À Chavornay, les filles font tomber un bastion masculin

SpectacleLa Revue du foot fête ses 25 ans. Petite révolution: pour la première fois des jeunes femmes monteront sur scène.

Margaux Mercier, Carole et Valérie Lavanchy, Laura Stauffer et Jennifer Cotting (de g. à dr) sont heureuses de faire figure de pionnières.

Margaux Mercier, Carole et Valérie Lavanchy, Laura Stauffer et Jennifer Cotting (de g. à dr) sont heureuses de faire figure de pionnières. Image: PATRICK MARTIN

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Elles s’appellent Jennifer Cotting, Margaux Mercier, Laura Stauffer, Carole et Valérie Lavanchy. Elles ont entre 22 et 36 ans et, unies comme les cinq doigts de la main, s’apprêtent à faire voler en éclats une tradition. Le samedi 26 janvier, quand le rideau se lèvera sur la scène de la grande salle de Chavornay, elles feront tomber un bastion masculin en devenant les premières femmes à jouer pour la Revue locale, qui fête cette année son quart de siècle.

Le mérite de cette révolution revient à celui qui écrit et met en scène la revue depuis quatorze ans, Tim Guillemin, qui évoque une évolution naturelle. «S’il n’y a jamais eu de filles sur scène à Chavornay, c’est bêtement qu’au départ c’est la revue du football club et que, dans les équipes, il n’y avait que des hommes», explique-t-il. Au fil des éditions, la tradition s’est installée, bien qu’en d’autres lieux les filles fassent partie intégrante des revues. «À Thierrens, on a toujours eu des nanas. À notre première sous la forme qu’on lui connaît aujourd’hui, en 1978, elles étaient deux, des sœurs de joueurs du club», souligne Bouillon, l’un des instigateurs de ce rendez-vous qui a soufflé ses 40 bougies en décembre dernier. Mais à Chavornay cette représentation exclusivement masculine est vite devenue l’ADN de la manifestation. «Les acteurs étaient fiers de dire qu’à Chavornay c’était comme dans le théâtre antique: que les rôles féminins revenaient à des hommes qui se déguisaient…» reprend Tim Guillemin.

Quoi qu’il en soit, l’auteur a en quelque sorte introduit les louves dans la bergerie l’année dernière, en proposant à deux femmes d’animer l’avant-revue, ces numéros qui agrémentent le repas précédant le spectacle. «Et puis nous avions aussi une chanteuse, Charlotte, malheureusement décédée l’année dernière, mais il était hors de question pour les gars qu’elle campe un rôle. Elle était là pour chanter. Un point c’est tout.» Le pas semblait difficile à franchir. Mais l’auteur l’a fait. «J’ai dit à la troupe que ceux qui n’étaient pas contents pouvaient s’en aller. Tout le monde est resté, sourit-il. Mais je n’ai pas pu enlever à ceux qui y tiennent beaucoup le plaisir de se déguiser en femmes. Il y aura donc toujours un ou deux rôles de femmes tenus par des acteurs.» Parmi eux, un vieux de la vieille, Jean-François Schneiter, qui emprunte les habits de sa femme depuis la troisième édition. «Je n’étais pas opposé à ce que des femmes montent sur la scène de la Revue, mais c’est un peu comme si on faisait disparaître notre marque de fabrique. Et je suis sûr que certains spectateurs nous le feront remarquer.»

Ces demoiselles sont prévenues. Une fois de plus, serait-on tenté de penser, puisqu’elles affirment vivre dans un village où la séparation des genres existe encore: «Il y a dix ans, il y avait encore une Jeunesse filles et une Jeunesse garçons», soupire Jennifer Cotting.

«On apporte un plus»

Mais, depuis que les répétitions ont débuté, tout va plutôt bien. «On a déjà essuyé quelques remarques, mais toujours sur le ton de la plaisanterie», note Carole Lavanchy. Valérie, sa sœur, enchaîne: «Je sais qu’on nous attend au contour: à nous de prouver ce qu’on vaut. Mais je suis absolument certaine qu’on apporte un plus.» Et Jennifer Cotting de clore le débat: «De toute manière, aujourd’hui il n’y a plus aucune revue 100% masculine…»

À aucun moment les cinq jeunes femmes n’ont hésité à se lancer dans l’aventure. «Toute petite, je venais avec ma maman préparer le souper. J’adorais ça. Quand Tim m’a demandé si ça m’intéresserait de jouer, j’ai pris ça comme un honneur», lance Margaux Mercier. Toutes savaient toutefois où elles mettaient les pieds: pas question pour elles de faire les potiches ou les danseuses de cabaret. «Ma seule condition était de ne pas devoir monter sur scène en maillot de bain. J’avais accepté l’année dernière pour l’avant-revue. Mais c’est bon, ça m’a suffi», conclut Laura Stauffer.

Pas de petites tenues, donc, mais des vêtements… masculins pour deux d’entre elles qui se glisseront, le temps d’une saynète, dans la peau de Donald Trump et d’un recruteur de l’armée. Un juste retour des choses en somme. (24 heures)

Créé: 11.01.2019, 08h18

Revue de Chavornay

Salle polyvalente du Verneret les 26 et 27 janvier, ainsi que les 1er et 2 février. Repas à 19 h, spectacle à 21 h les vendredis et samedis. Repas à 12 h, spectacle à 14 h le dimanche. 65 francs (repas compris). Inscriptions: www.fcchavornay.ch

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