Le ciel s’abat sur une filière du tabac en perte de vitesse

BroyeDans un contexte difficile pour toute la filière, les cueilleurs peinent sous les pluies incessantes de l’été.

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Culture traditionnelle en perte de vitesse, l’herbe à Nicot pourrait-elle disparaître des champs broyards? Le nombre de cultivateurs de tabac dans la région, qui fournissent 80% de la production suisse, a fortement diminué ces dernières années. Les perspectives d’avenir incertaines (lire ci-dessous) pourraient encore en décourager d’autres. Mais Fabrice Bersier, agriculteur et président de l’Association des planteurs de tabac de la Broye vaudoise et fribourgeoise, se montre malgré tout optimiste. «Je pense que nous allons réussir à trouver un terrain d’entente avec les industries pour maintenir des perspectives d’avenir pour la production tabacole.»

Problème de personnel
En attendant l’issue des discussions, les producteurs de tabac doivent faire face à un autre problème. Depuis un mois, les cueilleurs tentent de passer entre les gouttes. Pas facile quand les averses se succèdent presque aussi vite que les gitanes au bec de Gainsbourg. Comme les autres agriculteurs, les producteurs de tabac souffrent de cet été arrosé. «Le problème, c’est que les jours de mauvais temps se suivent, les feuilles et les terrains sont gorgés d’eau et n’ont jamais le temps de sécher, explique le producteur de Vesin (FR). Certains agriculteurs ont retardé le début de la récolte d’une semaine, mais ça ne sert pas à grand-chose puisque la météo ne s’améliore pas.»

L’équipe d’une quinzaine de personnes employées par l’agriculteur est composée de saisonniers et d’étudiants de la région. Quand la récolte se fait dans les temps, les feuilles sont toutes rentrées aux environs de la fin d’août. «Les conditions météo rendent complexe la gestion du personnel. Si nous prenons trop de retard, nous ne pourrons plus compter sur la main-d’œuvre d’étudiants, qui auront repris les cours», relève le cultivateur. Cette culture est très gourmande en personnel: pour un hectare de blé, il faut 12 heures de travail, contre 1200 pour un hectare de tabac. Les jours qui raccourcissent en septembre n’arrangent pas les récoltes non plus.

Tabac trempé
Une fois le tabac récolté, à la main, d’autres problèmes surviennent au moment du séchage. «Comme les feuilles sont gorgées d’eau, le tabac sèche mal. Nous devons être très attentifs pour éviter que les feuilles ne pourrissent. Nous essayons de ventiler au mieux les hangars, mais l’air est si chargé en humidité que ça n’est pas très efficace.» D’autres tentent de chauffer leur hangar, mais cela ne fonctionne pas très bien non plus dans ces hauts bâtiments ouverts aux quatre vents.

Au final, le tabac si durement produit aura en plus un rendement plus bas que d’ordinaire. La faute, encore une fois, à la pluie. «A cause de sa haute teneur en eau, le tissu des feuilles est très fin et pèse moins lourd», constate Fabrice Bersier.

Créé: 14.08.2014, 10h25

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