«On n’a pas l’espoir de retourner vivre dans cette maison»

Fait diversA Payerne, la bâtisse dont la façade s'était effondrée en 2015 est toujours inoccupée. Les causes du sinistre sont inconnues.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«On n’a pas l’espoir de retourner vivre dans cette maison. Cela fait longtemps qu’on a tourné la page.» Le ton de Grégoire Cantin est définitif. Ce photographe indépendant payernois s’est retrouvé bien malgré lui au cœur d’un surprenant fait divers en octobre 2015. Ce jour-là, après avoir embarqué quelques affaires avec son épouse, il est évacué en urgence du logement qu’il loue. Dans la soirée, l’une des façades de l’immeuble de deux appartements où ils vivent avec leur fille finit par s’effondrer, sans faire de blessés. Le mur haut de dix mètres aurait été fragilisé par des travaux de terrassement entrepris à sa base par une entreprise de maçonnerie.

«Mes trois enfants passent tous les jours à proximité de la maison où ils ont grandi. C’est dur, moralement et financièrement»

Plus d’une année et demi après les faits, rien ou presque n’a changé à la route d’Yverdon 48 à Payerne, où se situe le bâtiment sinistré. Alors que des herbes folles s’épanouissent sur la place de parc attenante à l’édifice, une énorme bâche grise couvre toujours le trou béant dans la façade. «Mes trois enfants passent tous les jours à proximité de la maison où ils ont grandi. C’est dur, moralement et financièrement», raconte Enver Hajra, propriétaire de l’immeuble.

Erreur humaine?

A la tête d’une petite société spécialisée dans la construction métallique, le Payernois explique ne pas avoir les fonds pour rénover la bâtisse. «On attend les résultats de l’enquête ouverte par le procureur», déclare le chef d’entreprise. Ces investigations menées par le Ministère public vaudois doivent déterminer si l’effondrement est lié à une erreur humaine. L’entreprise de maçonnerie et l’ingénieur qui devaient élaborer la structure porteuse du bâtiment sont notamment prévenus par le procureur. Si leur responsabilité de l’une ou l’autre des parties est avérée, Enver Hajra pourrait être indemnisé par leur assurance.

Interrogé sur ce dossier, le procureur Eric Mermoud indique que de nouvelles auditions doivent avoir lieu à la fin du mois. «C’est un dossier à épisodes, où les différents acteurs se sont renvoyés la balle et se sont mutuellement mis en cause, détaille le représentant du Ministère public. L’issue que j’entrevois comme étant la plus probable est que l’on se dirige vers un acte d’accusation au tribunal.»

Cette annonce fait à peine sourciller Enver Hajra qui n’en peut plus d’attendre. Le père de famille a en effet été contraint de trouver des nouveaux locaux pour stocker le matériel de son entreprise. Et les factures continuent de s’empiler: le père de famille dit avoir déboursé plus de 40 000 francs pour les travaux de sécurisation de la bâtisse, à quoi s’ajoutent les frais de location d’un appartement de substitution.

(24 heures)

Créé: 07.08.2017, 14h49

Les photos de la maison après l'effondrement

Une façade de maison s'effondre

Une façade de maison s'effondre La maison qui a perdu l'une de ses façades jeudi est toujours interdite d'accès. Comment la stabiliser après cet accident inouï?

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

La mort, lundi, dans l'explosion de sa voiture, de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia a provoqué une immense émotion en Europe. Le fils de la victime a accusé le gouvernement de complicité.
(Image: Bénédicte) Plus...