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Au Chemin de Fer de Payerne, café mythique du péril

Depuis deux ans, un jeune couple de tenanciers redonne vie à ce bistrot historique de la cité broyarde.

Le long des voies de chemin de fer et de la rue du Favez, le troquet payernois est le dernier du canton à abriter une piste de quilles en asphalte.
Le long des voies de chemin de fer et de la rue du Favez, le troquet payernois est le dernier du canton à abriter une piste de quilles en asphalte.
JEAN-PAUL GUINNARD

Coronavirus et annulation des Brandons obligent, les restes de confettis sont moins nombreux en ce jeudi de réouverture suivant les festivités carnavalesques escamotées du week-end au Café du Chemin de Fer. Pour qui n’aurait pas eu le temps de boire sa ration annuelle de péril jaune, un shot mythique à base d’eau-de-vie, le patron, Michaël Schorderet (27 ans), assure que la mixture est à la carte toute l’année.

Formé à la gastronomie chez Pierrot Ayer à Fribourg et ancien cuisinier au golf et au karting de Payerne, le tenancier a repris cette pinte traditionnelle avec ses décors boisés depuis juillet 2018. L’endroit qu’il dirige avec sa compagne Clémence Marmy est le dernier du canton à abriter une piste de quilles en asphalte. «Après des périodes plus compliquées, j’ai l’impression que ce bistrot revit depuis que ces deux jeunes l’ont repris», glisse le jovial marchand de boissons Roger Riond, venu récupérer les invendus des Brandons.

À la table ronde, l’avis est le même pour Pierre «Roquet» Marcuard et Thierry «Titi» Delley, qui partagent l’apéritif. «C’est resté un bistrot typique et familial, comme il n’y en a plus beaucoup en ville. On s’y sent à l’aise immédiatement», glisse le second, qui vit à Payerne depuis deux ans. «Et la patronne est jolie et le patron sympa, des fois», taquine le premier.

Un peu plus loin, le facteur retraité Philippe Badoux vante une cuisine traditionnelle et du terroir, qui a tendance à disparaître à Payerne. «C’est encore un restaurant où l’on peut croiser beaucoup de monde qu’on connaît», ajoute le sexagénaire, dont la raison principale de la présence dans ces murs est qu’il est membre du club de quilles du Tivoli. Si la piste historique de cet ancien troquet payernois a été démolie en 1984, ses membres s’entraînent désormais tous les mardis soir sur celle du Chemin de Fer. Quant au club du même nom, il s’entraîne le jeudi. «Comme il n’y a plus de pistes du même type dans le canton, nos concours se déroulent souvent en Singine ou encore à Ins, dans le canton de Berne», poursuit notre interlocuteur.

Mais au fait, depuis quand cet établissement, souvent considéré à tort par les Payernois comme éloigné car il faut traverser les voies de chemin de fer pour l’atteindre, est-il un bistrot? Même la propriétaire des lieux et ancienne exploitante Jacqueline Henderson est bien en peine de répondre à la question. Vivant à l’étage, elle descend quelques marches pour évoquer ses souvenirs. De 1988 à 2009, elle a exploité les lieux avec son mari John, lequel a repris le café que sa maman Marie a dirigé depuis 1971. Cette Singinoise, maman de six enfants, s’est mariée en Angleterre, avant de revenir en Suisse, à Payerne. Ayant grandi dans les environs, Jacqueline se souvient que le bistrot était déjà en place dans les années 50, quand Jean Trezzini était à la barre. Une pergola de vigne décorait alors le bâtiment.

Depuis l’arrivée de Clémence et Michaël aux commandes, un esprit «Chemin de Fer» remet l’endroit sur la bonne voie. Aux murs, des photos noir-blanc rappellent le cadre ferroviaire des environs et les lampes sont fixées sur des rails. En cuisine, Michaël ne propose que des matières fraîches et veut garantir des prix attractifs. «Au début, j’avais une carte, mais la cuisine est toute petite et ce n’était pas facile de jongler entre les différentes propositions», poursuit-il.

Désormais, la formule gagnante est celle d’un menu du jour et de quelques propositions du moment en soirée. La clientèle apprécie notamment des mets de brasserie typiques tels que langue de bœuf, pieds de porc, boudin ou tripes, apprêtés en mode bistronomie. «Il a fallu une bonne année, mais je sens vraiment une reprise depuis quelques semaines», glisse le jeune patron. En ville, plusieurs pensent que les fermetures combinées du Cerf et de La Vente vont encore aller dans le même sens.

Une chose est certaine, plusieurs sociétés locales ont déjà repris goût au Chemin de Fer. C’est notamment le cas de la Guggenmusik Les Rebbibœl’s qui en a fait son stam depuis plusieurs années, s’y retrouvant notamment pour les grimages. Même si les Brandons ont été annulés, les musiciens ont fermé la rue du Favez pour y installer les chaises du café. Encore une anecdote qui restera dans l’histoire de ce séculaire café payernois.

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