Bioley-Magnoux, le petit village qui rajeunit

L'esprit des lieuxAvec 42 enfants, dont 31 de moins de 7 ans, sur 230 personnes, la population du village nord-vaudois est jeune.

Le nouvel aménagement de la place de l’Église met en valeur cette dernière.

Le nouvel aménagement de la place de l’Église met en valeur cette dernière. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Àl’écart des grands axes routiers, Bioley-Magnoux est loin, très loin d’être perdu au milieu de nulle part. Avant l’ère de la fusionnite, la petite commune nord-vaudoise ne comptait pas moins de huit voisines, c’est dire: Donneloye, Prahins, Chanéaz, Correvon, Ogens, Oppens, Orzens et Gossens. Ce n’est pas Christiane Rod qui dira le contraire. «À Bioley, on est au centre de tout, affirme-t-elle. La preuve: Yverdon, Moudon et Échallens se trouvent à 13 kilomètres d’ici. Quand il faut aller faire les courses, on a le choix…» Et Yvonand? «Ah non, c’est plus près, 9 kilomètres tout au plus!»

La retraitée incarne par ses réponses la bonne humeur qui semble régner dans ce village qui tire son nom composé du patois vaudois (Bioley signifie tilleul) et du latin (Magnoux dérive de Magnus, qui veut dire grand). On le connaît d’abord pour son château médiéval, mais aussi pour les coquelets que Jean-Marcel Riond apprête depuis une vingtaine d’années À la Petite Auberge. Le restaurant renferme d’ailleurs une bonne partie de l’âme villageoise que les Niagnous – leur sobriquet – aiment louer. Président du Conseil général pendant une trentaine d’années, Jean-François Henrioud en sait quelque chose. Même si sa maison du Bois de Ban est située un peu à l’écart du village, il n’a eu aucune peine à établir un bon contact avec les paysans qui exploitent les champs alentour quand il y a emménagé au début des années 1980. «Le village a grandi progressivement, il n’y a pas eu d’arrivées de masse, l’intégration des nouveaux a donc pu se faire tout naturellement», souligne-t-il.

«Quand je dois décrire Bioley en quelques mots, je dis simplement que c’est le petit village sourire»

Laure Sciboz et son mari font partie de ces nouveaux venus, eux qui ont acheté une maison au centre de Bioley-Magnoux voilà cinq ans. «Pour rien au monde on repartirait d’ici.» Pourtant, à leur arrivée au milieu de l’hiver, les rues semblaient désertes. «Avec le retour du printemps, le village s’est réveillé, les voisins sont sortis et on a tout de suite senti l’esprit qui règne ici. Quand je dois décrire Bioley en quelques mots, je dis simplement que c’est le petit village sourire», affirme-t-elle. Un village qui rit et qui aime faire la fête, selon les anciens. «On en a d’ailleurs fait une puissante fin mai», reprend Christiane Rod. C’était à l’occasion de l’inauguration d’importants travaux d’infrastructures qui ont aussi doté le village d’une nouvelle place de l’Église.

Il faut dire que, contrairement à nombre de localités vaudoises, Bioley est «jeune». Notamment grâce à une initiative politique prise il y a plusieurs années. Constatant que le nombre d’habitants chutait (de 306 âmes en 1888, la population était passée à 143 un siècle plus tard), les autorités ont fait réserver à proximité des maisons existantes des parcelles constructibles. Certains enfants du village ont pu rester alors que d’autres sont revenus. Si bien qu’aujourd’hui la population de Bioley-Magnoux atteint 230 habitants. Et parmi eux, 42 enfants, dont 31 sont âgés de 7 ans et moins.

Un petit tour dans les rues suffit pour se convaincre de ce baby-boom, puisque certaines façades arborent fièrement des panneaux annonçant la venue au monde d’Eily, de Cassidy ou de Mavilia.

La balade permet en outre d’apprécier de jolies maisons villageoises et de découvrir des lieux pour le moins insolites, de par leur toponymie ou leur forme. Du croisement des routes qui mènent à Oppens ou à Ogens, part ainsi une ruelle de la Repentance. Et, juste à côté du bistrot, coincée entre les façades de deux maisons cossues, la ruelle Saint-Denis pourrait bien revendiquer le titre d’artère la plus étroite du pays.

À propos d’artère, difficile à Bioley de passer à côté du château, aujourd’hui propriété d’une personnalité dont la renommée est mondiale: le cardiologue Ulrich Sigwart, inventeur du stent. Il semble sûr qu’en son temps cet édifice médiéval perché au sommet d’une butte a accueilli Charles le Téméraire, en route pour livrer bataille à Morat. Une étape logique à l’époque, le château contrôlant l’axe routier Payerne-Cossonay. (24 heures)

Créé: 23.06.2018, 13h15

Jean-François Henrioud a présidé le Conseil général durant une trentaine d’années.

«À Bioley, on aime faire la fête», affirme Christiane Rod.

La famille de Laure Sciboz (ici avec son fils Bastien) vit tout près de la nouvelle place de l’Église.

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