Une école de l'asthme pour mieux gérer la maladie

Yverdon-les-BainsLes Établissements hospitaliers du Nord vaudois ont mis sur pied des cours, avec le soutien de la Ligue pulmonaire. Résultat: nettement moins de consultations aux urgences.

Premier cours dans la nouvelle école de l’asthme des EHNV. Image: PATRICK MARTIN

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«C’est où l’asthme?» A la question posée par Sylvie Domini Schwab, une infirmière des Établissements hospitaliers du Nord vaudois (EHNV), Dylan se lève et pose la paume de sa main droite sur son torse: «Dans les poumons.» Autour de lui, plusieurs autres enfants – des garçons et des filles – acquiescent d’un hochement de tête. Ils sont neuf, assis dans une salle du troisième étage de l’Hôpital d’Yverdon ce mercredi après-midi à participer à la première session de cours donnée dans le cadre de la toute nouvelle école de l’asthme mise sur pied par les EHNV avec le soutien de la Ligue pulmonaire vaudoise.

Un enfant sur dix

L’asthme – ou la bronchite spastique, selon le nom qui lui est donné pour les enfants encore non scolarisés – est la maladie chronique la plus fréquente chez l’enfant. En Suisse, un enfant sur dix en souffre. Une statistique totalement applicable au cadre nord-vaudois. «Aux urgences de pédiatrie, le temps d’attente augmente, de même que le nombre de consultations. Faire de l’éducation thérapeutique est une des solutions visant à améliorer cette situation», souligne la Dresse Aurore Varone, cheffe de clinique au service de pédiatrie des EHNV. Sylvie Domini Schwab a initié le projet avec elle. Elle enchaîne: «Pour ce qui est de l’asthme, nous avons constaté que des enfants sont appelés à consulter par manque de connaissance de la maladie.»

Mieux vaut prévenir que guérir: la maxime est évidemment aussi observée en milieu hospitalier, raison pour laquelle des ateliers d’éducation thérapeutique ont été agendés ce printemps et cet automne à Yverdon, comme c’est déjà le cas depuis une quinzaine d’années à Lausanne. «Environ une année après ces cours, il a été constaté que les enfants les ayant suivis ont diminué de 50% leur nombre de consultations aux urgences et chez leur pédiatre et même de 80% leurs hospitalisations», avance la cheffe de clinique.

Dans une salle de l’Hôpital d’Yverdon, Lyanna, Emma, Alexandre, Fabio et leurs copains s’exercent à traverser comme l’oxygène un tuyau représentant leurs bronches en compagnie d’infirmières et d’une physio.

Mieux gérer la maladie au quotidien

La prise en charge de l’asthme nécessite une bonne compréhension de la maladie par le patient, mais aussi par ses proches. «Un asthme mal géré, c’est toute la vie de famille qui en pâtit», explique Sylvie Domini Schwab. Raison pour laquelle les parents du petit groupe ne sont pas bien loin. Assis dans une autre salle, «l’exercice» auquel ils se livrent est moins distrayant: l’énumération en présence de la Dresse Aurore Varone des symptômes d’une crise asthmatique: dyspnée (soit des bronches toutes fermées), toux, sensation d’oppression thoracique, sifflement à l’expiration et fatigue. «Après la pause, nous allons aborder les choses qui fâchent», sourit Aurore Varone. Soit les moyens d’aider les enfants à mieux dormir. «Il faut éviter de chauffer trop la chambre et faire en sorte que l’air ne soit ni trop sec ni trop humide.» Plus embêtant, ou en tout cas plus contraignant, il s’agit d’enlever de la pièce tout ce qui est susceptible de causer des inflammations: peluches, tapis et rideaux en tête…

Le but visé est évident, il s’agit de donner les outils permettant de mieux comprendre la maladie et de mieux la gérer au quotidien. C’est-à-dire d’identifier ce qui peut déclencher une crise et d’en détecter les signes, par exemple. «Et à cet égard, on a pu constater qu’une des attentes des parents est d’être en mesure de savoir quand il faut aller chez le médecin», conclut la Dresse Varone. (24 heures)

Créé: 21.04.2018, 17h53

«On se sentait très seuls»

Pour l’heure, les ateliers d’éducation thérapeutique sont prévus deux fois par année aux EHNV. La deuxième partie
de la première session aura lieu mercredi. La seconde session est agendée aux 3 et 10 octobre. Le timing n’est pas innocent: «Au printemps, avant les crises déclenchées par les allergies et à l’automne, avant celles provoquées par les virus de l’hiver», explique la Dresse Aurore Varone. Leur fréquence pourrait cependant être augmentée en fonction de la demande.

«Ces cours sont importants et il faut en parler, parce qu’il est difficile de cerner le problème de l’asthme», estime Élise Kingston. Cette maman a ainsi eu toutes les peines du monde à le faire constater chez son fils. «Ni mon mari ni moi n’en souffrons. Je voyais bien que notre enfant, qui était encore bébé, avait des problèmes respiratoires, mais
il nous a fallu du temps avant qu’un pédiatre nous reçoive. Franchement, on se sentait très seuls.» Cette maladie, Zakaria Malki la connaît, puisqu’il en est atteint depuis une trentaine d’années. Ce qui ne l’a pas empêché de s’inscrire à ces cours. «Être asthmatique ne signifie pas savoir comment gérer la maladie. Et puis, l’asthme dont ma fille souffre ne se déclenche pas de la même manière et à la même période que moi.»

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.