«Pourquoi détruirait-on une STEP qui va bien?»

HenniezLa commune broyarde envisage de modifier son infrastructure intercommunale plutôt que de rejoindre le projet régional prévu à Lucens.

La step d'Henniez a été mise en service en 1987.

La step d'Henniez a été mise en service en 1987. Image: GOOGLE STREET VIEW

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Henniez se connectera-t-elle à la nouvelle station d’épuration (STEP) intercommunale et intercantonale qui devrait être mise en service d’ici à 2026 sur le site de l’actuelle STEP de Lucens? Pas sûr. Les autorités municipales ont en effet dans l’idée de conserver – et rénover – leur infrastructure actuelle.

Mise en service en 1987 et traitant les micropolluants depuis pile une année, elle gère les eaux usées de Surpierre et de Valbroye (qui en sont également propriétaires), ainsi que celles de Prévonloup, de Dompierre et de Nestlé Waters. La population a été invitée jeudi soir à une séance d’information concernant ses projets d’avenir. Le syndic, Yannick Escher, fait le point, au nom de l’Exécutif broyard.

Pourquoi avoir mis sur pied une telle séance?
Simplement pour informer les gens, car lors du dernier Conseil général, des personnes ont pris la parole et leurs interventions étaient très violentes. On connaît l’attachement des gens à la STEP et à ses coûts qui doubleraient si on se rallie au projet régional. Si notre infrastructure était fichue, d’accord. Mais les études faites prouvent le contraire. Les chiffres, on les a présentés ce soir (ndlr: jeudi). Ils sont bons et la STEP ne gaspille pas de kilowattheures. Je ne vois dès lors pas pourquoi on devrait la détruire pour se tourner vers une solution plus chère. Mais nous voulons un choix démocratique. En juin prochain, nous viendrons devant le Conseil avec deux préavis distincts. Un pour le projet de Lucens, l’autre pour celui qui concerne notre STEP. Les deux seront défendus. Et le Conseil choisira.

Justement, votre projet: en quoi consiste-t-il en quelques mots?
Nous avons notre STEP. Mais on s’aperçoit que le monde de demain est un monde de coopération. Raison pour laquelle nous voulons changer les statuts de notre station d’épuration et en faire une coopérative. Que cela soit un projet participatif qui intègre les industries, la société civile et les communes. Notre projet tourne davantage autour de l’écologie et du développement durable. On étudie par exemple la possibilité de faire du biogaz avec les boues.

L’infrastructure n’est tout de même pas toute neuve. Devrez-vous l’adapter?
Nous avons des investissements prévus. À court et à plus long terme. Nous allons devoir réaliser d’ici à 2021 pour 130'000 francs de travaux, notamment pour changer une des deux vis d’Archimède. Et puis, à l’horizon 2025 environ, nous aurions encore 330'000 francs de plus à sortir, entre autres pour la deuxième vis d’Archimède et le tambour d’épaississement. L’ensemble sera en partie financé par les fonds de réserve dont nous disposons.

La commune d’Henniez n’est pas seule dans la structure actuelle, il y a d’autres communes et Nestlé Waters. Qu’en sera-t-il s’ils ne vous suivent pas?
Nous avons esquissé ce scénario, bien sûr. Mais nous pensons que nous ne nous retrouverons pas tout seuls.

Créé: 15.02.2020, 08h24

Trois autres communes réfléchissent

La commune d’Henniez n’est pas la seule utilisatrice de la STEP installée sur son territoire depuis une trentaine d’années. Si les Communes de Dompierre, de Prévonloup et de Valbroye ne sont pas foncièrement opposées à une forme de statu quo, elles aimeraient tout de même disposer de certaines garanties, ainsi que l’a rappelé Guy Delpedro, syndic de Valbroye, jeudi soir.

«Nous étudions la possibilité de rester dans la STEP d’Henniez. Toutefois, pour faire cette proposition à nos Conseils, nous avons besoin d’un certain nombre de confirmations dont nous ne disposons pour l’heure pas. Ne serait-ce par exemple que de savoir si le projet est viable sans Nestlé Waters. Avons-nous la garantie formelle que l’entreprise restera?»

L’édile s’est par ailleurs étonné de l’absence d’une «deuxième ligne de vie» – et de l’impact financier que sa réalisation impliquerait – à Henniez, alors que cette «sécurité» semble avoir été imposée par le Canton au projet de Lucens. Au cœur des interrogations se trouvent également les collecteurs communs et leur entretien, que le projet de STEP régionale prend à sa charge.

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