Moudon prend au sérieux le blues des commerçants

SinistroseLe petit commerce s’essouffle dans le bourg broyard. La Commune cherche un remède pour guérir le centre-ville de son apathie.

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C’est une particularité dont les Moudonnois se seraient passés: cette année, ils n’ont pas eu droit aux traditionnelles ouvertures prolongées de leurs magasins pour la période de Noël. «On en avait marre d’organiser des nocturnes alors que les rues sont vides», explique, dépitée, Marie Delévaux, présidente de la Société industrielle et commerciale locale (SIC).

Alors que dans la plupart des autres localités Noël fait flamber les tiroirs-caisses, les affaires sont jugées «moyennes», sans plus, par les commerçants moudonnois qui ont mal à leurs magasins depuis des années. Les affaires ne sont pas terribles, les vitrines vides se multiplient et, symptôme inquiétant, la dernière boucherie a fermé dans ce centre régional de 5500 habitants. La vitrine de la Boucherie Centrale des Duvoisin attend toujours un éventuel repreneur. Et ce n’est pas la seule enseigne qui a disparu: boulangerie, commerces de détail, quincaillerie, tailleur pour hommes, lingerie: tous ont mis la clé sous le paillasson ces dernières années. Quant à ceux qui restent, «ils tirent la langue», à en croire un sondage réalisé récemment par la Commune qui s’inquiète de la situation.

Autorités à la rescousse

Les trois quarts des commerçants interrogés par les autorités qualifient leurs affaires «de moyennes à faibles». Ils déplorent le manque d’attractivité du centre et implorent les autorités de venir à leur rescousse. Ce sera fait partiellement, dès 2015, avec le vote d’un premier crédit de 95 000 francs (qui sera proposé au Conseil communal probablement en mars) pour lancer une vaste étude urbanistique. Son but sera de redonner du pep et de l’attractivité à la ville. «La marge de manœuvre des pouvoirs publics est mince pour venir en aide aux commerçants, constate le syndic Gilbert Gubler. Mais nous allons étudier tout ce qui pourra dynamiser notre centre-ville».

Réaménagement des espaces publics, mobilier urbain, changement de sens de la circulation, rajout de places de stationnement ou création de zones piétonnes, ce ne sont pas les idées qui manquent. Mais de quoi souffre le commerce moudonnois au juste?

Centre-ville éclaté

Sur le plan démographique, ce gros bourg n’a jamais connu pareil essor, gagnant près de 20% de nouveaux citoyens au cours de la dernière décennie. Les salaires sont moyens mais les loyers aussi meilleur marché. Pourtant, l’argent ne circule pas dans les rues. Certes, une partie du problème vient des pendulaires. Beaucoup travaillent à Lausanne et font leurs courses là-bas. Mais la cause principale remonte à l’éclatement du centre-ville quand la Coop a quitté le cœur de Moudon pour se rapprocher de la Migros, près de la gare. C’était en 2001. Le centre d’attractivité commerciale a alors basculé d’un coup. «L’autre coup dur est venu de la disparition de Manor, en 2003, explique Italo Martinez, cordonnier. Ce gros magasin attirait la foule au centre-ville, créant du passage. Maintenant c’est mort.»

Fin connaisseur de la vie commerciale moudonnoise, le pharmacien Christian Aubort a aussi déménagé son officine pour se rapprocher des deux géants de la grande distribution. «C’est là que le monde se trouve: plus de 2000 personnes passent par ici chaque jour. On ne pourra pas les attirer dans le centre-ville d’un coup de baguette magique. Il faut améliorer l’offre près de la place du Forum pour redonner envie aux gens de faire leurs achats à Moudon. Cela rejaillira ensuite sur le reste des commerces de la ville. On doit tout repenser.» Révolutionner le centre de Moudon! Mais comment? C’est précisément à cette question que tentera de répondre la grande étude urbanistique qui sera lancée par la Municipalité l’année prochaine. (24 heures)

Créé: 29.12.2014, 16h13

Un malaise qui remonte à 2001 déjà

Le blues des commerces? La situation n’est pas nouvelle. En 2001, lorsque la Coop avait quitté le centre-ville pour rejoindre la Migros installée près de la place du Forum,
à mi-chemin entre la gare et l’église Saint-Etienne, les petits commerçants du centre-ville ont commencé à suer. La Raiffeisen et la poste avaient déménagé pour s’installer à proximité des deux géants. Les autorités et la SIC avaient déjà cherché des parades pour que le centre de gravité commercial ne bascule pas totalement et vide le cœur de la bourgade. Un groupe de réflexion avait été constitué. Le syndic Gilbert Gubler, lui-même fleuriste au centre-ville, en était. «A l’époque, il y avait des craintes, dit-il. Les gens avaient peur que le déplacement des grands distributeurs ne pose problème. Aujourd’hui, c’est une réalité…» A cette période, aucun rapport n’avait été rendu, aucune mesure n’avait été prise, le groupe s’était étiolé. Les commerçants attendent, aujourd’hui, des mesures concrètes et rapides.

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