[VIDÉO] Cinq tonnes de Lego à vendre

BroyeChristophe Durussel a acquis des stocks entiers de pièces. Il a créé un magasin où se pressent les férus de la petite brique danoise.

Vidéo: Romain Michaud

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Ils sont jaunes, rouges, bleus, noirs, blancs et de bien d’autres couleurs encore et ils ont investi Nuvilly (FR). Ils, ce sont les Lego que Christophe Durussel a amassés en à peine dix-huit mois jusqu’à en détenir plus de 5 tonnes. «Impossible de compter en pièces, je préfère parler en poids», se marre ce quadragénaire. Depuis septembre 2016, il fait le bonheur des petits, mais aussi des grands. Parce que Legoccasion, le magasin qu’il a installé dans l’ancienne poste du village broyard, attire des passionnés de tous âges. «Ma clientèle est à 80% constituée d’adultes. On reste tous de grands enfants», affirme-t-il, la main droite plongée dans un bac rempli à ras bords de ces petites briques multicolores inventées en 1949.

Au départ, cet électricien de formation y a joué, comme tout le monde (983 pièces sont vendues chaque seconde dans le monde). «Je me souviens de mes premières boîtes: la poste et une caserne de pompiers, mais plus encore de mon premier Lego Technic: un tracteur et sa charrue.» Mais le passe-temps est cher et ses parents n’ont pas les moyens de lui en offrir très souvent.

Adulte, il se remet à assembler les pièces à tenons avec ses propres enfants. Mais c’est un gros souci de santé, survenu voilà sept ans, qui lui rouvre toutes grandes les portes du royaume de l’invention danoise. «Il me fallait quelque chose pour éviter de tourner en rond à la maison.» Christophe Durussel s’achète alors sur Internet des pièces en vrac. Soit un carton de 20 kilos dont il trie les pièces afin de reconstituer les sets qu’elles composent. «Tu réalises qu’il manque des pièces, donc tu rachètes un stock. Et ainsi de suite…» Très vite, la chambre de 20 m2 qu’il y consacre ne suffit plus. Il sous-loue donc une partie des locaux de l’ancienne poste de Nuvilly, en partie occupée par un de ses amis. «Depuis qu’il s’est installé ailleurs, j’occupe tout l’espace.»

Une SA en gestation

Ses clients sont toujours plus nombreux. «Certains jours, c’est de la folie furieuse! Il y a ceux qui cherchent dans les caisses où les briques sont classées par genres et d’autres qui me demandent des pièces particulières.» Et Christophe Durussel continue d’en acheter à gauche et à droite – une tonne de plus depuis le début de l’année –, avec une petite idée derrière la tête. «J’aimerais fonder une SA pour obtenir de la société Lego le statut de revendeur officiel, ce qui pourrait me permettre d’obtenir certaines boîtes exclusives.»

Il n’en trahira pas pour autant sa philosophie et le nom de son magasin. «Je fais essentiellement de l’occasion et j’entends bien continuer.» Avant de rejoindre le stock, les Lego sont triés et classés. Un travail pour lequel il peut compter sur un stagiaire de la Fondation Bartimée, en phase de réinsertion, un couple de retraités et une personne en convalescence après une transplantation cardiaque.

Parfois, les briques doivent même être lavées. «Je fais ça à la maison. Je les glisse dans un filet à soutien-gorge et les passe en machine à 30 °C ou 40 °C. Elles ressortent nickel!» Au fait, reste-t-il de la place entre deux modèles Lego chez Christophe Durussel? Car le souriant quadragénaire le confesse volontiers, il a l’âme collectionneuse. «Quand je trouve un modèle en meilleur état que le mien, je le remplace, c’est vrai. J’ai une pile de boîtes en attente d’être montées, mais je n’en expose pas beaucoup.»

À vrai dire, la grande majorité de ses Lego sont au galetas, démontés et remis dans leur boîte. «Le plaisir, c’est avant tout le montage.» Parfois, il prend même une saveur toute particulière. Comme pour l’assemblage de cette tour Eiffel de la gamme Creator Expert. «Quand elle est sortie en 2007, elle valait 299 euros. Trop pour moi. Aujourd’hui, je l’ai, mais elle est uniquement constituée de pièces que j’ai trouvées dans des cartons de briques en vrac!» (24 heures)

Créé: 08.03.2018, 06h29

Au cœur de la caverne d’Ali Baba

Le magasin de Christophe Durussel sent bon la madeleine de Proust. À l’entrée, dans l’ancien espace clients de la poste de Nuvilly, des boîtes complètes – neuves ou d’occasion, actuelles ou anciennes, voire très anciennes – sont entreposées sur des étagères. Et juste à côté, l’atelier «minifigurines»: six bacs contenant respectivement des centaines de têtes, de torses, de jambes, de chapeaux et d’accessoires des petits bonshommes Lego.

«C’est surtout pour les enfants. Ils y composent une figurine selon leur envie qu’ils peuvent ensuite acheter pour 3 francs», explique le gérant de cette caverne d’Ali Baba.

Dans l’autre partie de cet espace de 100 m2, on remarque d’abord une imposante paroi de tiroirs, environ 600, qui recèlent des centaines de milliers de pièces détachées, triées par formes.

Au milieu trône une table haute divisible en six compartiments. Les clients peuvent y déverser un bac complet de briques et trier celles qui les intéressent ou assembler sur place un modèle. C’est 15 centimes pièce. Qu’il soit officiel ou sorti de l’esprit d’enfant qui sommeillait en eux.

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