Le personnel d’Hilcona digère mal ses conditions

OrbeUnia accuse l’entreprise alimentaire de ne pas respecter la Loi sur le travail. La direction dément.

Des salariés ont manifesté devant l’usine située à Orbe, il y a deux semaines.

Des salariés ont manifesté devant l’usine située à Orbe, il y a deux semaines. Image: FLORIAN CELLA

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Fabricant de sandwiches, de salades et de pizzas industrielles, Hilcona, à Orbe, est dans la tourmente. En effet, plusieurs de ses collaborateurs, accompagnés du syndicat Unia, se sont mobilisés devant l’entreprise pour dénoncer leurs conditions de travail, il y a deux semaines.

«Les salariés savent quand ils commencent leur journée de travail, mais jamais quand ils la finissent, tempête Nicole Vassalli, secrétaire syndicale d’Unia. Hilcona ne respecte pas la loi sur le travail: les employés devraient connaître leurs horaires au moins deux semaines à l’avance et ce n’est pas le cas.» De plus, selon des documents que «24 heures» a pu consulter, de nombreux changements sont opérés régulièrement dans la planification de l’entreprise. «Certaines personnes se sont vu informer, quand elles arrivaient au travail, à 4h ou 5h du matin, qu’elles étaient finalement en congé. L’inverse est aussi arrivé: une employée a été réveillée, à l’aube, par téléphone, afin qu’elle se rende au travail. C’est intolérable.»

Si Unia a récolté quantité de témoignages et de documents pour appuyer ses dires, Fortunat Dillier, le directeur d’Hilcona, lui, dément tout en bloc: «Nous pouvons vous assurer qu’aucune loi n’est bafouée au sein de notre entreprise. Il est à noter que l’inspection du travail nous audite régulièrement afin de s’assurer du respect des différentes lois auxquelles nous sommes soumis.»

«Chez Hilcona, on constate du dumping salarial»

Mais ce n’est pas tout. Le syndicat soutient aussi que les salaires des employés temporaires, soit environ un tiers des 600 salariés de l’usine d’Orbe, sont trop bas. Unia affirme que ces derniers sont payés entre 17 fr. 11 et 17 fr. 66 brut de l’heure. Ce montant ne correspondrait pas aux dispositions prévues par la convention collective de travail (CCT) de la branche. «Dans le Nord vaudois, le salaire minimum se monte à 18 fr. 66 de l’heure, poursuit la secrétaire syndicale. Chez Hilcona, on constate du dumping salarial. Les entreprises de l’industrie alimentaire, notamment, sont dans l’obligation de s’aligner sur le salaire d’usage des employés fixes, qui est d’ailleurs supérieur au salaire minimum. C’est écrit noir sur blanc dans la CCT.»

Là encore, Fortunat Dillier conteste les allégations d’Unia: «Hilcona rémunère ses collaboratrices et collaborateurs conformément aux pratiques de la branche. Selon leurs qualifications et leur expérience, les employés peuvent gagner plus que la moyenne de la branche. Dans ce contexte, il est très important de noter que tous les employés bénéficient de prestations discrétionnaires telles que les primes liées aux résultats de l’entreprise, les temps de pause rémunérés, un accès gratuit au restaurant du personnel ainsi que la mise à disposition des produits à prix fortement réduits au magasin du personnel.»

La loi du silence

Et aujourd’hui, où en sont les discussions entre Unia et l’entreprise? «Elles sont au point mort, confie Nicole Vassalli. Hilcona, Bell et Coop (Hilcona est une marque du groupe Bell, lui-même entreprise de production Coop) ne nous ont pas contactés depuis notre mobilisation.»

Et cela ne risque pas d’arriver. Selon une note interne d’Hilcona que nous nous sommes procurée, la direction de l’usine d’Orbe demande à ses employés de ne pas répondre aux sollicitations des médias et d’Unia. «Une violation de la liberté syndicale, qui fait partie des droits fondamentaux de la Constitution! s’indigne Nicole Vassalli. Les salariés doivent pouvoir demander de l’aide ou simplement des informations sur leurs droits. Hilcona, avec ce style de communication, fait peur à son personnel, qui craint des représailles.»

Créé: 15.11.2018, 21h21

Articles en relation

Hilcona renonce à doubler son usine d’Orbe

Agroalimentaire Le projet devait créer jusqu’à 500 emplois. Il était au cœur d’un bras de fer entre le Canton et Berne sur l’application de la LAT. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.