SwissTabac cherche de nouveaux planteurs

L’organisation faîtière s’est mise en quête de nouvelles recrues pour contrer l’érosion du nombre de cultivateurs.

Plus de 80% du tabac suisse sont cultivés dans la Broye.

Plus de 80% du tabac suisse sont cultivés dans la Broye. Image: OLIVIER ALLENSPACH

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En 2014, le nombre de planteurs de tabac en Suisse est passé sous la barre des deux cents. Selon les chiffres de SwissTabac, ils étaient plus de 350 au début des années 2000. Pour limiter l’érosion de leur nombre, l’association faîtière recherche de nouveaux cultivateurs d’herbe à Nicot. «Notre culture est financée par la vente de cigarettes. Jusqu’à présent, la diminution régulière du nombre de fumeurs était absorbée par la baisse du nombre de planteurs, indique Eric Rapin, président de SwissTabac et agriculteur à Grand­cour. Nous ne voulons pas que cela devienne une culture marginale, c’est pourquoi nous voulons essayer de maintenir un certain nombre de planteurs.» L’organisation recherche entre dix et quinze agriculteurs motivés à se lancer dans cette culture dès 2016.

Sols analysés

Mais la motivation ne suffit pas, pour qu’un cultivateur se mette à faire pousser du tabac, il faut encore que ses terrains soient adaptés. «Nous procéderons à des analyses de sol, précise le président de SwissTabac. Nous n’allons pas pousser des gens à cultiver du tabac en sachant que ça ne va pas fonctionner. Tout le monde ne peut pas s’improviser planteur de tabac.» Quelques candidats se sont déjà annoncés.

Assistance technique

Plus de 80% de la production tabacole suisse sont cultivés dans la Broye vaudoise et fribourgeoise, les quelque 20% restants sont plantés dans le Jura et les cantons de Lucerne et de Zurich. «L’attribution de ces nouveaux contrats ne pourra se faire que dans des régions traditionnelles de production», précise l’organisation. SwissTabac offrira aux personnes retenues une assistance technique ainsi qu’une garantie de prise en charge de la production par la SOTA (Société coopérative pour l’achat du tabac indigène).

SwissTabac pourrait attribuer à ces nouveaux planteurs 50 tonnes de virginie, l’une des deux sortes de tabac plantées en Suisse avec le burley. «Le virginie est un tabac blond qui sèche dans les fours, le burley dans de grands séchoirs, explique Eric Rapin. Si quelqu’un était motivé à planter du burley, il faudrait qu’il dispose de ce type d’infrastructures, sinon on ne l’encouragerait pas.»

Beaucoup de travail

Si de nombreux cultivateurs ont abandonné la culture tabacole, c’est notamment parce qu’elle est très exigeante en termes de main-d’œuvre. «Pour le blé, par exemple, il faut compter environ douze heures de travail par hectare; pour le tabac, c’est mille heures par hectare», indique Fabrice Bersier, cultivateur à Vesin et président de l’Association des planteurs de tabac de la Broyevaudoise et fribourgeoise, BroyeTabac.

Une masse de travail qui n’est pas forcément rédhibitoire pour une culture qui peut rapporter 35 000 francs par hectare. «Ça peut être attractif pour des exploitations qui cherchent une nouvelle source de revenus: que ce soit, par exemple, parce qu’une nouvelle personne – comme un fils – a intégré le domaine ou alors si un agriculteur doit se restructurer et trouver une alternative de production, relève Fabrice Bersier. La culture tabacole a déjà servi à maintenir des exploitations dans la région, comme la mienne par exemple.»

Premières récoltes en 2016

Les agriculteurs intéressés peuvent demander de plus amples renseignements ou directement s’annoncer auprès de SwissTabac. Les premières récoltes de ces nouveaux planteurs sont attendues pour la fin de l’été 2016.

Créé: 18.02.2015, 18h04

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En chiffres

198 producteurs de tabac étaient recensés en Suisse à la fin de 2014.
468 hectares ont été plantés l’an dernier dans tout le pays, une baisse de 4 hectares par rapport à 2013.
10-15 nouveaux producteurs sont recherchés pour l’année 2016.
5 millions sur cinq ans seront versés aux producteurs, selon une convention signée en novembre par les cultivateurs et les acheteurs.
1000 heures de travail/hectare Le tabac est une culture qui exige beaucoup de travail manuel, comme la vigne par exemple.

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