Le syndic artiste ravive le passé théâtral du village

OrzensIncendiée en 2013, la nouvelle grande salle est terminée. Une installation rappelle le patrimoine artistique important.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Quand le feu a ravagé la grande salle d’Orzens dans la nuit du 16 au 17 décembre 2013, c’est une part de l’âme de ce village de 200 habitants qui est partie en fumée. Et un pan de ses souvenirs artistiques aussi: son arrière-scène abritait de nombreux décors de théâtre, tradition solidement ancrée dans les mœurs locales depuis la fin du XIXe siècle. «Toutes les activités du village se passaient ici», résume le syndic Frédéric Burkhard. La question de savoir s’il fallait ou non rebâtir ne s’est donc pas vraiment posée. «Sans grande salle, Orzens est un village mort, une cité-dortoir», reprend l’édile. Ce ne sera pas le cas. Ce samedi – 37 mois après le drame – les habitants sont invités à découvrir leur nouveau lieu de rencontre. Et en pénétrant dans le bâtiment, ils devraient retrouver une partie de cette mémoire collective culturelle, grâce à une installation réalisée par leur syndic-artiste-sculpteur.

Œuvres sur chêne

Un frontispice surmonte l’entrée principale du bâtiment. L’œuvre reproduit avec précision, à la peinture, une photographie parue dans la presse à l’époque. On y découvre quelques spectateurs de la pièce jouée à cet endroit même en 1951. Le théâtre venait alors de reprendre ses droits sur la scène de l’ancien battoir, après un exil d’une vingtaine d’années au centre du village. L’intérieur de la grande salle recèle une bonne vingtaine d’autres œuvres, elles aussi réalisées sur des planches de chêne local. Elles semblent s’être détachées du tronc d’un arbre travaillé, installé dans le hall, au pied de l’escalier.

Frédéric Burkhard explique ce choix. «Il s’agit d’un chêne plus que centenaire, comme l’était notre ancienne grande salle. Il se dressait en lisière d’une forêt de la commune. Il est lui aussi tombé en 2013.» Alors, comme pour prolonger la symbolique, l’artiste l’a taillé, façonné de manière à ce qu’il s’apparente à la tranche d’un livre ouvert dont les pages arrachées se seraient envolées. «Je n’ai pas oublié de le brûler en partie», précise-t-il. Ces pages, on les retrouve sous forme de tableaux disposés dans toute l’entrée.

Transmission du patrimoine

Cette installation n’est pas qu’une œuvre à contempler, comme son nom, Mémoire collective, le laisse deviner. Elle doit permettre aux habitants d’Orzens de se souvenir et de transmettre ce qui constitue un pan du patrimoine culturel du village. «J’avais envie qu’en voyant mon travail, les gens se racontent ce que ces scènes leur rappellent. Et ça marche, s’exclame-t-il. J’ai déjà appris plein de choses que j’ignorais. Notamment de la part de l’ancien syndic, Albert Piot, qui a aujourd’hui un peu plus de 90 ans.»

Sur ces peintures figurent des personnes qui ont écrit l’histoire de cette tradition théâtrale à Orzens. De près ou de loin. L’une d’elles représente en effet un réalisateur de la Télévision suisse romande, Yvan Dalain, et son caméraman, Dominique de Weck. A la fin des années 1980, la TSR avait consacré un Tell Quel à la troupe locale. Yvan Dalain allait revenir quelques mois plus tard au village pour y tourner un film, Monsieur Molière aux champs.

Quatre ans après le sinistre, la fête peut donc reprendre à Orzens. Le Cœur qui chante (Orzens-Oppens) montera sur scène dans trois semaines à l’occasion de Rêves en boîte, une création inédite mêlant chant et théâtre.

Créé: 21.01.2017, 09h47

Rêves en boîte, grande salle d’Orzens, les 10, 11, 24 et 25 février. 25 fr. Rés: 078 654 83 64 (du lundi au vendredi, de 19 h à 20 h) ou sur le site www.choeurmixteorzens.ch

Un an de travaux pour un chantier idéal

La première impression est souvent la bonne. La nouvelle grande salle est une salle de spectacle avant d’être une salle villageoise.

«L’idée de base, c’était de pouvoir dire qu’on allait organiser des mariages dans une salle de théâtre et pas l’inverse», explique le syndic Frédéric Burkhard.

Les volumes sont comparables à ceux de l’édifice incendié voilà quatre ans. Et ce n’est pas la seule similitude. Comme par le passé, le rez supérieur, boisé, spacieux et lumineux, est dédié aux manifestations culturelles dont les représentations pourront être suivies par 300 personnes environ. Au rez inférieur, en béton, on trouve les cuisines, un bar-carnotzet, des sanitaires et une salle qui accueillera les assemblées de commune. Seule nouveauté, des loges ont été réalisées à l’arrière.

Devisés à 3 millions (dont une bonne partie financée par l’ECA), les travaux ont facilement été acceptés par le conseil général. Commencés à l’automne 2015, ils ont duré un peu plus d’un an. «Les autorités, les sociétés locales, la population: tout le monde y a participé. Il n’y a jamais eu de bagarre autour de ce que je considère comme un chantier idéal. Cette harmonie se ressent dans le résultat final», se réjouit l’architecte, Karine Simon Almy.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.