Les chiens policiers ont le flair toujours plus aiguisé

SécuritéDepuis 50 ans, les compétences des brigades canines vaudoises s’adaptent à l’évolution de la criminalité.

Que font les chiens policiers vaudois? Réponse en images.
Vidéo: Romain Michaud

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Ambiance studieuse, mercredi après-midi dans les frimas des Cluds. La brigade canine de la police cantonale vaudoise ouvrait les portes de son 50e cours de formation continue des chiens de police. Rendez-vous annuel où une septantaine de conducteurs de chiens venus de Suisse romande mais aussi de France et de Belgique a présenté leurs activités à un public à peine refroidi par quelques flocons. Et un jubilé pour souligner l’importance grandissante des brigades canines dans la sphère policière.

En 2016, les chiens de la police cantonale vaudoise ont été sollicités à 4250 reprises pour un total de 1031 engagements. Des chiffres en constante hausse d’après le capitaine Philippe Bonzon, chef des Unités spéciales.

Les différents ateliers aménagés aux Cluds offrent un aperçu de la palette d’interventions couvertes par les brigades canines. Atelier de défense (pour intercepter l’auteur d’un délit par exemple), recherche de stupéfiants, d’explosifs, de personnes voire de cadavres, le spectre est large. «Le travail des chiens à évolué, au même titre que celui du policier et des technologies utilisées, indique l’adjudant Christophe Ehinger, chef de la brigade canine à la police cantonale. Récemment, la voie sur laquelle nous avons le plus avancé est liée à la menace terroriste.» Le niveau de la formation est en fait ajusté continuellement pour répondre à l’évolution de la criminalité. C’est par exemple le cas pour le volet stupéfiants, en lien avec l’apparition de nouvelles substances. Avec quelques limites tout de même. «Le cannabis légal est signalé par le chien puisqu’il identifie la molécule et pas le taux de THC. Ensuite c’est à l’homme de faire son travail», sourit Philippe Bonzon.

Investigation sans a priori
Jusqu’en 2005, les chiens de police étaient essentiellement utiles à la défense, désormais ils sont largement utilisés pour l’investigation. «En matière criminelle ils sont indispensables car il n’y a pas d’autres moyens de localiser un corps. Ils ont aussi l’avantage de ne pas faire de déduction. Ils vont où l’odeur les guide alors que l’homme va où il pense trouver quelque chose», souligne Christophe Ehinger.

Les brigades canines sont également amenées à couvrir de nouveaux domaines d’intervention. La détection de produits accélérateurs d’incendie par exemple, une compétence travaillée depuis une dizaine d’années seulement. Aux Cluds, l’adjudant émérite Eric Dind et son labrador Zippo se chargent de la démonstration, aux côtés d’un gendarme français Cédric Jeunet. «Le chien est capable de détecter douze produits référencés», précise Eric Dind. Et pas d’en verser des jerricans, les exercices se font sur la base d’une simple goutte déposée sur un vêtement. Un flair impressionnant et sur lequel le temps ne semble pas avoir de prise. En mission, la chienne du gendarme Jeunet est parvenue à détecter la trace d’un produit inflammable un mois après la survenue de l’incendie

(24 heures)

Créé: 27.04.2017, 17h31

Vaud est très bien loti

Avec sa brigade canine professionnelle à 100% et une patrouille permanente, la police cantonale fait figure d’exception. Seul Genève possède également une entité de ce type. Dans les autres corps de police, les permanences se font plutôt à domicile. De plus, les 17 chiens de la gendarmerie vaudoise couvrent l’entier des spécialisations, une exhaustivité que l’on ne retrouve qu’à Berne et Zurich. «Zippo», le labrador de la police cantonale est d’ailleurs le seul chien romand spécialisé dans la détection de produits accélérateurs d’incendie. Une structure complète qui débouche sur un chiffre impressionnant: à l’échelle suisse et parmi toutes les interventions de gendarmerie où les chiens sont engagés, 33% se déroulent sur le territoire vaudois. Parce que la brigade se propose spontanément et parce que cette offre génère une importante demande de la part des patrouilles.

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