Le Pédibus marche au ralenti, il doit se réinventer

Yverdon-les-BainsLa Municipalité a transmis à l’association des parents d’élèves la gestion de cette démarche.

L'unique ligne officielle actuelle conduit une vingtaine d'enfants jusqu'au collège des 4-Marronniers.

L'unique ligne officielle actuelle conduit une vingtaine d'enfants jusqu'au collège des 4-Marronniers. Image: VANESSA CARDOSO

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Créé il y a une dizaine d’années, le Pédibus d’Yverdon marche au ralenti. Dans une ville au profil géographique et administratif pourtant idéal pour ce type d’initiative, une seule ligne officielle est actuellement annoncée par les autorités. «Et c’est tout un paradoxe, puisqu’elle chemine le long de notre unique colline», souligne le municipal Jean-Claude Ruchet, en charge du Dicastère de la jeunesse et de la cohésion sociale. Convaincues de la nécessité de renforcer cette prestation gratuite, les autorités viennent donc d’en confier la conduite à l’association locale des parents d’élèves (APEY).

«De par ses nombreux contacts avec les parents et ses liens étroits avec les établissements scolaires, l’APEY représente le partenaire idéal à la pérennisation de ce système d’entraide gratuit pour emmener les enfants à l’école en groupe, à pied, et sous la conduite d’un ou plusieurs parents», relève Jean-Claude Ruchet. Cet accord répond en outre aux objectifs en termes de mobilité douce et de consolidation d’une politique de société en faveur d’une ville en santé, selon l’édile. Le montant de 6000 francs alloué annuellement à cette démarche sera donc désormais versé à l’APEY.

Avec une seule ligne qui achemine chaque matin 21 enfants issus de 11 familles de la colline de Bellevue vers le collège des 4-Marronniers, l’offre actuelle est tout sauf pléthorique. «A ma connaissance, il en existe deux autres, non officielles, à Cheseaux-Noréaz. L’une va aussi aux 4-Marronniers, l’autre à la Villette», relève Corinne Doret Baertschi, «conductrice» de longue date de la ligne de Bellevue. Quant à la demande, elle est pour l’heure difficile à cerner. «Mais des parents qui préfèrent amener leurs enfants à l’école à pied plutôt qu’en voiture, on en voit tous les jours», affirme Marie-Pierre Van Mullem, présidente de l’APEY.

L’offre et la demande

L’association a d’ores et déjà présenté le concept aux parents des enfants qui seront scolarisés à la rentrée d’août. «Nous allons mettre sur pied des événements dans les écoles et des échanges avec les parents», reprend-elle.

Une chose est certaine, le potentiel existe bel et bien. Le Pédibus s’adresse principalement aux 4-8 ans. Or, à Yverdon, ils ne sont pas moins de 1500, scolarisés dans 12 bâtiments répartis dans toute la ville. «Cette démarche s’adresse aussi aux villages avoisinants. Nous sommes prêts à apporter aide et soutien aux parents de Cheseaux-Noréaz, Ursins, Valeyres-sous-Ursins et Gressy qui voudraient mettre sur pied une ligne pour guider leurs enfants jusqu’à l’arrêt de bus où ils sont pris en charge par les transports publics.»

Si l’APEY ne s’est pas fixé d’objectifs précis, elle espère «la création de deux lignes supplémentaires par année». «Même avant, si la volonté s’en fait sentir. Nous sommes là pour aider les parents à définir le trajet, les arrêts et les horaires.»


Renseignements: www.apey.ch

Créé: 18.02.2016, 18h05

«Une initiative essentielle»

Corinne Doret Baertschi est depuis sept ans l’une des «conductrices» de l’unique ligne officielle du Pédibus yverdonnois. C’est donc en toute connaissance de cause qu’elle évoque «une initiative essentielle» pour ce qu’elle apporte à bien des égards. «Pour les enfants, c’est quelque chose d’extraordinaire. En se rendant à pied à l’école, ils vivent plein de choses grâce au «rythme lent» de la marche. En 25 minutes, le temps du trajet d’un bout à l’autre, ils ont par exemple tout loisir d’observer
la nature et de s’amuser.»

Elle n’oublie pas non plus le côté social de la démarche, qui ne concerne pas que les enfants. Via le réseau ainsi créé, les conducteurs ont trouvé d’autres débouchés. Ils se rendent par exemple entre eux des services de baby-sitting. «Et puis, entre mamans, nous organisons des loisirs. Ce soir (ndlr: hier), certaines vont partir pour une sortie raquettes.» L’année dernière, les accompagnants de la ligne Bellevue – 4-Marronniers ont également mis sur pied une opération de nettoyage au bord du lac, qui a permis aux parents de sensibiliser en groupes les enfants au geste utile et au respect de l’environnement.

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