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Un Broyard analyse les discours de Macron

L’historien Alain Chardonnens, de Domdidier (FR), réunit dans un livre six discours majeurs du leader d’En Marche!

Auteur de quarante livres, Alain Chardonnens signe un nouveau recueil avec des discours d’Emmanuel Macron (aux éditions L’Harmattan à Paris). L’anthologie sort cette semaine dans les librairies françaises. Elle arrivera en Suisse sous peu.
Auteur de quarante livres, Alain Chardonnens signe un nouveau recueil avec des discours d’Emmanuel Macron (aux éditions L’Harmattan à Paris). L’anthologie sort cette semaine dans les librairies françaises. Elle arrivera en Suisse sous peu.
Christian Aebi

Que nous apprennent les discours d’Emmanuel Macron sur le leader d’En Marche!? Féru d’histoire régionale autant que de politique, le professeur d’histoire Alain Chardonnens, de Domdidier (FR), s’était déjà attelé aux discours de François Hollande ou de Barack Obama. Auteur de quarante livres, il signe un nouveau recueil avec des discours d’Emmanuel Macron (aux éditions L’Harmattan à Paris). L’anthologie sort cette semaine dans les librairies françaises. Elle arrivera en Suisse sous peu. «Macron est un météore. Il est arrivé au bon moment. Dès le «Pénélope Gate» tout devenait possible pour lui, explique Alain Chardonnens. On dit qu’il n’a pas de programme. Je prouve le contraire en publiant ses discours.» Interview.

Comment avez-vous choisi ces textes?

J’ai rassemblé ses six discours les plus importants: le premier c’est la fondation de son mouvement En Marche! (le 6 avril 2016). Puis, il y a ce que j’ai appelé les diagnostics de la France lorsqu’il était ministre, il a des discours à Strasbourg, Lyon et Montpellier dans lesquels il dénonçait les problèmes que connaît la France. J’ai aussi mis son annonce de candidature à la présidence. Cela montre l’évolution en un an du mouvement. On assiste tout au long de l’étude au cheminement de Macron dans son chemin vers l’Elysée. Sa stratégie est d’ajouter à chaque fois une pierre à l’édifice pour échafauder son projet politique.

Que nous apprennent ces discours sur l’homme?

J’ai notamment publié les discours de François Hollande ou d’Obama, Macron n’est pas de la même veine. Macron est un technocrate, il n’a pas la verve d’un Obama qui sait toucher le cœur des gens. Macron est retenu, il a fait ses études chez les Jésuites, c’est un banquier d’affaires, il n’est pas dans le lyrisme, il est moins proche du peuple qu’un Hollande. Ces discours sont plus froids, ils sont plus techniques. Par contre, ils expliquent mieux la situation. Ce sont des textes professoraux, plutôt que des textes qui touchent les tripes comme Hollande au Bourget en 2012. Contrairement à Hollande, Macron a les pieds sur terre. Quand il parle du déficit ou de la dette française c’est le banquier qui réfléchit. Il maîtrise les mécanismes de la finance internationale. Prenez ses positions sur l’éducation nationale. Il ne se risque pas en grandes théories pédagogiques. Il propose par exemple d’interdire les portables dans toutes les écoles pour éviter la violence numérique. C’est du concret.

Son style oratoire est très différent de celui de Marine Le Pen…

Ils ont deux visions du monde. Elle, elle va sur les marchés, disserte sur des questions de billets à 10 euros. Macron empoigne des grands concepts comme la dette de la France avec des chiffres abstraits en centaines de millions. Ils ne sont pas sur le même terrain. Elle, elle donne des exemples relevant de la vie quotidienne, Macron reste sur des idées générales.

Que nous disent ses discours sur sa politique?

Que c’est un homme de consensus. Il dit «je suis ni de gauche ni de droite», il veut prendre ce qui est bon dans les deux côtés et ça, c’est nouveau dans la politique française. Certes, il y a eu Rocard qui avait une politique sociale plutôt démocrate, mais Macron est le premier à se mettre vraiment au centre. Il prône le libre-échange, le libéralisme, il est proeuropéen. Il ne veut pas tout chambouler et créer une sixième république comme Mélenchon mais, au niveau institutionnel, il veut secouer les choses. Il veut que toutes les formations politiques soient représentées à l’Assemblée nationale. Il veut changer les modes de scrutins. Il est aussi contre le cumul des mandats, ce ne sera plus possible d’être à la fois maire, sénateur et président de région.

S’il était suisse, où se placerait-il sur l’échiquier? Il serait sans doute sur l’aile droite du Parti socialiste, avec les sociaux-démocrates ou sur le flanc gauche du centre avec quelques radicaux sociaux ou démocrates-chrétiens. Il est plutôt centriste, ça pourrait être un Darbellay au centre, certes, mais prônant des valeurs de gauche. Il s’entendrait bien avec un Levrat. Il trouverait aussi des appuis chez les socialistes de droite, je pense à un Alain Berset de sensibilité sociale-démocrate.

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