L’hôpital des animaux sauvages appelle à l’aide

Le refuge Erminea a déjà recueilli 500 bêtes depuis le début de l’année. Un nombre qui augmente jour après jour, alors que les moyens des bénévoles sont extrêmement limités.

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«Depuis quelques semaines, c’est de la folie, soupire Laélia Maumary, fondatrice et présidente du centre de soins à la faune Erminea. On nous amène une quinzaine d’animaux par jour. On en a recueilli plus de 500 depuis le mois de janvier, soit presque autant que sur l’ensemble de l’année dernière.» Mercredi, dans un bâtiment aux allures industrielles, situé à quelques minutes de voiture de la gare de Chavornay (VD), les bénévoles de l’association ont du pain sur la planche. Au total, une centaine d’animaux sauvages blessés requiert leur attention. Pour certains, jour et nuit. Au point que l’organisation admet sans trop de détours ne plus savoir où donner de la tête.

«On s’occupe actuellement d’une trentaine de hérissons, d’une cinquantaine d’oiseaux en tout genre, de quinze renards ou encore d’une martre, énumère la fondatrice du refuge au bénéfice d’un CFC de gardienne d’animaux. Notre but est toujours le même: remettre sur pattes nos petits pensionnaires, lorsqu’on le peut, avant de les relâcher dans la nature.»

Ces derniers sont bichonnés grâce à plusieurs infrastructures construites et aménagées sur mesure: une volière, une salle de soin, qui ressemble à une véritable salle d’opération, et plusieurs pièces de repos. «Nous avons pu compter sur le soutien de différentes fondations pour des projets spécifiques, comme pour l’élaboration de la volière, confie Laélia Maumary. Mais leurs dons ne nous permettent pas de payer nos charges fixes.» C’est là qu’est le nerf de la guerre. Alors qu’Erminea reçoit de plus en plus d’animaux, ses moyens n’augmentent pas en conséquence. «Pour chaque nouvelle arrivée, cela veut dire davantage de nourriture et plus de médicaments à acheter, poursuit-elle. Sans compter les soins particuliers souvent onéreux.»

Pour absorber les heures de travail supplémentaires, Laélia Maumary estime qu’il faudrait doubler le nombre de bénévoles actifs au centre: «Aujourd’hui, nous pouvons compter sur un petit noyau dur d’une dizaine de personnes. C’est très clairement insuffisant. Par ailleurs, nous avons calculé qu’il nous fallait 60 000 francs par an, loyer compris, pour tourner correctement. Croyez-moi, nous en sommes loin…»

Des dons pour survivre

Si les particuliers qui amènent un animal au refuge Erminea n’ont rien à payer, sa fondatrice et son équipe les encouragent à faire un don ou à rejoindre l’association, contre une participation annuelle de 50 francs. «Ce n’est pas grand-chose, concède Laélia Maumary. Mais dans notre situation, tout est bon à prendre.»

Aujourd’hui, le centre n’a qu’un objectif en tête: poursuive ses activités et venir en aide à toujours plus d’animaux. Pour y parvenir, l’association a lancé un financement participatif en ligne et cherche des mécènes. «C’est une mesure d’urgence, insiste la fondatrice. Nous allons aussi solliciter l’aide du Canton et de différentes institutions. Mais cela prend beaucoup de temps et nous en manquons cruellement.»

Par ailleurs, si Erminea arrive à réunir les 60 000 francs nécessaires à son bon fonctionnement, Laélia Maumary projette de former un apprenti: «J’aimerais transmettre ma passion et mon métier de gardienne d’animaux, dit-elle en souriant. Je suis consciente que c’est une formation qui a très peu de débouchés. Mais c’est un métier tellement gratifiant. Notre activité mérite qu’on s’accroche.»


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Créé: 23.06.2019, 08h32

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