Les buvettes sortent de leur hibernation

JuraIl a parfois fallu faire vrombir la fraise à neige, mais la plupart des restaurants d’alpage ont finalement pu ouvrir à temps.

Au Mont-de-Baulmes, le long hiver a contraint la nouvelle tenancière, Fabienne Estoppey, à repousser de quelques jours l’ouverture de sa buvette.

Au Mont-de-Baulmes, le long hiver a contraint la nouvelle tenancière, Fabienne Estoppey, à repousser de quelques jours l’ouverture de sa buvette. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Sur les hauteurs jurassiennes, l’arrivée du mois de mai rime avec l’ouverture des buvettes d’alpage. Alors que certains l’ont anticipée de huit jours et ont déjà enfourné leurs premières croûtes au fromage la semaine dernière, d’autres ont bien cru que l’hibernation de leur restaurant d’altitude allait se prolonger plus que d’habitude. «Disons que les chalets situés au-dessus de 1300 mètres ne sont pas soumis aux mêmes conditions météo que les autres», sourit Dominique Rochat. Il est depuis quatorze ans patron du Suchet, situé à 1489 mètres d’altitude.

Le chalet de Fabienne Estoppey est situé une trentaine de mètres au-dessous de cette barre symbolique, mais elle comprend bien de quoi il cause. Pour sa première saison au Mont-de-Baulmes, situé à 1271 m d’altitude, elle a été contrainte de revoir sa copie. «On pensait démarrer ce samedi, ce sera finalement mardi», affirme celle qui n’a pu accéder que mercredi dernier à son nouveau lieu de travail. En cause? Les travaux d’élargissement de la route qui conduit sur les hauts de Sainte-Croix n’ont pas pu être commencés en temps voulu à cause de l’épaisse couche de neige qui la recouvrait.

Trois mètres par endroits

Il y a deux semaines, Dominique Rochat ne se donnait guère de chances de pouvoir servir ses premières fondues comme prévu, le week-end du 4-5 mai. «Suivant les secteurs, il y avait encore 3 m de neige. Même en fraisant, ce qu’on n’a plus eu besoin de faire depuis 2012, ça paraissait impossible», souligne-t-il. D’autant plus que la neige était là sans discontinuer depuis novembre et que son fond était de ce fait très compact. Mais la météo a subitement tourné. «En trois jours, tout a changé», confirme Fabienne Estoppey.

Dominique Rochat tire le même constat. Ces deux dernières semaines, il est monté une dizaine de fois au Suchet. À chaque fois, il a pu se garer un peu plus haut. Et donc marcher moins longtemps pour atteindre le chalet. «C’est hallucinant comme c’est allé vite. Sur la terrasse, l’autre jour, il faisait 20 degrés et le vent qui soufflait était chaud. Je pense qu’on ne voit ça qu’une fois par vie!»

Derrière Bullet, Sylvie Oberson, la patronne de la Grandsonnaz-Dessus (1486 m), met du cœur à l’ouvrage pour que tout soit prêt. Ce samedi, elle allume ses fourneaux. Soit une semaine plus tôt que d’habitude, à la demande expresse d’un groupe de vingt personnes. «La route a été ouverte à la fraise par la Commune. Ils viennent de terminer, expliquait-elle mercredi matin. Il y a une semaine, il y avait encore un bon mètre aux endroits où la route traverse la forêt. Et juste avant d’arriver au chalet, 1,80 m.» Outre la neige, les hommes de la voirie ont dû s’employer pour dégager des sapins, couchés par la tempête de janvier.

Un mois d’écart avec 2017

En cinq ans d’exploitation, Sylvie Oberson n’avait encore jamais vu autant de neige à pareille date. «On a comparé avec des photos prises l’an dernier. Il y a un mois d’écart. Le contraste verdure-neige qu’on voit aujourd’hui est le même que sur des prises de vues qui datent du 30 mars 2017.»

Ce n’est toutefois pas parce que la météo s’est tout à coup faite printanière, voire estivale, que les patrons de buvette d’alpage font preuve d’un optimisme béat. Dominique Rochat: «Même avec le temps qu’il fait actuellement, on aura peut-être dix jours de neige en mai…»

Avec pour conséquence de devoir prévenir les clients qu’il n’est plus possible d’accéder au Suchet. D’autant plus qu’à cette période, la plupart de leurs véhicules sont déjà équipés de pneus d’été. «Ça m’est déjà arrivé deux ou trois fois au mois de mai. Il ne faut pas oublier que le dernier kilomètre qui mène ici, c’est une route alpestre.» Ni que c’est toujours la nature qui a le dernier mot. (24 heures)

Créé: 28.04.2018, 18h21

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