Onnens, un havre de paix entre lac et montagne

Image: LIONEL PORTIER

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Ce qui frappe en arrivant à Onnens, c’est son délicieux parfum de magnolias et de nostalgie. Les aiguilles de l’horloge semblent s’être arrêtées dans ce petit village de 500 âmes baigné par le lac de Neuchâtel et ombragé par le Jura. Le visiteur qui s’aventure à seulement quelques kilomètres d’Yverdon, aura la charmante surprise d’y trouver un joli hôtel, une étonnante galerie d’art et le privilège du silence. En cette matinée de printemps, le soleil illumine les anciennes fermes rénovées: dans les petites ruelles on entend des «Bonjour» et des «ça va?» alors qu’un papillon dérange le sommeil d’un vieux chat prélassé près d’une fontaine.

«J’ai vécu partout dans le monde. Mais c’est à Onnens que j’ai décidé de poser ma valise»

«J’habite ici depuis bientôt quarante ans», raconte, enthousiaste, Michel Kunz, galeriste et ancien tenancier du restaurant Au bon vin, fermé en 2013 au grand regret des amateurs de ses fameuses saucisses à rôtir. «J’ai vécu partout dans le monde, à Tokyo, à Florence, à Londres. Mais c’est à Onnens que j’ai décidé de poser ma valise, de fonder une famille et de vivre, tout simplement.»

Michel Kunz se révèle être un excellent conteur d’anecdotes, lui qui, derrière le comptoir, a accueilli les villageois pour un repas chaleureux ou autour d’un verre de blanc de Didier Gaille, le vigneron local. «Des gens de tout le canton se déplaçaient pour manger chez Kunz, nous raconte timidement Sacha Hirschi, employé communal. C’était la fête, Michel ne perdait pas une occasion de jouer de la musique et de faire passer un bon moment à tous ses hôtes, avant de leur proposer de s’attarder à la Galerie du Vieux Pressoir, qui, elle, existe encore.»

Chez les «baveux»

Les habitants d’Onnens, on les appelle les «baveux». Si le pourquoi reste un mystère – «c’est peut-être mieux comme ça», rigole Michel Kunz – l’histoire derrière cette écrevisse sans une pince que l’on retrouve sur les armoiries est racontée par Alain Portner, syndic arrivé il y a dix ans d’Echallens, par amour de la nature et d’une fille du village. «D’argent à l’écrevisse de gueule amputée de sa pince à senestre», peut-on lire sur une cloche de l’église de Saint-Martin. «On a retrouvé la pince manquante sur les armoiries de Montagny! Résultat d’un probable partage qui a eu lieu dans le temps entre les deux communautés, au début du XVIIIe siècle.»

Outre la beauté du paysage, les habitants d’Onnens ont aussi la chance d’avoir une très belle plage pour les baignades en été, ainsi que des petits chalets privatifs au bord de l’eau. Et la Chassagne, colline recouverte d’une prairie maigre parsemée de buissons et d’arbustes abritant une flore exceptionnelle, qui passe souvent sous la loupe des étudiants en biologie de l’Université de Neuchâtel. Ici, le gibier vit en harmonie avec les moutons et on se croirait presque en Haute-Provence.

Rendez-vous avec la préhistoire

Proche de la colline, sur le site de Praz Berthoud, se trouvent les restes d’un dolmen ruiné, tombeau funéraire préhistorique, découvert suite à la construction de l’autoroute qui relie Yverdon à Neuchâtel. «Les archéologues qui ont fait la découverte ont voulu le mettre bien en évidence, nous raconte fièrement Sacha Hirschi. Il s’agit quand même du premier monument de ce type attesté dans le canton de Vaud!»

En se promenant le bord du lac, des rires joyeux nous attirent vers un des petits chalets: c’est là que Josette Dagon – la fille de Willy, célèbre pêcheur d’Onnens, décédé il y a bientôt trente ans – passe la plupart de ses après-midi en compagnie de ses amis. Avec un sourire rayonnant, elle, qui est née ici, raconte sa joie d’habiter ce petit village à taille humaine, qui a su garder son âme tranquille malgré l’arrivée de nouveaux habitants. «Je ne quitterais Onnens pour rien au monde. C’est peut-être un cliché, mais c’est un petit coin de paradis.» (24 heures)

Créé: 18.04.2015, 11h58

Ancien restaurateur, Michel Kunz pose devant l’enseigne du Vieux Pressoir.

Josette Dagon et son lac, unis par une grande histoire d’amour.

L’employé communal Sacha Hirschi, près du dolmen.

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