Deal musical: «A vous le hip hop, à nous l’électro»

BroyeLa direction du Rock Oz’Arènes d’Avenches a pris contact avec celle de l’Estivale d’Estavayer pour se répartir les styles.

La soirée hip hop de la dernière édition de Rock Oz'Arènes était celle qui avait attiré le moins de monde à Avenches.

La soirée hip hop de la dernière édition de Rock Oz'Arènes était celle qui avait attiré le moins de monde à Avenches. Image: DR

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«Vous gardez le hip-hop et nous n’en programmons plus et, dans le même temps, le Rock Oz’Arènes garde la main sur le style électro.» Tel est, en substance, le contenu d’un coup de fil passé courant novembre par Charlotte Carrel, directrice de l’événement avenchois, à son homologue Nicolas Bally, à la tête de l’Estivale d’Estavayer-le-Lac. Un appel confirmé par le Staviacois, qui n’est toutefois pas entré totalement dans le deal ayant pour but d’atténuer la concurrence entre les deux rendez-vous musicaux de l’été broyard.

Créés au début des années 90, les deux festivals distants d’une vingtaine de kilomètres cumulent les points communs. Tous deux s’organisent en plein été, après les mastodontes que sont le Montreux Jazz et le Paléo de Nyon et peuvent accueillir jusqu’à 8000 spectateurs, depuis que le rendez-vous fribourgeois a modifié son infrastructure en 2016. Affichant une ligne grand public avec rap, rock et chanson française, Estivale et Rock Oz’Arènes bénéficient chacun d’un site d’exception, à savoir le bord du lac à Estavayer et les arènes romaines à Avenches.

Autant dire que s’il n’y a officiellement aucun conflit entre les deux, ils se font clairement concurrence. Pour l’illustrer, il suffit de comparer leurs courbes de fréquentation. Alors que 45'000 personnes se pressaient à Avenches en 2015, ils n’étaient que 31'000 l’été dernier. Au bord du lac de Neuchâtel, où le bénévolat reste de mise, c’est tout le contraire. Ainsi, quelque 40'000 festivaliers ont franchi les portes d’entrée du site, dont 35'000 payants, alors qu’ils n’étaient que 25'000 il y a deux ans, quand l’Estivale a décidé de franchir un palier.

De l’électro à Estavayer

«Dans les grandes lignes, on est d’accord qu’il faut éviter au maximum de proposer une affiche semblable et essayer de se démarquer de la concurrence, commente Nicolas Bally. Mais nous n’avons pas envie de nous priver totalement d’un style musical, ce d’autant plus que nous étions en contact avec un artiste électro pour une fin de soirée en 2019.» Tout en restant ouvert à travailler du mieux possible ensemble, le directeur staviacois a donc poliment décliné l’invitation, pour ne pas devoir cloisonner l’Estivale. Après plusieurs contacts infructueux, Charlotte Carrel nous a fait savoir juste avant Noël qu’elle ne souhaitait pas s’exprimer sur la problématique dans l’immédiat.

Pourtant, plusieurs questions agitent le petit milieu culturel broyard depuis quelques jours. Notamment celle de savoir quel était l’état de la programmation avenchoise au moment du téléphone. «De notre côté, à part un artiste pour lequel nous attendions encore une confirmation, tous les groupes prévus sur la grande scène étaient déjà réservés», précise Nicolas Bally. Forcément, plus les emplettes sont faites en avance, plus le choix est large.

Soirée hip-hop délicate

Rock Oz’Arènes ayant connu sa plus faible fréquentation de l’édition 2018 lors de la soirée hip-hop avec Damso, MHD et Stress au programme, il se murmure aussi que sa direction aurait réalisé une bonne affaire en tirant un trait définitif sur le rap. D’autant plus que dans le milieu du hip-hop francophone, les discussions vont bon train sur l’accueil réservé lors des différents rendez-vous de l’été. S’il n’est pas au top, cela peut se savoir.

Dans le même temps, le retour de la soirée Electroz’Arènes avait fait le plein. Ainsi, une double ration de musique électronique sera proposée l’été prochain dans les arènes. Le festival avenchois l’a communiqué il y a quelques jours en annonçant aussi la venue de Scorpions, Wardruna, Alan Stivell, Christophe Maé, Bénabar et Boulevard des Airs, entre les 14 et 18 août. À Estavayer-le-Lac, The Hives, Orelsan, Dizis la Peste, Julien Clerc, Bernard Lavilliers ou Roméo Elvis feront vibrer le bord du lac, deux semaines plus tôt, du 31 juillet au 3 août. Des tarifs préférentiels sont proposés pour la période des fêtes de fin d’année.

Créé: 28.12.2018, 18h13

Turbulences à Payerne et Cheyres

Deux autres festivals broyards ont connu quelques turbulences depuis leur dernière édition, cet été. À Payerne, le Red Pigs Festival n’avait attiré que 2800 visiteurs fin juin, alors qu’il en espérait 5000. Le bilan financier étant déficitaire, les organisateurs ont dû actionner la garantie de déficit communale. Et vont réduire la voilure pour la prochaine édition, prévue du 27 au 29 juin.

«Pour cette dernière sur la place de la Concorde, nous nous dirigeons vers une seule soirée payante et deux gratuites, avec une seule scène pour des questions de coûts», présente Christian Friedli, président d’organisation d’un comité qui a été passablement renouvelé durant l’été.

Alors que la page Facebook de l’événement annonçait une programmation bientôt en ligne le 30 octobre dernier, rien n’a été dévoilé depuis lors. Et les Payernois n’ont pas croisé l’habituel stand du rendez-vous lors des ouvertures nocturnes des Fêtes. «Nous étions sur le point de signer une tête d’affiche et cela ne s’est finalement pas concrétisé, poursuit le président. Depuis lors, la programmation a bien avancé, mais nous avons estimé qu’il valait mieux laisser passer les fêtes de fin d’année pour la dévoiler.»

Au bord du lac de Neuchâtel, le Festi’Cheyres a aussi connu des difficultés cet automne après son rendez-vous de juillet dernier. À tel point que la 13e édition prévue en 2019 a été remise en cause un moment, faute de bénévoles en suffisance, mais le festival de Cheyres aura bien lieu du 12 au 14 juillet.

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