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Un couple de Romainmôtier transforme le bois local en surfs

Passionnés par ce sport de glisse, Marius Boulaz et Laetitia Urfer créent des planches décoratives de toutes pièces.

Laetitia Urfer et Marius Boulaz réalisent des surfs chez eux, depuis février dernier.
Laetitia Urfer et Marius Boulaz réalisent des surfs chez eux, depuis février dernier.
FLORIAN CELLA

Elle est artiste par passion, pour le dessin surtout. Lui est artisan par métier, bûcheron-débardeur plus précisément. Ensemble, Laetitia Urfer et Marius Boulaz ont une même attirance pour le surf. Le couple, qui vit à Romainmôtier, a donc trouvé le moyen de rassembler ces trois éléments en une seule et même activité commune: créer de toutes pièces des planches de surf décoratives.

Devant leur belle maison villageoise, une imposante machine de menuiserie entourée de sciure et de chutes de bois, une demi-douzaine de surfs alignés contre une façade et… le glouglou du ruisseau qui coule devant chez eux, celui qui a donné son nom au projet, Les Planches du Nozon. Le projet s’est concrétisé début 2019, mais il mûrissait gentiment depuis plusieurs années.

De l’Australie aux Canaries

Tous deux adeptes de wakesurf qu’ils pratiquent assidûment durant l’été sur le lac de Neuchâtel avec des amis, Marius et Laetitia ont découvert tour à tour le «vrai» surf. «Moi, c’était à Fuerteventura, aux Canaries en 2017», explique Marius. Pour Laetitia, la révélation avait eu lieu deux ans plus tôt lors d’un séjour linguistique sur la Gold Coast australienne. L’émerveillement se lit dans ses yeux lorsqu’elle évoque cette région du globe, la Mecque de la discipline. «Le surf, ce n’est pas qu’un sport, c’est un état d’esprit», concède-t-elle en avouant avoir été contaminée là-bas par ce virus.

«Travailler une matière première de proximité, on y tient par philosophie, mais aussi parce qu’en raison des sécheresses qui se répètent et des tempêtes qui ont couché énormément d’arbres à l’étranger, le bois indigène a perdu beaucoup de sa valeur»Marius Boulaz, Les Planches du Nozon

En février dernier, c’est le déclic. «J’ai eu une lubie et j’ai demandé à Marius de me faire un surf.» Publié sur les réseaux sociaux, le résultat plutôt réussi est vite remarqué. Et prend de l’ampleur par le bouche à oreille technologique. «Un ami m’a demandé une planche, puis on m’en a commandé une autre, et encore une autre.» Au final, c’est une trentaine de surfs que le couple a réalisés en à peine plus de dix mois, valorisant différemment le bois de la région. De l’épicéa surtout, mais aussi du mélèze et du sapin de Douglas. «Travailler une matière première de proximité, on y tient par philosophie, mais aussi parce qu’en raison des sécheresses qui se répètent et des tempêtes qui ont couché énormément d’arbres à l’étranger, le bois indigène a perdu beaucoup de sa valeur», souligne Marius Boulaz.

Dix-huit heures de travail

En partant de billons que ce bûcheron indépendant récupère, notamment via son travail de déchiquetage, environ cinq heures sont nécessaires pour créer les surfs. Leur longueur varie de 50 cm à 2 m selon les envies et la bourse de l’acheteur (il faut compter 400 francs pour une petite planche, 1000 pour la plus grande). Mode d’emploi? «Je déligne la pièce de bois pour en faire des carrelets que je colle ensemble. Les planches sont ensuite formées à la tronçonneuse, puis rabotées, façonnées. Et puis poncées, poncées et encore poncées avant d’être enduites d’une couche de protection.» Laetitia Urfer peut alors entrer en jeu et apporter à l’objet sa touche artistique. Un travail d’environ treize heures qui commence par le dessin à main levée du motif sur le surf. «Ensuite de quoi je l’appose de manière définitive avec des stylos acryliques», explique-t-elle.

Suivant ses envies et inclinations, la jeune femme a donné aux premières Planches du Nozon un style «mandala» qui incarne au mieux l’esprit surf, plage de sable, vagues, fleurs de frangipanier ou d’hibiscus et palmiers. «Mais j’en réalise aussi volontiers des plus «suisses», façon Poya», sourit-elle.

En février, le nom Les Planches du Nozon deviendra aussi celui d’une boutique-atelier que le couple de Romainmonastériens exploitera, au centre du bourg. «Les gens pourront y voir naître nos planches avant qu’on les expose», souligne Laetitia. L’espace devrait également permettre de présenter les créations d’amis artisans du coin. Entoureront-elles le premier surf avec lequel Marius et Laetitia pourraient vraiment glisser sur le lac? «Je vais m’y atteler, c’est sûr. Le bois d’épicéa devrait rendre la chose possible», sourit le trentenaire. Et son motif? «Un mandala, évidemment», conclut Laetitia.

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