Le Collectif pour la culture expulsé plus vite que prévu

Sainte-CroixLa police est intervenue ce lundi sur l’ancien site Reuge dont une annexe était à nouveau squattée depuis un mois.

Les derniers militants ont entonné <i>Bella Ciao</i> alors que deux activistes étaient emmenés par les forces de l'ordre.

Les derniers militants ont entonné Bella Ciao alors que deux activistes étaient emmenés par les forces de l'ordre. Image: JORDAN HERTIG / JOURNAL DE SAINTE-CROIX

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«Les flics nous avaient donné jusqu’à mardi, à la suite d’un dépôt de plainte, pour décider si nous quittions les lieux que nous occupons depuis fin décembre», explique ce lundi après-midi Ondine, une des permanentes du Collectif pour la culture. Les forces de l’ordre ont débarqué vingt-quatre heures plus tôt pour déloger l’organisation qui s’est installée il y a un mois dans une annexe de l’ancienne usine Reuge, propriété de l’homme d’affaires Jürg Stäubli. Ou plutôt réinstallée sur ce site qu’elle avait déjà occupé de novembre à mi-décembre.

Devant la bâtisse, une quinzaine de sympathisants – la majorité ayant fait le déplacement dans l’urgence – discutent alors qu'une dizaine de policiers observent la scène. Les hommes en uniforme attendent que les squatteurs se déterminent. «Nous en avons discuté ce week-end, mais nous pensions en débattre encore mardi avec toutes les personnes intéressées par notre action. La décision ne nous appartient pas, nous sommes un collectif, pas des individualités», poursuit Ondine. C’est pourtant bien elle et son comparse, Gilles, que la police est venue chercher.

Pas de soutien de la Municipalité

«Nous voulons mettre en place un lieu de réflexion pour aborder des questions sociales, environnementales et culturelles, et nous continuerons, ici ou ailleurs, renchérit ce dernier. Tout dépendra du soutien de la population.» Le collectif ne pourra visiblement pas compter sur celui de la Municipalité, à en croire son syndic. «Nous sommes très attachés à toutes ces thématiques, mais il y a le fond et la forme, confie le socialiste Cédric Roten. La propriété privée doit être respectée, et je suis d’avis que nous devons d’abord mettre de l’énergie pour aider les acteurs de la place: le cinéma, la Galerie Le Bunker, l’école de cirque et les artistes locaux.»

Du soutien, les militants en ont pourtant trouvé auprès du cinéma. «La Municipalité n’a peut-être pas compris l’urgence, tonne Adeline Stern, l’exploitante du Royal. Leur action palliait un vrai manque. Il y a une réelle demande, à laquelle notre seul cinéma ne peut pas répondre.»

C’est ce moment que choisit le chef d’intervention pour donner un dernier ultimatum, après des échanges polis. «Nous sommes intervenus plus tôt parce qu’on a appris que des appels au rassemblement étaient publiés sur les réseaux sociaux. Veuillez maintenant nous suivre à Yverdon, où nous allons discuter de la procédure en cours.» Ce que les deux permanents ont fait, alors que les derniers activistes arrivés sur place entonnaient «Bella Ciao», le chant antifasciste. De son côté, le propriétaire n’a pas répondu à nos sollicitations.

Créé: 03.02.2020, 19h51

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