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À Concise, le projet de carrière est dynamité

Une large majorité des votants a soutenu le référendum. Le syndic craint pour les finances du village.

La carrière était imaginée sur les flancs du Mont-Aubert.
La carrière était imaginée sur les flancs du Mont-Aubert.
Jean-Paul Guinnard

«Il y a eu une vraie prise de conscience, se réjouit Christos Nüssli, président du comité référendaire victorieux qui s’opposait à un projet de carrière sur le Mont-Aubert. Les Concisois ont compris à quel point la préservation du paysage et de la nature est importante. L’impressionnante mobilisation du jour le démontre. On est soulagé.» Dimanche, dans le village du bord du lac de Neuchâtel, le taux de participation a dépassé les 71%. «C’est énorme», commente Stéphane Fanchini, président du Conseil communal.

Il faut dire que l’enjeu était de taille. Appelée aux urnes à la suite du dépôt d’un référendum il y a quelques mois, la population devait décider si le projet de carrière de 24 hectares du Bois de la Côte sur le Mont-Aubert (voir infographie) allait se réaliser ou non. À environ 67 %, les votants ont décidé de le dynamiter en refusant que la servitude pour l’exploitation de la carrière puisse être signée par la Municipalité.

Vers une hausse d’impôts

Un profond fossé séparait pro et anticarrière, et il s’est fait sentir jusqu’aux dernières secondes du dépouillement. «Les opposants ont fait appel à des observateurs, reprend Stéphane Fanchini. C’est leur droit, mais cela traduit le fait qu’ils ne font pas confiance aux membres du bureau. Je trouve cela limite limite et pas très respectueux pour les miliciens qui passent leur dimanche à dépouiller les votes alors qu’ils auraient sûrement autre chose à faire.»

À l’inverse, du côté des vainqueurs, on se félicite de la bonne tenue des débats et des échanges qui ont nourri leur campagne. «La nature de cette partie du Nord vaudois est encore très préservée, argumente Christos Nüssli, qui n’osait pas espérer un résultat aussi franc. Veut-on voir la région devenir aussi bétonnée et saturée que l’arc lémanique? Le peuple a tranché. Chacun a eu l’occasion de forger son avis.»

Pour l’Exécutif de la localité, cependant, l’heure n’est pas à la fête. En effet, la carrière devait servir à renflouer les caisses de la Commune. Le syndic, Patrick Jaggi, assurait que son village avait impérativement besoin des retombées qu’elle générerait, soit 300'000 à 600'000 francs par année sur près de trente ans. Quelles sont désormais les pistes envisagées pour parvenir à l’équilibre financier? «Je n’ai pas de baguette magique, lâche le syndic, un peu amer. Il va soit falloir diminuer les services, qui sont déjà limités, soit augmenter le taux d’imposition. Dans tous les cas, le peuple s’est prononcé et son choix est on ne peut plus clair.» Il reprend, sans masquer ses inquiétudes: «J’espère maintenant que les opposants seront cohérents: on ne peut pas refuser la carrière puis s’opposer à une hausse de la fiscalité. Nous n’avons tout simplement plus le choix. Nous ne pouvons même plus assurer le minimum, comme l’entretien des bâtiments communaux. Nous allons devoir empoigner la question dès cette année car notre dette continue de grimper.»

Toujours selon l’édile, un des arguments des opposants risquerait à terme de se retourner contre eux. «Ils défendaient notamment que la carrière allait avoir un impact négatif sur la valeur des biens immobiliers à Concise, indique Patrick Jaggi. Ils se rendront compte qu’un taux d’imposition supérieur à 75 points aura aussi des conséquences peu souhaitables.»

«Rester mobilisés»

Si le fort soutien populaire rassure les initiateurs du référendum, ils ne se laissent pas tromper par l’euphorie générale: le résultat de dimanche ne représente «malheureusement» qu’une victoire d’étape. «Un nouveau projet du genre pourrait surgir dans les deux ou trois ans, prophétise Christos Nüssli. Il va falloir rester mobilisés. Mais d’ici là, avec l’Association des Amis du Mont Aubert, on espère convaincre les villages voisins et la région, voire tout le canton, que ce site naturel remarquable doit absolument être préservé.»

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