Sur les vidéos, on voit que je souris à Marc Lavoine. Mais encore une fois, je ne m’en souviens pas. Je crois que je tilte quand Amel Bent se retourne. Là je sais que plus rien ne peut m’arriver. D’ailleurs, en revoyant les images, je trouve que j’ai l’air plus à l’aise.

Si on rembobine le film, comment vous êtes-vous retrouvé dans cette aventure?

J’ai été contacté l’automne dernier par des personnes engagées par la production de l’émission pour faire des repérages. Ils avaient vu des «covers» de chansons que je poste sur les réseaux sociaux. J’ai été invité à un casting à Paris. Et j’ai été sélectionné. La réponse est tombée deux semaines plus tard. C’était long…

Quand Nikos Aliagas vous parle avant votre entrée en scène, vous dites aussi que vous êtes là pour votre soeur, décédée tragiquement il y a onze ans.

Oui, c’est grâce à elle. C’est elle qui chantait et jouait de la guitare, pas moi. Pour moi, c’est clair que c’est Emanuelle qui m’a laissé ça en partant. En février 2012, je me suis cassé le fémur dans un accident de snowboard et j’ai dû arrêter le sport pendant trois ans. Alors j’ai pris sa guitare et la première chose que j’ai chantée, c’était «I’m yours» de Jason Mraz, sa musique préférée. Ce titre, je l’ai tatoué sur le bras à côté de son prénom.

Les quatre juges se sont retournés sans connaître cette affreuse histoire. Vous avez choisi Marc Lavoine parce c’est le premier à faire pivoter son fauteuil?

Non, j’ai décidé de travailler avec lui pour ce qu’il m’a dit. Quand il me dit qu’il aimerait savoir ce qui me motive, ce qui me dépasse à ce point pour qu’il se retourne pour me regarder quand je chante «Retourne-toi, regarde-moi», c’est qu’il a compris mon message.

Vous le connaissiez, avant The Voice?

De nom, bien sûr. Mais ni plus ni moins que les trois autres. Je me suis renseigné dès qu’on a su qui composerait le jury. En revanche, je m’étais promis d’écouter ce qu’on me dirait après mon passage pour prendre ma décision.

Vous êtes-vous fixé un objectif?

J’ai envie d’être reconnu en tant que chanteur. Si on arrive à aller assez loin, The Voice est un télécrochet idéal pour y parvenir. Peu importe que je gagne ou pas, si cette émission peut m’aider à vivre de la musique. Je n’ai de toute façon pas la prétention d’être Bastian Baker.

La chanson occupe une place énorme dans votre vie. Que faites-vous d’autre?

Je suis, ou plutôt j’étais en dernière année de HEP. J’ai fait le choix de stopper mon cursus pour me consacrer totalement à The Voice. Je ne suis pas scolaire. Je vais aux cours, j’écoute aux cours, mais en rentrant, je prends ma guitare. Alors, j’étais sûr de foirer mon année si je continuais en parallèle de l’émission. J’ai plusieurs années pour reprendre là où j’en suis. J’ai choisi cette voie pour idéalement devenir prof de sport. Mais à cause de mon accident, je ne sais pas si ça sera possible. Et sinon, je fais du foot, à Grandson en 2e ligue et je donne des cours de snow à Nendaz.

Vous vous présentez sur scène comme Antony Trice, d’où vient ce nom?

Du snowboarder Travis Rice, dont le surnom et T.Rice et dont je parlais tout le temps. Du coup, mes potes ont commencé à m’appeler comme ça.

Créé: 26.01.2020, 09h54

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