Le cercle des skieurs de fond rajeunit et s’étoffe

Massif du JuraLa discipline connaît un regain d’intérêt. Aux Rasses, deux moniteurs de moins de trente ans œuvrent pour casser l’image vieillotte qui colle encore à ce sport

Âgés de 25 et 27 ans, Jéromine Mercier et Nicolas Tissot donnent toujours plus de cours de ski de fond.

Âgés de 25 et 27 ans, Jéromine Mercier et Nicolas Tissot donnent toujours plus de cours de ski de fond. Image: Florian Cella

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Un brouillard épais étreint le domaine des Rasses, le grésil fouette le visage. Sur les pistes de ski de fond, aucune silhouette ne se profile à l’horizon. Manque de pot, on ne verra pas Jéromine Mercier et Nicolas Tissot à l’œuvre. Mais on imagine aisément les deux moniteurs de l’école de ski des Rasses, âgés de 25 et 27 ans, glisser d’une latte allègre et gracile sur les 100 kilomètres de pistes du balcon du Jura.

Rares moniteurs de ski de fond sans cheveux gris en Suisse romande, ils représentent le renouveau de ce sport. «J’ai obtenu mon brevet fédéral de professeur de sports de neige avec une spécialisation en ski de fond l’année dernière, et nous étions seulement trois âgés de moins de 30 ans sur quatorze», confie Jéromine. La Neuchâteloise d’origine était la seule Romande de la volée. Mais de l’avis des acteurs touristiques du massif du Jura, terre de prédilection du ski nordique, cela pourrait changer. «L’image du ski de fond a évolué et ses adeptes rajeunissent», note Cédric Paillard, directeur de Vallée de Joux Tourisme. Même constat pour le président du Groupement des skieurs de fond des Rasses, Hugues Gander. «Il y a un attrait grandissant auprès des 25-35 ans, essentiellement pour le skating (ndlr: technique du pas de patineur), plus sportif.»

Casser les préjugés

À l’école de ski des Rasses, les cours destinés aux fondeurs représentent 5% de la demande totale. Un nombre timide mais en constante augmentation. L’école de ski nordique du Mollendruz ne donne pour sa part pas de chiffre, mais elle reçoit trois ou quatre demandes de cours par semaine. «Ici, contrairement à la France, les gens n’ont pas vraiment le réflexe cours. D’ailleurs, la majorité de nos clients essaient dans un premier temps seuls et c’est face à la difficulté qu’ils font appel à nous», observent Jéromine et Nicolas, tous les deux domiciliés dans le Doubs. Issus de familles de fondeurs, les deux adeptes de glisse chaussent des skis de fond depuis qu’ils sont hauts comme trois pommes. Nicolas a laissé de côté ce sport à l’adolescence, pour y revenir vers la vingtaine. Jéromine, elle, ne l’a jamais quitté, puisqu’elle a évolué au niveau international.

Aujourd’hui, tous les deux ont à cœur de partager largement leur passion et de casser les préjugés dont souffre la discipline. «C’est un sport moins individualiste que le ski alpin. À skis de fond on peut se parler, sourit Nicolas. Et la pratique est accessible à tous. On entend souvent que c’est difficile, exigeant physiquement, mais avec un peu de technique, cela devient ludique.»

La contemplation de la nature, l’effort physique, le fait de ne dépendre d’aucune infrastructure, de se retrouver seul, loin de l’agitation des pistes, sont autant d’arguments avancés par les fondeurs. «Le fond est agréable sur tous les types de neige et il est bien moins dangereux que le ski alpin. Les blessures sont généralement musculaires, il y a très peu de chutes graves», souligne Nicolas Tissot. D’ailleurs, chaque année, des élèves de la 3e à la 6e s’initient aux joies de la discipline, sur les quelque 142 kilomètres de pistes de la vallée de Joux. «Nous accueillons durant la saison 400 élèves de l’établissement primaire et secondaire La Sarraz-Veyron-Venoge», note Jean-Pierre Clerc, responsable de l’école de ski nordique du Mollendruz. Une bonne manière de poursuivre la cure de jouvence de ce sport. (24 heures)

Créé: 11.01.2018, 07h59

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