Plante exotique, le quinoa se hasarde dans la Broye

CultureExporté des Andes, le «riz des Incas» pourrait bientôt coloniser nos champs. Un Broyard tente de le cultiver sur les hauts de Moudon.

Le cultivateur moudonnois, Michel Richardet, (à g.) est le premier en Suisse romande à se lancer dans la culture de quinoa. Tout ça sous l’œil attentif de Jacques Demierre (à dr.), de l’Association paysanne IP-Suisse qui chapeaute ce projet pilote.

Le cultivateur moudonnois, Michel Richardet, (à g.) est le premier en Suisse romande à se lancer dans la culture de quinoa. Tout ça sous l’œil attentif de Jacques Demierre (à dr.), de l’Association paysanne IP-Suisse qui chapeaute ce projet pilote. Image: VANESSA CARDOSO

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En taboulé, en salade ou en risotto. Sucré ou salé. Le quinoa, également appelé «riz des Incas», est devenu depuis quelques années la star de nos assiettes. Cultivée depuis des millénaires sur les hauts plateaux des Andes, en Bolivie et au Pérou notamment, cette pseudo-céréale aux vertus nutritionnelles multiples pourrait pourtant bientôt devenir familière dans nos champs aux côtés du blé, du seigle ou de l’avoine.

Projet pilote

L’agriculteur moudonnois Michel Richardet s’est lancé dans un projet pilote chapeauté par IP-Suisse, l’association suisse des paysans pratiquant la production intégrée. Sur un demi-hectare, le Broyard s’apprête à récolter dans quelques jours son quinoa made in Switzerland qu’il a semé en mai dernier. A l’aide de sa moissonneuse-batteuse qui sera adaptée pour l’occasion, il espère en tirer entre 500 et 600 kilos. «J’aime relever de nouveaux défis, surtout si ceux-ci peuvent servir une cause», témoigne le cultivateur broyard.

A l’origine du projet, il y a l’Association suisse des paysans IP-Suisse, dont l’une des missions est de réfléchir sur les innovations et les alternatives à apporter dans le domaine de l’agroalimentaire. Et ce, tout en respectant l’environnement et les principes en matière de protection des animaux. «Ces prochaines années, avec le développement démographique en Europe, on doit s’attendre à relever de nouveaux défis en termes d’alimentation humaine», explique Jacques Demierre, responsable de l’antenne romande d’IP-Suisse. En plus d’être sans gluten, cette plante herbacée de la famille des épinards est riche en fibre, en minéraux et en magnésium, et serait l’une des meilleures sources de protéines végétales du monde.

Adapté à notre climat

Aujourd’hui, trois parcelles sont en test sur sol helvétique. Celle de Moudon est la seule située en Suisse romande. Cultivée d’ordinaire sur les hauts plateaux des Andes, la plante est particulièrement bien adaptée à nos latitudes, comme l’explique Jacques Demierre. «Avec une saison fraîche et une autre plutôt tempérée, le climat du nord des Alpes se prête bien à la culture du quinoa. La belle saison lui offre une durée suffisante pour bien mûrir, soit environ quatre mois.»

Si le quinoa envahit nos assiettes, il n’est pas pour autant la plante miracle. Il nécessite en effet énormément de travail. Notamment en ce qui concerne les mauvaises herbes qui en diminuent le rendement déjà faible. «C’est une plante très délicate qui permet difficilement d’intervenir avec des machines», raconte Michel Richardet. Sans compter que le quinoa fait partie de la même famille que le chénopode blanc, une mauvaise herbe très répandues dans les cultures suisses. «Si on voulait la traiter, ça détruirait aussi les plantes de quinoa», continue le cultivateur.

Des années d’observations

Et qu’adviendra-t-il de cette récolte 2015? «Nous sommes en discussions avec plusieurs partenaires commerciaux», répond le responsable d’IP-Suisse romande. Avant d’ajouter: «Plusieurs années d’observations et de tests seront nécessaires avant que nous maîtrisions toute la filière de la production, du semis à la récolte en passant par le traitement des grains et sa commercialisation.»

«La production du quinoa exige un savoir-faire que je n’ai pas encore, conclut Michel Richardet. J’apprendrai de mes erreurs et m’adapterai l’an prochain.» (24 heures)

Créé: 17.09.2015, 11h01

Véritable «success story»

Le quinoa en Suisse, c’est avant tout un succès dans les assiettes. De 20 tonnes importées en 2009, on est passé à 270 tonnes en 2014. A 10 francs le kilo en moyenne, on comprend que la graine des Andes, dont il existe quelque 2000 variétés, donne des idées aux agriculteurs suisses.

Pour le plus grand plaisir des intolérants au gluten, le quinoa peut non seulement être utilisé à la place du riz comme accompagnement, mais également comme flocons dans les mélanges de müesli ou encore être transformé en farine pour la préparation de tartes ou de pains.

Sur le long terme, le quinoa pourrait donc se faire une place aux côtés des nombreuses cultures exotiques qui se sont imposées sur sol helvétique. Le quinoa pourrait par exemple suivre les traces du tabac ou de la pomme de terre qui, importés d’Amérique aux XVIe siècle, se sont depuis largement imposés dans nos contrées.

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