Les cantines d'Eldora au menu du Grand conseil

Conflit syndicalLe géant de la restauration collective, aux prises avec le syndicat d'UNIA autour d'un litige dans un restaurant de Ballaigues, est l'objet d'une interpellation d'un député socialiste. Il veut savoir quels sont les contrôles de l'Etat.

L’entreprise de restauration de collectivités Eldora est basée à Rolle.

L’entreprise de restauration de collectivités Eldora est basée à Rolle. Image: Jean-Paul Guinnard

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Le conflit de travail qui opposait une poignée de salariés et leur employeur, l’entreprise de restauration Eldora, prend une tournure politique. Mardi, le député Arnaud Bouverat (PS), accessoirement syndicaliste chez Unia, dépose au Grand Conseil une interpellation visant à connaître les moyens de contrôle dont dispose l’État dans les cuisines du restaurateur.

Et pour cause. Eldora, c’est l’incontournable des cantines vaudoises. L’entreprise se retrouve dans les gymnases, au Service des automobiles et de la navigation, à la police, dans les hautes écoles, les écoles professionnelles, sans parler de toutes les institutions subventionnées par le Canton. Le secteur public, c’est aujourd’hui environ 25 millions (sur 336,7 millions) de chiffre d’affaires pour ce successeur du très social et charitable Département social romand (DSR), organisateur des cantines ouvrières de 1919.

«On ne se rend pas compte de l’ampleur de cet acteur dans le domaine des services de l’État, développe Arnaud Bouverat. On sent que le management de cette entreprise est en évolution et on voit qu’ils n’ont pas su répondre à ce cas à Ballaigues, ça interroge.» Et l’élu de demander si l’État envisageait de diversifier plus son offre de restauration, notamment en l’internalisant.

Le cas de Ballaigues

Le cas de Ballaigues, pour rappel, c’est la dénonciation par quatre salariés, en mai 2018, de séries «d’intimidations et de réflexions dégradantes» de la part de leur supérieur d’alors. L’un d’eux avait porté l’affaire en justice suite à des insultes et des traumatismes. «C’est un cas particulier et j’espère que les députés sauront ne pas faire d’amalgame, réagit le directeur du groupe, Andrew Gordon. Je connais la personne mise en cause et je lui fais totalement confiance. Nous faisons face à un ancien collaborateur dont la mauvaise foi est évidente et nous irons jusqu’au bout s’il le faut. Mais Eldora, ce n’est pas que ça. C’est 2500 employés qui sont très satisfaits de leur travail et pour lesquels nous avons énormément de respect. Le taux de rotation et le taux d’absentéisme sont un des plus bas du secteur.»

Instrumentalisation ou intimidation?

Pour Andrew Gordon, qui ne se dit pas vraiment inquiet de la réaction du Canton («nos clients voient des employés leur sourire tous les jours, ils connaissent nos qualités»), Unia se livre à une campagne d’instrumentalisation. Pour le député, Eldora se livre à une stratégie d’intimidation.

«Ce qui nous inquiète, c’est tout ce qui peut passer sous le radar de la convention collective et des contrôles usuels des marchés publics, réagit Arnaud Bouverat. Il faut s’assurer que la protection des employés de cette branche souvent précaire fasse pleinement partie des critères d’octroi des contrats, et pas seulement sur le papier.»

Eldora, très soucieuse de son image, assure qu’elle a mis en place un organe neutre à disposition des doléances de ses employés, qu’elle est soumise aux contrôles inopinés de la convention collective et que ses dividendes, comme le veut la DSR, qui reste l’unique actionnaire, sont redistribués à de bonnes œuvres.

L’ex-employé de Ballaigues et Eldora risquent quant à eux de se retrouver au Tribunal cantonal.

Créé: 13.11.2019, 18h44

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