Charles-Louis Rochat nie que ses chiens aboient trop

JusticeTrois ans après un premier jugement, l’ancien conseiller d’État est à nouveau accusé de trouble à l’ordre public.

Charles-Louis Rochat possède trois chiens qui font trop de bruit, selon deux voisins.

Charles-Louis Rochat possède trois chiens qui font trop de bruit, selon deux voisins. Image: OLIVIER ALLENSPACH - A

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Qu’est-ce qu’un aboiement «audible»? Et doit-il conduire à une dénonciation? C’est en substance la question posée par le Combier Charles-Louis Rochat devant le Tribunal de police de la Broye et du Nord vaudois, lundi matin. Condamné en 2015 pour troubles à l’ordre et à la tranquillité publics de la commune du Lieu, l’ancien conseiller d’État comparaît pour des faits similaires, reprochés à ses trois chiens de chasse. Il est passible d’une amende de deux fois 200 francs, auxquels viendrait s’ajouter le même montant de frais de procédure.

Disciple de Saint-Hubert, l’habitant des Charbonnières est propriétaire de deux setters et d’un briquet griffon vendéen. À deux reprises, en octobre 2017 et en janvier 2018, Charles-Louis Rochat était dénoncé par deux voisins parce que ses bêtes aboyaient. «De manière continue pendant quinze minutes» l’automne dernier et «de 8 h 30 à 9 h 30, puis de 14 h à 16 h 30» en tout début d’année, selon les rapports de police.

Le prévenu ne nie pas. Mais, droit dans ses bottes, il assure à propos du premier cas qu’il «est exceptionnel», tout en garantissant au président Ballif que son «voisin est très attentif» à ce qui se passe chez lui. À propos de la seconde dénonciation, il tient à rappeler, tout en précisant qu’il n’était pas à son domicile ce jour-là, «qu’à cette date-là, à la Vallée, les gens ne font pas leur jardin et ne bronzent pas sur leur terrasse, mais sont plutôt calfeutrés chez eux…»

En 2015, il avait été condamné à une peine pécuniaire de 100 fr. qu’il avait contestée. En cours d’audience, il avait retiré son opposition. «Vu l’angle d’attaque du président d’alors, je me suis dit que c’était ce que j’avais de mieux à faire», a rappelé celui qui fut ministre vaudois de la Sécurité de 1998 à 2007.

Cette fois-ci, le septuagénaire semble plus déterminé. «Il n’est pas interdit à un chien d’aboyer. Et à mon avis, le voisinage a l’obligation tacite de supporter certaines choses. Les principes de proportionnalité et de bonne foi n’ont pas été respectés.»

Pour 12 000 fr. de mesures

C’est que des mesures ont été prises. Les chiens ne passent plus la nuit dehors. Et leur propriétaire a fait installer pour 12 000 francs une barrière antibruit autour de l’enclos de 100 m2 à l’intérieur duquel ils crapahutent. Il a en outre posé un système «dog wash», qui asperge l’intérieur de l’enclos quand les animaux aboient. Le retraité a par ailleurs frappé à la porte de ses voisins – tous sauf les deux dénonciateurs – qui ont accepté de signer une attestation garantissant qu’ils ne sont pas importunés par le bruit des toutous.

Par deux fois Charles-Louis Rochat dit avoir écrit à la Municipalité du Lieu: une fois pour savoir quelles mesures il devait prendre, l’autre pour les inviter à venir voir ce qu’il avait mis en place. Il n’a jamais reçu de réponse.

Mais ce qui l’agace le plus, ce sont les termes utilisés dans les rapports de dénonciation. En les évoquant lundi au tribunal d’Yverdon, l’ancien ministre hausse sensiblement le ton, renforçant du même coup un accent bien de chez nous. «Les policiers ont affirmé une fois «avoir entendu quelques aboiements» et constaté l’autre fois qu’ils étaient «audibles». C’est ça le terme qu’on emploie pour qualifier un bruit justifiant une dénonciation? Pour moi, cela signifie tout simplement que mes chiens ne font pas un bruit susceptible de troubler l’ordre public.» Et quand le président lui fait remarquer que la police est intervenue trente fois pour la même raison, le retraité précise que c’est trente fois depuis 2005 et que seules trois d’entre elles ont débouché sur une dénonciation. Le verdict est attendu dans la semaine. (24 heures)

Créé: 10.09.2018, 18h09

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