Un couple de préretraités gruge l’aide sociale

JusticeDurant six ans, le couple a perçu plus de 220'000 francs des services sociaux alors qu’il cachait de la fortune

Le Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois.

Le Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois. Image: Christian Brun

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Ils n’avaient éveillé aucun soupçon. Monsieur et Madame, deux Français avec permis B installés à Lausanne puis à Payerne, des préretraités pas très en forme, se disaient sans le sou. En 2006, ils s’adressent à l’Etat et signent des documents attestant de leur indigence. L’aide sociale est ainsi actionnée. A leur déménagement à Payerne en 2008, le Centre social régional Broye-Vully n’a pas plus de raison de douter. Si bien que, jusqu’en 2012, le couple a ainsi touché 220'652 francs des services sociaux.

Mais un jour de 2012, la facture d’un électricien intervenu chez ce couple met la puce à l’oreille d’un collaborateur de l’aide sociale. Le réseau électrique de Monsieur et Madame est surchargé car ils utilisent trop d’appareils ménagers… Etonnant pour un couple vivant soi-disant avec le minimum vital. Une enquête administrative est alors lancée. Très vite, les fraudeurs seront démasqués, ce qui débouchera sur l’ouverture d’une enquête pénale.

En réalité, le couple possédait de nombreux comptes bancaires non déclarés. Certains à La Poste, mais aussi en France. L’enquête a montré que leur fils, à la tête de trois entreprises, leur versait de l’argent. Et que le couple profitait également du système français puisqu’il touchait des revenus de la Sécurité sociale. Le prévenu boursicotait même à ses heures perdues. Et lorsqu’un montant de 25'945 francs avait été déposé sur le compte officiel des époux, ces derniers n’avaient pas hésité à falsifier le document bancaire en cachant les deux premiers chiffres du montant. De quoi ramener leur fortune à… 945 francs.

De retour dans son pays natal alors que sa femme est décédée depuis, le prévenu devait affronter, mardi, le Tribunal correctionnel d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois. Convoqué pour la troisième fois, il n’a toutefois pas daigné se présenter. La Cour a donc décidé de le juger par défaut.

«Malgré les contrôles habituels effectués sur les comptes bancaires, nous n’étions pas en mesure de découvrir le pot aux roses. Il était impossible de deviner qu’ils avaient des comptes en France», a affirmé en audience une représentante du Service de prévoyance et d’aide sociales.

Le procureur Gabriel Moret a requis une peine de prison de 24 mois dont 12 ferme pour escroquerie par métier et faux dans les titres. Il a rappelé l’important montant en jeu, mais aussi l’audace du prévenu envers les autorités de son pays d’accueil et son manque de collaboration. Le prévenu n’a toujours pas remboursé un centime à l’aide sociale.

Le verdict sera communiqué prochainement.

Créé: 24.01.2017, 21h57

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