L’Amalgame fête ses 25 ans avec un avenir en pointillé

Yverdon-les-BainsLes responsables de la salle de concert, en fête dès ce soir, craignent les conséquences d’une subvention de la Ville plafonnée.

Vu les perspectives budgétaires serrées de la Commune, les acteurs de la salle de concert sont inquiets.

Vu les perspectives budgétaires serrées de la Commune, les acteurs de la salle de concert sont inquiets. Image: OLIVIER ALLENSPACH - A

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’Amalgame souffle ce jeudi soir ses 25 bougies et ouvre le festival «1994 électrique» programmé pour l’occasion (lire encadré) ces trois prochains jours. Mais les sourires de ses responsables seront sans doute un peu forcés. Mardi, la Ville a mis en ligne son budget 2020, qui confirme ce qu’ils redoutaient: la subvention communale qui leur est accordée n’a pas bougé d’un centime et reste figée à 180'000 francs, comme en 2019, malgré la substantielle augmentation de 70'000 francs qu’ils avaient sollicitée au printemps dernier. Une demande qui avait fait suite à un exercice teinté de rouge – 15'000 francs de pertes – malgré une fréquentation générale en hausse de 20%.

Pour Laura Lambert, présidente de l’association du G.A.M.E. qui chapeaute la salle de concert yverdonnoise, cette «réponse» des autorités n’est pas vraiment une surprise. «On s’y attendait un peu, sachant qu’il est compliqué ces temps d’obtenir plus d’argent.» Le programmateur, Grégoire Potin, est plus amer: «C’est un désaveu pour la culture sur Yverdon et une non-reconnaissance du travail effectué par le G.A.M.E. Cela signifie qu’on n’écoute pas les doléances d’une salle dont la porte est franchie par 18'000 personnes en une année.»

Sans explications

Depuis qu’une équipe de jeunes motivés a repris les destinées de L’Amalgame en 2010, la gestion de la salle s’est stabilisée et s’est professionnalisée. Mais aujourd’hui, le spectre des soubresauts qui l’ont secouée au début des années 2000 ressurgit. «Le monde des musiques actuelles dans lequel nous évoluons a changé. Il demande plus de travail, plus de compétences et les artistes ont des prétentions salariales plus élevées. Notre programmateur doit ainsi beaucoup plus négocier avec eux s’il veut les attirer à Yverdon», explique la présidente. «Et notre demande ne vise pas à améliorer notre confort, juste que le pourcentage pour lequel l’équipe est engagée corresponde un peu mieux à son volume de travail», reprend Grégoire Potin.

L’heure est donc aux questions. L’Amalgame affirme en effet n’avoir reçu aucune explication quant à la décision de statu quo municipal. «En mai, parallèlement à notre demande d’augmentation, nous avions sollicité une entrevue à la Municipalité pour lui expliquer pourquoi nous en avions besoin, et lui dire que notre situation est vraiment critique. Je pense que nos élus savent que ce que nous faisons est bien pour la jeunesse yverdonnoise, mais qu’ils ignorent ce que nous devons faire pour y parvenir. Nous n’avons eu aucun retour…»

Relancé en septembre, l’Exécutif a répondu, succinctement, qu’il avait pris note et qu’il transmettait au Service de la culture. Pierre Dessemontet, son municipal de tutelle, confirme du reste «être en contact avec l’équipe de L’Amalgame». «Il faut comprendre que notre refus n’est pas dirigé contre L’Amalgame. Toutes les subventions accordées aux institutions culturelles que nous soutenons sont du reste au mieux plafonnées au niveau de 2018», affirme-t-il. La raison? Un régime de rigueur financière. «Nous parlons d’un budget difficile. Malgré la nouvelle politique en matière de parcage, les nouvelles rentrées dues à l’introduction d’une taxe forfaitaire sur les déchets et le fait que le Canton reprend à sa charge le financement de l’Association vaudoise d’aide et de soins à domicile (AVASAD), nous arrivons à un déficit prévisionnel de 3,2 millions…»

Faudra-t-il tout arrêter?

L’Amalgame garde toutefois espoir que les choses bougent d’ici à la fin de l’année, le Conseil communal devant encore se prononcer sur ce budget 2020. Pierre Dessemontet, lui, assure que des discussions sont en cours au sein du Service de la culture. «Je ne m’interdis pas de penser que des solutions autres que budgétaires pourraient être trouvées.»

Et si tel n’était pas le cas? La programmation est assurée jusqu’en juin, avec une quinzaine de dates de moins que la saison précédente, soit 50 au lieu de 65, ainsi que l’a décidé l’assemblée générale de mars. «Après, on ne sait pas. Une chose est sûre, on ne veut pas se transformer en boîte de nuit et ne proposer que des soirées DJ. Notre but est de promouvoir les musiques actuelles. Si nous n’avons plus les moyens de le faire via des concerts, nous arrêterons et peut-être qu’il faudra alors liquider notre association», soupire Laura Lambert.

Créé: 03.10.2019, 17h55

Programme de fête

Pour fêter son quart de siècle, L’Amalgame veut une ambiance électrique. Pas complètement comme la musique rock qui est à la base de sa création par une équipe de musiciens en 1994, mais plutôt comme la tendance prise par les musiques actuelles que veut promouvoir la salle de concert de l’avenue des Sports 5.

«1994 électrique», le festival qui débute ce soir pour trois jours, c’est notamment deux scènes, quinze concerts (dont sept groupes suisses), deux exclusivités en Suisse, un après-midi familles (samedi), du mapping et une boum all style party. Mais c’est aussi, évidemment, des têtes d’affiche: Irène Drésel et Camilla Sparksss le jeudi, Jacco Gardner et Janus Rasmussen le vendredi.


Infos et billetterie

www.amalgameclub.ch

Articles en relation

Pas encore exsangue, l’Amalgame tire la langue

Yverdon-les-Bains Le bureau doit travailler gratis pour faire tourner la salle de concert. Une plus grande subvention est demandée par l’association. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.