Malgré la crise, l’armée a surveillé le ciel de nuit

PayerneAlors que la vie s’est arrêtée, les forces aériennes ont poursuivi leurs entraînements de police du ciel.

La police du ciel continue sera assurée depuis la base aérienne de Payerne.

La police du ciel continue sera assurée depuis la base aérienne de Payerne. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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«Le message est mauvais et la population ne peut pas le comprendre». Détenteur d’une licence de vol privée, membre d’Espace Passion, l’association qui finance le musée de l’aviation militaire de Payerne et ancien conseiller communal PLR, Gilbert Guignard est loin d’être un pourfendeur de l’armée. Pourtant, ce week-end, ce lecteur de 24heures s’est ému que l’armée ait poursuivi sa campagne d’entraînement à la police aérienne en permanence, alors que le pays vivait déjà largement au ralenti en raison de la pandémie de coronavirus. Comme d’autres lecteurs, il s’est fendu d’un courrier à la rédaction.

«Où est le caractère indispensable de l’activité? Quid du souci de préserver la santé des employés de l’aérodrome, obligés de s’exposer pour une activité dont le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle est futile par les temps qui courent?» questionne notamment ce médecin retraité dans sa missive. «On conseille aux chantiers de s’arrêter, on demande aux orthopédistes de renvoyer leurs opérations chirurgicales non urgentes, alors que c’est aussi leur entraînement, et les forces aériennes ne semblent pas concernées. Elles dépendent du Conseil fédéral et devraient plutôt montrer l’exemple», ajoute-t-il par téléphone.

Alors que la police aérienne est assurée de 6h à 22h par deux avions de chasse F/A-18 prêts au décollage en 15 minutes depuis début 2019, elle le sera en permanence dès le 1er janvier 2021. Afin de se préparer à cette échéance, les forces aériennes organisaient deux semaines d’entraînement à journée continue, du 9 au 20 mars. «Les processus planifiés pour un service 24h/24 ont démontré qu'ils fonctionnent», lâche Delphine Allemand, porte-parole de l’armée, en guise de bilan.

Deux vols d'urgence

Durant ces douze jours, les frelons dévolus à la police aérienne ont décollé à deux reprises entre 20h et 6h lors d’une alarme, soit le mercredi 11 mars vers 2h30 et le mardi 17 mars vers 23h. Le second décollage a donc eu lieu après que le Conseil fédéral ait étendu ses mesures de confinement. Un internaute broyard se posait la question d’une attaque de coronavirus par les airs.

«Le Covid-19 impacte fortement nos vies. Mais notre Constitution donne aussi à l’armée pour mission de garantir la disponibilité opérationnelle de ses troupes en toutes situations», ajoute Delphine Allemand. Ainsi, les pilotes de jet doivent maintenir leur niveau d’entraînement. L’armée précise encore que ses équipes ont respecté les prescriptions d’hygiène recommandées, de même que la distance sociale nécessaire.

«Tout le monde avait prévu des tas de choses. J’imagine que nos pays voisins ont d’autres problèmes à régler ces jours que de penser à envahir la Suisse et ces essais auraient donc dû être retardés», reprend le Dr Guignard, pas convaincu. L’armée reconnaît avoir songé à une interruption de cette phase de test. «Mais comme celle-ci est un élément très important pour garantir la mission politique d'établir un service police aérienne permanent et une planification plus tard dans l'année était difficilement faisable, il a été décidé de la continuer avec un minimum de nuisances pour la population», répond Daniel Reist, chef relations médias au DDPS.

Groupe de concertation annulé

Les voisins de la base aérienne devraient ainsi pouvoir dormir sur leurs deux oreilles pour le reste de l’année 2020, aucune autre phase de test n’étant prévue, sauf si l’analyse détaillée de ces essais devait apporter des enseignements différents. Selon la planification, les vols entre 22h et 6h devraient rester des exceptions liées à des situations d’urgence. Quant aux entraînements nocturnes, ils resteront les mêmes en 2021, soit le lundi soir normalement, «avec parfois des vols occasionnels le mercredi soir pour les pilotes PA24 uniquement».

Cet aspect est loin de rassurer l’Association pour la sauvegarde des intérêts des communes riveraines de l’aérodrome militaire (ASIC). «Les missions d’urgence, qui sont très rares, ne nous posent pas de problèmes, mais nous souhaitons une modification du règlement d’exploitation militaire pour cadrer précisément les vols de contrôle, nommés live missions», note Cédric Péclard, député fribourgeois indépendant, syndic de la commune des Montets et président de l’ASIC. Ironie de l’histoire, la prochaine séance du groupe de concertation de l’aérodrome, prévue courant avril et où il souhaitait défendre sa position, a été annulée en raison de la pandémie de coronavirus.

Créé: 24.03.2020, 17h32

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