Le Castrum revient animer la vieille ville

Yverdon-les-BainsLe festival pluridisciplinaire vivra sa 20e édition dès jeudi. Syndic lors de la première, en 1979, Pierre Duvoisin se souvient.

Si le coeur de la fête bat sur la place Pestalozzi (ici en 1993), la fête a aussi essaimé ailleurs.

Si le coeur de la fête bat sur la place Pestalozzi (ici en 1993), la fête a aussi essaimé ailleurs. Image: ALAIN MARTIN -A

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Le 1er septembre 1979, Michel Brachet ponctue de façon spectaculaire les premiers Jeux du Castrum. Parti de la fontaine de la rue de la Plaine, le funambule progresse sur le filin qui le conduit, 100 m plus loin et 20 m plus haut, au donjon du château. Chemin faisant, il allume torches et fusées qui illuminent la nuit yverdonnoise devant un public médusé. Quarante ans plus tard, alors que le festival pluridisciplinaire s’apprête à vivre sa 20e édition, ceux qui y étaient s’en souviennent encore. Et parmi eux Pierre Duvoisin, alors syndic d’une ville en mal de plaisirs.

Politiquement parlant, l’homme est à la base du rendez-vous qui animera dès jeudi la vieille ville, que certaines éditions auront métamorphosée. «Économiquement, la situation à la fin des années 70 était morose. Les usines – Paillard-Bolex, BAT – fermaient ou étaient en passe de le faire. Nous devions prendre des initiatives avec les moyens du bord pour améliorer l’image de noirceur industrielle de la ville», explique-t-il.

Est alors arrivé Zaneth, animateur de jeunesse à Yverdon. «Il m’a dit: «Il faut qu’on fasse un peu les fous, qu’on s’amuse.» Et il me présente ce qu’il avait déjà imaginé et qui allait devenir Les Jeux du Castrum.» Un nom choisi en référence au site archéologique récemment redécouvert. «C’était ça ou Pestalozzi. Mais le nom castrum a cette connotation romaine qu’on associe aux jeux du cirque», reprend l’ancien conseiller d’État socialiste.

Une somme d’énergies

En 1979, la 1re édition est conduite par le metteur en scène Gil Pidoux. Elle s’articule autour du thème du masque. La Galerie de l’Hôtel de Ville avait du reste exposé tout l’été des pièces issues de collections suisses et européennes. Aujourd’hui, son héritier, le CACY, participe lui aussi au Castrum en accueillant l’exposition «Plastiques», d’Étienne Krähenbühl.

C’est que la collaboration fait partie de l’ADN du Castrum. Le budget plutôt réduit de la première manifestation n’avait guère laissé d’alternatives aux organisateurs. «Les premiers jeux nous ont coûté 10'000 francs. Mais tous les services communaux ont participé. Et les gens n’ont pas compté leur temps», se souvient Pierre Duvoisin. Associations, sociétés ou groupements d’immigrés s’étaient investis dans «cet événement un peu foutraque» qui mélange les genres, réunit jeunes et vieux, gens d’ici et d’ailleurs. «L’idée était aussi d’ouvrir des endroits du centre-ville peu ou pas connus des habitants. Comme les cours et jardins des maisons de la rue du Four où avaient été montées de petites scènes. C’est parti comme ça. Tout le monde a été content. Et moi aussi!»

Depuis, la fête a perduré, a certes été reportée une fois ou l’autre, mais n’a été annulée qu’une seule fois (en 1995, faute de budget). Depuis 2017, elle revient à une cadence annuelle. Octogénaire, Pierre Duvoisin accepte sans peine qu’elle ait évolué. «Je suis toujours cette manifestation, même si je ne la vis plus de A à Z. Elle est déjà plus professionnelle. Mais c’est comme la Fête des Vignerons: celle d’aujourd’hui n’est pas la même que celle de 1977!»

Créé: 11.08.2019, 09h06

Un coup d'oeil au programme

La programmation 2019 du Castrum s’articule autour du mouvement, du métissage, de la détermination et de
l’incertitude. Et cette double édition anniversaire (40 ans et 20e festival) enregistre le retour sur son affiche de spectacles de rue. «Depuis que nous sommes là, donc depuis 2017, nous avons toujours utilisé la rue, mais pas comme scène de spectacles, c’est vrai, reconnaît Damien Frei, directeur et programmateur. Cette année nous avons choisi deux spectacles d’un genre que nous allons sans doute développer de plus en plus, le cirque contemporain.»
Comme c’est le cas depuis 1991, le festival pluridisciplinaire s’étend sur quatre jours. Mais pas question pour l’équipe d’organisation de démarrer tranquillement. Le Castrum n’est pas un marathon, c’est un sprint multiculturel qui doit démarrer en fanfare. En musique en tout cas, puisque le programmateur Damien Frei met toute la soirée d’ouverture, jeudi dans la cour de L’Amalgame, en haut de la liste de ses coups de cœur. Et en particulier «La colonie de vacances». Elle place les spectateurs au centre d’une partie de ping-pong sonore, puisqu’ils assisteront «à quatre concerts simultanés qui se répondent et s’interpellent pour ne former plus qu’un». Autre temps (très) fort, la triple représentation aux aurores (5 h du matin) de «Piano vertical». Du toit du bâtiment de la police, la centaine de spectateurs (les places sont limitées, il faut s’inscrire) suivra l’étrange ballet du pianiste Alain Roche, suspendu dans le vide au-dessus du chantier de la salle de gym Pestalozzi.
F.RA.
Castrum,
du 15 au 18 août
à Yverdon. Tout le programme sur: www.le-castrum.ch

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