En acceptant le RBI pour une voix, Sarzens tient la vedette dans le Blick

BroyeLe village des hauts de Lucens a accepté l’idée d’un revenu de base inconditionnel à 51,43%. Une ouverture d’esprit peu courante à la campagne.

Bernard Senn et sa fille Magali ont dit oui au RBI, dimanche dernier, comme 16 autres habitants de Sarzens. De quoi faire de leur village une particularité en Suisse.

Bernard Senn et sa fille Magali ont dit oui au RBI, dimanche dernier, comme 16 autres habitants de Sarzens. De quoi faire de leur village une particularité en Suisse. Image: Christian Aebi

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«Pas grand monde ne lit l’allemand au village… mais tout le monde sait qu’on parle de nous!» Depuis mardi, le petit village de Sarzens (80 habitants), au-dessus de Lucens, est largement connu outre-Sarine grâce au quotidien Blick. Le journal à gros tirage consacre une pleine page à la seule commune de Suisse à avoir accepté le RBI (revenu de base inconditionnel) lors des votations de dimanche dernier. Certes, malgré un taux de participation respectable de 60%, cela ne s’est joué qu’à une seule voix: 18 oui contre 17 non. Un résultat qui se traduit par un taux de suffrages favorables au RBI de 51,43%. C’est unique dans le canton de Vaud, et même en Suisse.

Sarzens était déjà connu pour sa célèbre course de caisses à savon et certains de ses habitants illustres. A l’instar du cuisinier Philippe Ligron devenu homme de radio (Bille en tête) . Le village est désormais étiqueté de «doux rêveur» par le Blick. «Je ne vous cache pas que j’ai été surpris du résultat, confie le syndic, Ermanno D’Agostino. Mais je suis content de l’ouverture d’esprit de mon village. Il y a plus de dix ans, j’ai été élu à la Municipalité alors que j’étais étranger, pas encore naturalisé. Les gens sont très ouverts ici.»

L’œuvre d’une militante

A Sarzens, le RBI doit sa victoire à une seule voix, celle de Claire Juilland. Membre de la coordination romande en faveur du RBI, elle a fait campagne et converti toute sa famille. A commencer par sa sœur, Magali Senn. «A force de discuter avec les gens, on se rend compte qu’il y a plusieurs périodes de la vie (études, maternité, chômage) où le RBI offre une vraie solution et enlève du stress. C’est un réel changement de société.»

Pour Claire Juilland, le résultat est atteint. «Je suis heureuse et fière de mon village, dit-elle. Notre système est en bout de course, nous devons le réinventer. Sarzens a donné un minuscule signal. C’est déjà ça.»

Son père, Bernard Senn (79 ans), a travaillé dur la campagne toute sa vie. Alors, offrir un salaire à tout le monde pour ne pas travailler… «Finalement, je me suis dit que notre système actuel n’allait pas tenir encore longtemps. Le RBI n’est peut-être pas la bonne solution. Mais il offrait une opportunité de réflexion, c’est pour ça que j’ai voté oui.» Le patriarche a été impressionné par la motivation de sa fille. «C’est formidable de voir que, lorsque quelqu’un est motivé, il peut faire changer les choses. Claire a fait campagne, elle a expliqué, distribué des prospectus, convaincu. Le résultat est là.» (24 heures)

Créé: 07.06.2016, 18h13

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