Le Café du Nord de Moudon lieu mythique des Brandons

Esprit des pintesBistrot emblématique du cœur de la cité broyarde, là où est lancé le carnaval chaque année, l'établissement est à remettre.

Resté dans son jus au fil des ans, le Café du Nord est désormais à vendre. Chaque année, la Moudelmouzik y lance les Brandons dès le mercredi soir.

Resté dans son jus au fil des ans, le Café du Nord est désormais à vendre. Chaque année, la Moudelmouzik y lance les Brandons dès le mercredi soir. Image: CHRISTIAN BRUN

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Voilà une enseigne familiale historique dont l’avenir est loin d’être garanti. Exploitante du Café du Nord depuis 1982, Marlène Grandjean a décidé de vendre son bâtiment et le café qu’il abrite. En ce mercredi, tous les clients de l’estaminet semblent former une grande famille et chacun s’envoie volontiers des moulures d’une table à l’autre. Si tout le monde comprend que «la grand-mère», comme la surnomme Marylou, souhaite profiter de sa retraite comme il se doit, chacun s’inquiète aussi un peu de l’avenir de ce café ancestral du centre de Moudon, là où la guggenmusik locale lance chaque année les fameux bBrandons dès le mercredi de la fête.

«Il y a une ambiance particulière dans ce café. Je connais la patronne depuis sa naissance et j’apprécie d’y venir deux ou trois fois par semaine pour l’apéro», lâche Georges, dit «Mouzet». À sa table, Marylou et Philippe partagent un ballon de blanc. «Ici, on refait le monde. Chaque fois que je travaille à Moudon, je passe ici», glisse Marylou. Philippe, dit «Potinet», vient pour sa part manger tous les jours dans le restaurant. «C’est donc que je suis content, sourit le client. La patronne propose une cuisine familiale. Et chaque premier mercredi du mois, quand elle prépare la langue, le café est plein. C’est vraiment une pinte où l’on peut encore rigoler et passer du bon temps.»

Dans son jus

Les grands-parents de Marlène Grandjean s’étaient installés à la rue Grenade en 1929. Par la suite, sa mère a aussi exploité le restaurant jusqu’en 1959. Toujours propriété de la famille, l’établissement a ensuite changé de tenanciers jusqu’à ce qu’un problème avec un locataire n’incite Marlène à reprendre l’exploitation de la pinte avec son mari, décédé en 2007. Depuis, elle est seule aux commandes, avec l’aide d’une serveuse à mi-temps et quelques extras. «C’est ouvert du lundi au samedi à 14 heures, mais disons que maintenant, le soir, je laisse ouvert en fonction de la clientèle. S’il n’y a personne, je ferme.»

Au fil des ans, le bistrot est resté dans son jus, avec son comptoir en bois et sa quarantaine de places assises. Aux murs, un panneau et une photo de la Moudelmouzik, qui a son stamm ici, trônent à côté de publicités pour Coca-Cola. Un peu plus loin, des cartes postales rappellent que les clients pensent à la patronne même durant leurs vacances. Une cagnotte et les récents diplômes de Marlène comme membre honoraire de GastroVaud après trente-cinq ans et de membre d’honneur des Brandons et de la Moudelmouzik complètent le décor. À l’étage, une petite salle abrite les séances de groupe du PLR ou des assemblées de sociétés locales. Des membres du chœur du Poyet le lundi ou l’équipe des dames de la danse viennent aussi régulièrement.

«La cuisine est celle que faisaient nos mamans»

Le Café du Nord, c’est surtout l’une des dernières pintes typiques de Moudon. Parmi la clientèle de ce jour, on se rappelle du Saint-Éloi, qui a désormais changé, ou on évoque le Café de la Banque. Tout en glissant à Marylou qu’elle serait bien malheureuse le jour où elle deviendrait aphone, Jean-Marc Rittner avoue aussi être un client fidèle. «J’aime bien la pizza de temps en temps, mais si on ne veut ni une pizza, ni des tacos, ni un kébab, il n’y a plus trop de choix», glisse-t-il. Ce mercredi, après une salade mêlée en entrée, il déguste un rôti de bœuf avec des pâtes et des petits pois. À la carte, le jambon de la borne connaît aussi un certain succès.

«L’accueil est toujours sympathique et la cuisine est celle que faisaient nos mamans», reprend Willy Fivaz, venu avec son épouse, Marinette. Bien qu’il habite à l’autre bout de la ville, il prend l’apéro presque tous les jours vers 17 heures dans le café. «Certains vont en vacances à l’autre bout du monde, moi je vais en vacances chez la mère du Nord», rigole-t-il.

Reste à savoir ce qu’il adviendra des lieux quand Marlène Grandjean aura vendu son bâtiment. Et surtout si elle sera toujours aux commandes de ce lieu mythique des Brandons à mi-mars 2020 pour la prochaine édition du carnaval moudonnois. Son fils et sa petite-fille vivant à Moudon, la patronne ne se voit pas quitter la ville. Mais peut-être trouver un appartement plus accessible pour ses vieux jours.

Créé: 22.09.2019, 11h28

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