Lancé à 100 km/h, un train fou frôle la catastrophe

Yverdon - Sainte-CroixMiracle sur la ligne Yverdon - Sainte-Croix. Un convoi a parcouru 6 km sans pilote à la descente et croisé un train de passagers.

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Une centaine d’étudiants qui se rendaient tranquillement en cours vendredi matin ont eu la peur de leur vie. «Notre train s’est arrêté peu après la station de Trois-Villes, raconte Abel Gomez, en préapprentissage au Centre professionnel de Sainte-Croix. C’était inhabituel. On n’était pas encore entièrement réveillé quand un train est tout d’un coup passé à toute vitesse sur la voie de droite. J’avoue que, sur le moment, ça fait peur.»

Le convoi fou, une locomotive sans chauffeur et un wagon vide fonçant à plus de 100 km/h sur une pente à 4%, finira par dérailler violemment dans un virage, en pleine forêt, en dessus de Baulmes. Après plus de 6,3 kilomètres d’une incroyable course. Il est à peine 8 h 30. On vient de frôler le drame ferroviaire.

Ce train sans contrôle était parti quelques minutes plus tôt de la gare de Sainte-Croix en direction d’Yverdon: il avait fait l’aller avec des passagers et redescendait à vide. Selon les premiers éléments de l’enquête, le mécanicien aux commandes a été arrêté par un système automatique d’alerte, quelques mètres après son départ. Le cheminot est alors sorti pour examiner les voies, quand l’automotrice s’est soudain remise en route, sans lui. On connaît la suite.

En état de choc, le pilote devait être entendu en fin de journée par les enquêteurs. Ce «mécanicien expérimenté» avait rejoint la compagnie régionale il y a quelques mois.

«Le frein doit s’enclencher»

Si on ne déplore aucune victime, c’est bien parce que le train accidenté était vide et que celui venant d’Yverdon en sens inverse, dont le chauffeur a été alerté par téléphone, est resté à Trois-Villes, un des rares endroits où les rails sont doublés. «C’est même un miracle! C’est le seul train de la journée qui roulait à vide», juge le directeur de la compagnie Travys, Daniel Reymond.

Le Service suisse d’enquête de sécurité avoue être pour l’heure perplexe face à l’accident. «Un train ne part pas comme ça, répète Erwin Drabek, enquêteur auxiliaire. Le frein d’urgence doit s’enclencher après 60 mètres si personne n’appuie sur les commandes. Et les enregistrements montrent bel et bien que les freins fonctionnaient, puisqu’il s’était arrêté une première fois!» La locomotive datait des années 1980, et avait été entièrement révisée en juillet dernier. «Il faudra tout examiner en détail, les commandes et le véhicule», conclut l’enquêteur.

La ligne est fortement endommagée, et une fuite d’huile a eu lieu près des sources d’eau potable de Baulmes (lire ci-dessus).

Sitôt les premières données techniques connues, les trains similaires de la compagnie seront examinés, précise le directeur. Ils continuent pour l’heure de circuler – à plat – tandis qu’un service de bus est en place jusqu’à lundi. Au moins.

Accident de train sur la ligne Ste-Croix-Baulmes. Il n'y a aucun blessé à déplorer. Le convoi, sans passage, a quitté...

Posted by Police cantonale vaudoise on Friday, October 2, 2015
(24 heures)

Créé: 02.10.2015, 10h24

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Une fuite d’huile et des dégâts importants

La locomotive s’est renversée sans personne à bord. Mais avec 1000 litres d’huile minérale. Le tout en plein dans la zone de captage des eaux potables de la commune de Baulmes. Selon les spécialistes du Canton, aucun risque n’est toutefois encouru par la population: le liquide ne peut atteindre la source qu’en une vingtaine de jours et, quoique nauséabond, n’est pas toxique pour l’homme. Il faudra cependant évaluer la quantité d’huile répandue dans la nature après avoir relevé la locomotive, couchée sur le flanc en dehors des rails. Le sol contaminé devra être retiré, et une bâche posée pour éviter tout ruissellement en cas de pluie. Un important dispositif de sécurité était en place vendredi matin. La chronologie des opérations est encore inconnue. Il faudra monter des grues pour relever le convoi. De lourdes réparations sont également à prévoir sur la ligne: plusieurs pylônes, pourtant fixés par des socles en béton, ont été arrachés, les câbles sont tombés, et les rails et le ballast portent les traces du déraillement.

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