L’attente aux urgences abordée avec humour

SensibilisationLes Établissements hospitaliers du Nord vaudois publient deux vidéos visant à contrer la grogne des patients.

La première vidéo est intitulée «Même Wonder Woman attend aux urgences».


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Simon a mal au ventre depuis trois jours et décide de se rendre aux urgences. Il attend. Longtemps. Il a envie de tout envoyer péter. Pendant ce temps, le médecin jongle avec un clown qui a avalé son sifflet, un patient incapable d’expliquer son problème, un angoissé qui ne veut pas croire à une simple verrue ou encore une touriste thaïlandaise ne parlant pas français. La situation, commentée en voix off par Michel Zendali, vire au comique et c’est bien le but des deux vidéos réalisées par Grouxprod pour les Établissements hospitaliers du Nord vaudois (eHnv).

Des scènes emblématiques des urgences, tournées avec tact en dérision, pour sensibiliser les patients au fonctionnement du service. Et les rendre plus compréhensifs face au temps d’attente pouvant paraître interminable. «Ce dernier point fait souvent l’objet de plaintes, comme le comportement inapproprié de certains patients. Nous avons décidé d’empoigner ces éléments de manière originale. Et nous avons prévu de réaliser une troisième vidéo sur la question de la facturation des soins», souligne Loïc Favre, responsable communication des eHnv.

«Quand l'attente aux urgences rend fou»

L’année dernière, les urgences de l’Hôpital d’Yverdon ont accueilli 20 000 patients, contre 12 000 en 2013. Et les chiffres ne cessent de grimper, à tel point que quatre ans après avoir été agrandi, le service est déjà saturé. «Il y a plusieurs explications, la principale est le changement d’habitude des gens qui se rendent aux urgences pour des pathologies du ressort de la médecine générale, note Julien Ombelli, médecin-chef du service et directeur médical des eHnv. Les jeunes n’ont plus de médecin généraliste, donc ils viennent aux urgences, tout comme les gens qui ne peuvent pas se libérer pendant leurs heures de travail. On constate d’ailleurs un pic entre 18 h et 22 h. Le problème est que la notion d’urgence vitale a été oubliée.»

À tel point que les médecins doivent faire face à des situations ubuesques, des patients qui viennent pour une écharde dans le doigt, des hémorroïdes ou un rhume. Ces cas de «bobologie» engorgent le service et multiplient le temps d’attente, exacerbant la virulence de certaines personnes. «Nous sommes de plus en plus confrontés à des situations violentes. Nous nous faisons régulièrement insulter, parfois même frapper, cracher dessus. Ce climat peu sûr entame le moral des troupes, déjà sous pression, car il n’y a plus de répit, y compris en pleine nuit», déplore Julien Ombelli. Une solution au problème? «Désengorger les urgences en créant un système de garde plus intelligent, réfléchi avec les médecins généralistes.»

Créé: 03.05.2018, 09h31

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