Le procès de la «route de la mort» s’ouvre à Moulins

FranceEn 2016, dans l’Allier, 12 Portugais de Fribourg et Grange-Marnand mouraient dans un accident. Les secouristes n’ont rien oublié.

À part le chauffeur de 19 ans, dont le procès s’ouvre ce mercredi, les 12 occupants du fourgon ont perdu la vie.

À part le chauffeur de 19 ans, dont le procès s’ouvre ce mercredi, les 12 occupants du fourgon ont perdu la vie. Image: THIERRY ZOCCOLAN/AFP

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Ce 24 mars 2016, lorsque le centre opérationnel de la gendarmerie de l’Allier l’alerte, minuit n’a pas encore sonné. Le capitaine Alain Jalicot apprend qu’un choc frontal s’est produit entre un poids lourd et un utilitaire dans une ligne droite à la hauteur du village de Montbeugny, dans l’Allier. «Un choc frontal sur cette route, on sait ce que ça veut dire. On s’attend toujours au pire. Donc là, on s’attendait à des victimes. On se demandait ce que l’on allait trouver», explique Alain Jalicot qui commandait alors l’escadron départemental de sécurité routière.

L’utilitaire transportait treize ressortissants portugais – des habitants de Fribourg et de Granges-Marnand (VD) –, partis de Romont à destination de Guarda, au nord du Portugal, pour y passer les fêtes de Pâques. En contrebas de la route, le véhicule est ratatiné. Les ambulances de pompiers et du Smur de Moulins arrivent. Deux grandes tentes blanches du poste médical avancé sont montées sur la route. «On pensait avoir affaire à un camion de chantier. On se disait qu’on ne dépasserait pas les cinq ou six victimes, raconte Alain Jalicot. Nous pensions aussi qu’il y aurait des blessés. Mais, chaque minute, les pompiers découvraient une nouvelle personne.» «Au fur et à mesure qu’on avançait, on voyait plusieurs banquettes dans le fourgon, se souvient le sergent-chef Alain Fournet, pompier à Moulins. Là, on s’est dit, ce n’est pas possible. Ce nombre de victimes… et quand on a sorti un enfant… ça, ça vous touche énormément».

«Silence frappant»

«L’infirmier qui est arrivé sur l’accident m’a dit: «Je n’entends rien. Ça parle pas.» Il y avait un silence frappant», se remémore le sergent-chef Fournet. «Ce silence nous a fait comprendre la situation. C’était pesant.» Outre le conducteur âgé de 19 ans, les secouristes ne trouvent sur place aucun survivant. Avec douze morts, cet accident, dont le procès débute ce mercredi à Moulins, est le plus important qu’ait connu la Route Centre Europe Atlantique, «la route de la mort». Depuis 2005, 86 personnes y sont décédées.

Le sergent-chef Anthony Rousset, pompier à Moulins, confie: «Aujourd’hui, cet accident revient dans les conversations. On repense à des scènes.» «On a trouvé des jouets. C’était dur. Lorsque, le lendemain, la préfecture m’a appelé pour savoir si on voulait bénéficier de la cellule psychologique qui avait été activée, j’ai dit oui. Ça nous a beaucoup aidés», raconte Dominique Chauvin, dépanneur.

Le 25 mars, en début de matinée, ses collègues et lui finissent de récupérer les affaires personnelles des victimes: «Il était 8 h 30, On entendait des téléphones portables sonner dans les valises et les sacs. Les gars partaient en pleurant.» (24 heures)

Créé: 12.06.2018, 20h45

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