Un inventeur de Lucens recrée l'eau du robinet

EconomieLe système de traitement d’eau de Sonatec, médaille d’or au Salon des Inventions, sera produit dans la Broye et commercialisé à grande échelle

Gilbert Sonnay, directeur de l'entreprise Sonatec,qui développe un système pour purifier l’eau.

Gilbert Sonnay, directeur de l'entreprise Sonatec,qui développe un système pour purifier l’eau. Image: Jean-Paul Guinnard

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Il est l’un des Vaudois les plus titrés pour ses inventions. A 68 ans, Gilbert Sonnay a glané 18 médailles, dont plusieurs en or. Sa spécialité: le traitement de l’eau. Plus qu’une passion, un sens à sa vie. L’inventeur-entrepreneur installé à Lucens est intarissable sur le sujet. Depuis trente-sept ans, il poursuit ses recherches pour mettre au point son propre système de purification de l’eau du robinet. Aujourd’hui, il lance sur le marché la 10e génération de son appareil écologique.

Son obsession: fournir au robinet un breuvage naturel qui s’approche au plus près de l’eau de source: pure, soyeuse et énergétique. Il a ainsi créé une installation – alternative à l’adoucisseur – peu encombrante et bénéfique à l’environnement, car elle n’utilise ni sel, ni produits chimiques, ni électricité. Son système breveté, nommé Sonatec plus, a obtenu la médaille d’or au Salon des inventions de Genève en 2012. Fabriqué dans la Broye, il permet «d’éviter à 80% la formation de dépôts de calcaire et de stabiliser la rouille à 98% pour les installations plus anciennes en gardant les propriétés de l’eau intactes, en particulier les minéraux».

La faute aux réseaux

L’installation complète est constituée en outre d’un filtre à charbon actif qui retient les micropolluants des eaux du réseau, les traces de chlorure et de sédiments (fer, fonte et éléments plastiques), ainsi que les solvants utilisés pour la fabrication des tuyaux en plastique. Car, si l’eau de source parvient au robinet dégradée, la responsabilité en incombe essentiellement aux types de réseaux actuellement encombrés par beaucoup de sédiments, entre autres, remarque l’inventeur.

L’homme avait déjà commercialisé ses premiers produits dans les années 1980. Mais son entreprise, qui travaillait avec des grossistes très intéressés à ses brevets, a connu des déboires et il a bu la tasse à plusieurs reprises. Cela ne l’a pas empêché de remettre l’ouvrage sur le métier. Inventeur dans l’âme, Gilbert Sonnay veut pousser encore ses recherches scientifiques complexes pour atteindre la perfection. Même si son appareil est au point depuis longtemps déjà, comme le confirment des résultats tangibles tant en termes de santé que de durée de vie des installations.

Appliquer la science

L’entrepreneur s’était lancé dans cette voie en 1980 en distribuant des conditionneurs d’eau made in USA. Ils ne lui donnaient pas satisfaction. Faisant appel à deux scientifiques – un physicien opérant à l’UNIL et à l’EPFL et un docteur en chimie minérale, chargé d’adapter la formule de fonctionnement à l’eau –, il a cherché pendant dix ans à mettre en pratique les théories et les équations des savants qui s’inspirent notamment du phénomène appelé magnétohydrodynamique. Un mécanicien de précision l’a aidé à concevoir la mécanique de l’installation. «Le système fonctionne par interactions contrôlées sur le fluide de l’eau en mouvement à travers des champs magnétiques, créés par des aimants», explique l’inventeur. Il empêche le calcium et le magnésium – constituant le calcaire – de se déposer à l’usage dans la tuyauterie et de former le tartre. Gilbert Sonnay a constamment amélioré la technique de l’appareil sous l’influence de la vitesse, de la température et de la dureté de l’eau.

«Au départ, je me fichais du prix, dit-il. J’ai essayé de reproduire exactement ce que la théorie indiquait afin de retrouver une eau qui est le plus proche possible de l’eau de source.» Il s’agit de reproduire un phénomène naturel, et donc l’un des points importants est le débit de l’eau qui passe à travers les tuyaux, deux au minimum. Pour un bon fonctionnement, il est donc impératif, selon l’entrepreneur, de régler les vannes une fois par an et d’entretenir l’installation, notamment les filtres. Sa solution de traitement de l’eau n’est pas qu’un produit, mais un service afin de fournir une eau au goût propre à l’endroit où elle s’écoule. Les agents de la société de Lucens sont ainsi autant des formateurs que des vendeurs, à l’exemple de Florie d’Eternod, gérante de Sonatec Suisse, région Fribourg et Vaud. Les principaux clients de Sonatec sont des propriétaires immobiliers, villas, copropriété, mais aussi des communes pour leurs immeubles et même un grand hôtel vaudois.

A la dégustation, Gilbert Sonnay décrit son eau comme «plus ronde, plus souple et plus agréable à boire. Elle est bien équilibrée en sels minéraux, il en sort une vraie énergie. Même une eau dure, lourde et agressive devient légère et harmonieuse en sortant de l’appareil.» Selon lui, elle remplace totalement l’eau plate achetée en bouteille.

(24 heures)

Créé: 12.07.2017, 07h02

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