Quelques mètres carrés sur Vaud menacent une route fribourgeoise

DéveloppementImpérative aux yeux de la commune de Saint-Aubin (FR), une route n’est pas considérée comme prioritaire par le canton de Vaud.

Prévue le long d’un ruisseau nommé le Grand Fossé, le nouvel accès permettrait de rejoindre le site stratégique d’Elanco (à l’arrière-plan sur la photo).

Prévue le long d’un ruisseau nommé le Grand Fossé, le nouvel accès permettrait de rejoindre le site stratégique d’Elanco (à l’arrière-plan sur la photo). Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Le développement des zones d’activité légalisées de Saint-Aubin, en plein cœur de la région broyarde intercantonale, pourrait-il être freiné par le grignotage de quelques mètres carrés de surfaces d’assolement (SDA) sur territoire vaudois? C’est le scénario que craint la région, et notamment la Commune, qui abrite le site déserté fin 2015 par la société Elanco et racheté par le Canton de Fribourg (lire ci-contre), ainsi que plusieurs autres parcelles légalisées, dont une visée par les sociétés Von Bergen et Grisoni-Zaugg pour y ériger un impressionnant centre logistique.

Mais aucune route directe ne permet pour l’instant aux poids lourds attendus et à tout le trafic engendré de passer directement de ces zones industrielles à la route cantonale, menant de Villars-le-Grand à Avenches pour rejoindre l’autoroute. «L’aménagement d’une nouvelle route d’accès le long du Grand Fossé est une condition impérative à l’accueil du centre logistique, afin de protéger les riverains de ce trafic», annonçait le syndic, Daniel Collaud, lors d’un point presse. La Commune est appuyée dans ses démarches par le Canton de Fribourg, propriétaire du site voisin. Mais alors que la route serait entièrement située sur sol fribourgeois, le Canton de Vaud a préavisé négativement ce projet. En effet, à l’arrivée sur la route cantonale, qui fait office de frontière, l’aménagement d’un giratoire grignoterait quelque 300 mètres carrés de SDA vaudoises.

Le réseau existant suffit «Aux yeux du Canton de Vaud, les conditions pour autoriser un nouvel accès sur le réseau routier cantonal ne sont pas remplies et le réseau routier existant permet la desserte du site d’Elanco. Un nouvel aménagement routier n’est pas jugé nécessaire», explique Patrick Genoud, chargé de communication du Service du développement territorial. Ainsi, peu importe que le terrain grignoté pour ce rond-point soit une paille par rapport au contingent de 75 800 hectares de SDA demandé par la Confédération au Canton de Vaud, le préavis est négatif. «Si un projet qui empiète sur des SDA n’est pas considéré comme d’importance cantonale selon le Plan directeur cantonal, il ne sera pas accepté, quelle que soit son emprise», ajoute Patrick Genoud.

Pourtant, la zone en question est légalisée de longue date et une route d’accès avait déjà obtenu un permis de construire quand la Commune rêvait du projet de loisirs Family Land. C’était au début des années 2000, mais la route était alors prévue un peu plus au sud, pas loin de la rivière Broye. Et le giratoire n’a jamais été construit. «Toute demande d’autorisation de nouvel accès sur le réseau routier cantonal est analysée à l’aune du cadre légal et réglementaire en vigueur. Or, dans le domaine de l’aménagement du territoire, le cadre légal a fortement changé entre 2000 et 2017, avec l’entrée en vigueur de la LAT révisée et ses contraintes en matière de SDA. Ce nouveau cadre légal participe au fait que les conditions pour autoriser cet accès sur le réseau routier cantonal ne sont pas remplies aujourd’hui», détaille Nicole Schick, chargée de communication à la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR).

Pas encore à l’enquête Le service des routes précise aussi que le nouvel accès n’est actuellement pas encore soumis à l’enquête, mais mentionné dans le dossier déposé pour la construction du centre logistique. Opposée à ce projet d’une surface au sol équivalente à quatre terrains de football, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage regrettait d’ailleurs récemment que la route de liaison n’ait pas été soumise en même temps, voire plus tôt. «À notre sens, la non-réalisation de cet accès remettrait en question l’opportunité du projet», relève la fondation.

Le préavis vaudois négatif ne concerne donc qu’une route actuellement prévue uniquement pour l’immense centre logistique. «Dès lors, si d’autres projets de densification du secteur devaient être présentés, ce qui n’est pas le cas actuellement mais pourrait l’être du côté d’Elanco, ils feraient l’objet d’un nouvel examen», précise Pierre-Yves Gruaz, directeur de la DGMR.

Fribourg ne devrait ainsi pas avoir à proposer de déplacer de quelques mètres la route cantonale sur son territoire, une variante parfois évoquée dans la plaine broyarde. En effet, elle aurait l’avantage de ne pas utiliser de SDA sur Vaud. «D’un point de vue strictement vaudois, ce serait doublement avantageux, car le Canton n’aurait aussi plus besoin d’entretenir ce secteur, s’amuse Pierre-Yves Gruaz. Par contre, je pense que ce serait une fausse bonne idée, qui n’aurait notamment aucun sens sous l’angle environnemental (consommation de SDA) et financier.» (24 heures)

Créé: 09.12.2017, 11h13

Recyclage dans l’agroalimentaire

Un ou deux projets agroalimentaires pourraient confirmer dès le printemps 2018 leur implantation prochaine sur le site cantonal fribourgeois d’Elanco, sur la commune de Saint-Aubin. Diverses tractations sont menées par l’État de Fribourg, propriétaire des terrains depuis début 2016, soit une zone totale de plus de 125 hectares, parmi lesquels plus de 27 hectares de terrains en zone d’activité et quelque 15 000 m2 non construits. «D’ici à la fin du mois de février, nous espérons pouvoir dévoiler le nom d’une société de dimension internationale qui projette de s’implanter dans les bâtiments existants, a dévoilé en novembre dernier le conseiller d’État Olivier Curty, en marge d’une assemblée de la Coreb. D’autres tractations sont en cours avec une société qui pourrait investir sur les terrains pas encore bâtis.»

Si les contours des projets cantonaux sont encore vagues, la volonté fribourgeoise est de développer le secteur avec l’implantation de plusieurs entreprises actives dans le même domaine d’activité. «La logique d’un cluster agroalimentaire a tout son sens dans la région broyarde et notamment sur ce site», relevait Pierre-André Arm, directeur de la Coreb.

Mais pour que le projet puisse avancer, l’aménagement de la route d’accès est impératif.

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