Agressions à Yverdon: un suspect relâché alors que les réseaux s’enflamment

ViolencesDes habitantes, terrorisées, s’équipent de sprays au poivre. Le Ministère public indique que «sept incidents visant des femmes ont été recensés» ces deux derniers mois.

Une mère de famille veut pouvoir se défendre lorsqu'elle sort son chien.

Une mère de famille veut pouvoir se défendre lorsqu'elle sort son chien. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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«Mauvaise rencontre ce soir, en sortant mon chien. Le fameux type au vélo orange traîne dans le quartier. La peur de ma vie.» Dimanche soir, sur Facebook, une nouvelle femme a annoncé, «sans certitude», avoir eu affaire au mystérieux agresseur qui terrorise bon nombre d’Yverdonnoises depuis deux mois .

Pour rappel, plusieurs victimes d’attouchements ont vidé leur sac sur les réseaux sociaux ces dernières semaines. Et leurs récits se ressemblent terriblement. Leur agresseur serait un homme, grand, qui se déplacerait à vélo et qui masquerait son visage. Par ailleurs, il s’attaquerait à des femmes seules, en pleine rue: main aux fesses, «bisous» forcés et autres attouchements en tout genre. Au total, «sept incidents visant des femmes ont été recensés», indique dans un courriel Gabriel Moret, procureur de l’arrondissement du Nord vaudois, lundi après-midi. «Sur ces sept cas, trois plaintes pénales ont été formellement déposées.» Ce dernier annonce qu’une opération de police a été menée dans le courant de la semaine dernière et qu’un suspect a été appréhendé puis entendu par les forces de l’ordre, avant d’être présenté au Ministère public. «Le soussigné a ensuite également procédé à l’audition de cette personne, avant de la laisser aller, précise le courriel. Les investigations se poursuivent, et il n’est pas possible, en l’état, d'affirmer que tous ces événements sont forcément le fait d’un même individu.» Gabriel Moret ajoute: «Aucune décision de clôture n’a par ailleurs été rendue, en l’état, contre la personne auditionnée la semaine dernière.»

«J’ai remarqué une silhouette dans les buissons juste à côté. J’étais terrifiée»

Cette annonce ne rassure pas. Domiciliée à l’avenue Pierre-de-Savoie, la dernière femme à avoir raconté son histoire en ligne est encore traumatisée par la silhouette qu’elle a aperçue dans la nuit de dimanche à lundi, alors qu’elle sortait de son immeuble avec son bouledogue. Même si rien ne permet de rattacher son cas aux précédents événements, l’angoisse qui l’anime depuis que l’affaire a explosé sur les réseaux sociaux lui fait penser que l’ombre qui lui a glacé le sang est celle de l’homme en question. «Mon chien a commencé à grogner, explique-t-elle. J’ai remarqué une silhouette dans les buissons juste à côté. J’étais terrifiée.» Elle panique et part en courant chercher de l’aide dans un lieu public voisin. Accompagnée par un homme croisé en chemin, elle revient ensuite sur ses pas. «En nous voyant approcher, un individu avec un pull à capuche a détalé en direction de la voie de chemin de fer. J’ai appelé la police mais elle ne m’a pas du tout apaisée.»

Selon elle, après lui avoir calmement expliqué que rien n’indiquait que le fuyard était un agresseur, les agents lui auraient fait des recommandations qui l’ont fait bondir. «Ils m’ont dit de me faire accompagner quand je sors mon chien et de m’acheter un spray au poivre, s’énerve la mère de famille de 47 ans. Je vais les écouter parce que je n’ai pas le choix et des voisines vont faire pareil. Mais ce n’est pas possible de vivre avec la peur au ventre.»

Pas plus de cas à Yverdon

Comme à chaque fois qu’un tel témoignage est publié sur Facebook, chacun y va de son commentaire: «Je vous conseille le centre de tir, il vous vendra du matériel sûr», écrit un homme. Une femme en colère abonde: «Pourquoi ne pas faire une tournée à plusieurs afin de le choper?» «C’est exactement ce à quoi pense mon chéri», reprend une mère de famille.

De son côté, Jean-Christophe Sauterel, le chef de la communication de la police cantonale, invite les autres victimes, s’il y en a, à s’annoncer et à porter plainte. Et tempère: «Il n’y a pas plus d’affaires d’attouchements à Yverdon qu’à Lausanne ou à Montreux. Ces actes sont insupportables pour les victimes mais il ne faut pas céder à la panique. Ni partager en ligne des informations non vérifiées, comme des photos du supposé agresseur.»

Créé: 02.12.2019, 19h31

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