Balcons roses et violets bannis derrière le château

Nord vaudois-BroyeLa justice a donné raison aux propriétaires du château de Billens. Les couleurs des garde-corps voisins devront disparaître

Les propriétaires du Château de Billens, à Moudon, ont fait recours contre la décision municipale d'autoriser des teintes rose et violette sur les balcons de la résidence voisine.

Les propriétaires du Château de Billens, à Moudon, ont fait recours contre la décision municipale d'autoriser des teintes rose et violette sur les balcons de la résidence voisine. Image: FLORIAN_CELLA

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Adieu, le rose et le violet! La société coopérative d’habitation de Moudon, propriétaire d’un immeuble sis à quelques pas du château de Billens, a trois mois pour teindre en gris, comme prévu, les plaques de ses garde-corps. C’est la décision prise le 26 juin dernier par la Cour de droit administratif et public (CDAP) du Tribunal cantonal, suite à un recours déposé par les propriétaires de la vénérable bâtisse. Ces derniers s’opposaient à l’autorisation exceptionnelle délivrée par la Commune de Moudon pour le choix des couleurs des rambardes, lors des travaux de rénovation de l’immeuble de quatre étages, en novembre 2017.

«Le château de Billens est un beau monument, entretenu, classé comme monument historique et répertorié à l’Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en Suisse (ISOS). Nos clients avaient donc à cœur d’éviter l’enlaidissement de l’environnement de leur bien», précisent Mes Feryel Kilani et Benoît Bovay, avocats des propriétaires du château. Dès le 14 novembre 2017, l’un de ces propriétaires avait fait part de son mécontentement à la Municipalité, rappelant que la police des constructions prévoit notamment l’interdiction d’emploi de teintes vives pouvant nuire au bon aspect d’un lieu.

À titre exceptionnel

La Municipalité de Moudon lui a répondu que «seule la couleur «gris foncé» pour les stores et les garde-corps a été autorisée», son service technique ajoutant dans son rapport que «les teintes sont certes jeunes, pimpantes et apportent peut-être de la gaîté sur le site, mais malheureusement n’ont pas leur place à cet endroit». Pourtant, lors d’une séance organisée le 18 décembre, la Municipalité a accepté «à titre exceptionnel, le maintien de la teinte des garde-corps des balcons». Une décision dont elle n’a pas informé les propriétaires du château de Billens.

Malgré plusieurs rappels des châtelains début 2018 au sujet de l’affaire, ce n’est finalement que le 2 mai que la Municipalité leur a remis divers procès-verbaux de séances. Elle annonçait en même temps à la société coopérative qu’elle allait réexaminer la situation. Mais malgré un préavis négatif du Service immeubles, patrimoine et logistique du canton (Sipal), qui stipulait que «les teintes choisies sont peu intégrées au site et forment une intervention en complète rupture, voire antinomie, avec le château», la Municipalité confirmait son autorisation le 31 mai. D’où le recours des propriétaires. «Nous avions pas mal d’arguments sur l’esthétique auxquels la Cour a été sensible, poursuit l’avocate Feryel Kilani. Non seulement, les couleurs en questions sont en violation claire du règlement des constructions de Moudon, mais tant le Sipal que le technicien communal trouvaient ce choix catastrophique.» Lors d’une inspection sur place, le tribunal a noté que les couleurs retenues ne sont pas seulement insolites, notamment par rapport au gris de la façade, mais qu’elles ne s’harmonisent pas avec celles des constructions environnantes.

«Lorsqu’on observe le château de Billens avec, en arrière-plan, la façade du bâtiment de la société coopérative, le regard est attiré par les plaques métalliques roses et violettes, détonant fortement avec les teintes claires des façades du château», relate encore le président, André Jomini.

Mère et fils concernés

Face à un investissement de l’ordre de 10'000 à 11'000 francs, qualifié de «frais pas excessifs à supporter», le recours des voisins a donc été admis sur le fond. La Cour n’a ainsi pas analysé les autres griefs des recourants sur la forme. Notamment le fait que le municipal moudonnois en charge des Constructions soit le fils de l’administratrice de la coopérative, qui a proposé les couleurs retenues.

À ses frais de remise en état et d’avocat, la société immobilière devra encore ajouter un émolument de 2000 francs pour la Cour et une indemnité de 1500 francs pour les dépens de la partie adverse. Contacté, son président ne prévoit pas de faire appel au Tribunal fédéral: «On ne va pas en faire une maladie, même si cela reste très subjectif. Nous étions 16 pour juger du choix de ces couleurs et il y avait 16 avis différents.»

Créé: 22.08.2019, 11h37

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