Bonvillars a plus de vins que de commerces

Esprit des LieuxLa commune du Nord vaudois s'étend du lac au Jura. Si ses vignes fleurissent, ses magasins ont disparu.

Les 495 habitants de Bonvillars, village du district Jura-Nord vaudois, sont surnommés «Couennes de lard».

Les 495 habitants de Bonvillars, village du district Jura-Nord vaudois, sont surnommés «Couennes de lard». Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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La commune de Bonvillars s’étend des rives du lac de Neuchâtel jusqu’au sommet du Jura. Le point culminant du Mont-Aubert, le Grand Serroliet, en est l’extrême limite. Niché à 475 mètres d’altitude, le village est blotti au milieu des vignes, où un menhir de près de 4 mètres de haut, dont l’origine remonte au néolithique, se dresse majestueusement, entouré de fleurs de printemps. Dans le centre d’habitation, surplombé par la forêt, de vieilles demeures vigneronnes côtoient des maisons individuelles à l’architecture contemporaine. Un harmonieux mélange du neuf et de l’ancien compose le paysage du village, mentionné pour la première fois au XIIe siècle.

En contrebas des vignes du territoire communal, la Cave des Viticulteurs de Bonvillars a fière allure. Dans ces locaux se vinifie le produit de la vendange, dont les amateurs se délectent comme d’un bonbon qui ne devrait jamais fondre. «Depuis dix ans, nos affaires marchent bien», explique Sylvie Mayland, directrice du lieu. Et si le vin a du succès, c’est surtout grâce au travail des vignerons du coin. «Je suis fière de l’appellation Bonvillars, et fière de la qualité de ce que nous produisons», conclut-elle hâtivement, face au grand nombre de clients présents en ce mardi après-midi.

Toujours en gastronomie, la commune de Bonvillars voit accourir, chaque dernier samedi d’octobre, de nombreux visiteurs pour son marché de la truffe, connu loin à la ronde.

«Je conserve les coupes en argent du XVe siècle. Elles sont quelque peu abîmées, mais nous les utilisons toujours lors du culte», Frédéric Piguet Syndic de Bonvillars

A l’est de la localité, l’église, élevée sur un tertre et anciennement dédiée à Saint-Nicolas, figurait en 1148 déjà dans les possessions du couvent de Payerne. Bonvillars fut la dernière commune à accepter la Réforme dans le bailliage commun de Grandson. Après avoir embrassé la foi protestante, les chefs de famille du village supprimèrent la messe en 1564.

En souvenir d’une époque antérieure à la Réforme, le syndic de Bonvillars, Frédéric Piguet, possède les coupes en argent utilisées dès le XVe siècle lors des sacrements. «Je suis chargé de les conserver, explique-t-il. Elles sont quelque peu abîmées, mais nous les utilisons encore au culte.»

Le patrimoine historique semble compter tout particulièrement pour l’édile du village. «La maison forte de La Cour, résidence des seigneurs de Bonvillars entre le XIIe et le XVIe siècle, a quasiment conservé son apparence d’origine», affirme-t-il. Et de poursuivre: «L’intérieur du bâtiment, par contre, est remis au goût du jour. On y trouve trois salles de classe, un espace pour l’accueil de jour des écoliers, quatre appartements, un atelier, l’ancienne cave communale, deux caveaux et une grande salle utilisée aussi pour la gymnastique.»

Malheureusement, le village, desservi deux fois par heure par les transports publics, a vu ses commerces locaux complètement disparaître. «La fermeture de la poste a été une catastrophe, soupire Georges-André Gilliand, membre de la Société de l’Abbaye. L’épicerie et le bistrot ont aussi fermé leurs portes», poursuit-il. «Nous devons aller faire nos courses à Champagne ou à Grandson», déplore Roberto Gri, lui aussi membre de la Société de l’Abbaye.

Mais des lieux de rencontre, au rôle social inestimable, existent encore. «Chaque samedi matin, nous nous retrouvons au stand de tir du village pour un apéritif à 5 francs, détaille Georges-André Gilliand. Cela permet de conserver une ambiance conviviale.» Et les activités ne manquent pas. «Les associations locales animent le village, assure Frédéric Piguet. La Société de jeunesse est notamment très active.»

Créé: 08.04.2017, 11h44

Sylvie Mayland, directrice de la Cave de Bonvillars, devant une partie du stock de son magasin.

Frédéric Piguet, syndic de Bonvillars, et enseignant retraité.

Roberto Gri et Georges-André Gilliand, tous deux membres de la Société de l’Abbaye.

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