Deux aérostiers romands gonflés à bloc

Ballon à gazDeuxième en 2016, Fribourg challenge – qui emmène à son bord un Vaudois – rêve d’un sacre mondial, lors de la 61e Gordon Bennett, ce week-end.

Le Fribourgeois Laurent Sciboz et son coéquipier de Château-d’Œx Nicolas Tièche sont prêts à s'envoler.

Le Fribourgeois Laurent Sciboz et son coéquipier de Château-d’Œx Nicolas Tièche sont prêts à s'envoler. Image: Jean-Paul Guinnard

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Objectif cap Nord! Non parce que c’est là que les vents risquent de pousser le ballon Fribourg/Freiburg Challenge, dès vendredi lors de la 61e coupe Gordon Bennett, mais «parce que c’est l’endroit le plus éloigné d’Epagny, en Gruyère. Si on l’atteint, on gagne.» Le Fribourgeois Laurent Sciboz et son coéquipier de Château-d’Œx Nicolas Tièche affichent leurs ambitions: «En 2015, nous sommes arrivés 3e. L’an dernier, nous avons terminé 2e. Cette année, on va tâcher de faire mieux.»

Il faut dire que ce trophée, dédié aux ballons à gaz, est prestigieux: née en 1906, il s’agit de la plus ancienne compétition aérostatique au monde. «Une quarantaine de ballons à gaz volent dans le monde. La crème de la discipline sera présente ce week-end en Gruyère, décrit Laurent Sciboz. Remporter cette coupe équivaut à un titre de champion du monde.»

Règles simples, art compliqué

Chaque équipage part avec une enveloppe pleine de 1000 m3 d’hydrogène et un maximum de sacs de sable. L’objectif est d’aller le plus loin possible, décrivent ceux qui ont atterri en septembre dernier en Calabre, après un vol de 51 heures et 1590 km. Rien de plus simple, donc. A ceci près que les aérostiers disposent comme moyens de pilotage d’une pelle et de sable. Et d’un arsenal d’outils de guidage sophistiqués développés notamment par les étudiants et professeurs de la HES-SO Fribourg.

Pour faire la différence, le duo romand s’entraîne d’arrache-pied depuis de longs mois, misant avant tout sur les vols de nuit. Dans l’ombre, les quatre contrôleurs aériens – bénévoles – qui suivront le ballon depuis leur base à Fribourg travaillent depuis des mois. «Ils font un gros travail pour négocier les autorisations de survol qu’il nous faudra demander et obtenir lors du vol.»

Samedi était une journée cruciale pour l’équipe, composée donc de deux aérostiers, de la direction du PC Course, de trois météorologues et des quatre contrôleurs aériens. Un ultime briefing a permis de régler les détails organisationnels et de tester l’état de santé du matériel. «On gonfle le ballon à l’air pour colmater les éventuels trous, on lave l’enveloppe pour qu’elle soit plus blanche que blanche.» Le but de la manœuvre est double: «Il faut avoir bonne façon: l’événement est retransmis par plus de 300 médias dans le monde; CNN a diffusé 38 minutes de cette course l’an dernier. Et plus l’enveloppe réfléchit la lumière du soleil, plus on réduit les écarts de températures à l’intérieur. Et donc plus on peut aller loin.»

Il s’agit également de vérifier qu’aucun élément ne manque à l’appel. «Si on oublie une seule chose importante, comme l’antenne du transpondeur, la course est perdue. On doit aussi prévoir du matériel à double: aux altitudes auxquelles nous volons – jusqu’à 6000 m –, il gèle.»

Régime et exercice

Les pilotes prennent également soin d’eux. Notamment en suivant un régime strict. «On stabilise notre poids à 70 kg, poursuit Laurent Sciboz. Chaque kilo compte. La course se joue souvent lors de la dernière nuit. Or, il faut cinq sacs de sables pour tenir une nuit. Si on peut aborder la dernière avec cinq sacs au lieu de deux, ça fait toute la différence.» Le Fribourgeois s’astreint à un entraînement physique drastique. «J’essaie de faire 1000 m de natation tous les jours. Parce qu’on doit être en forme pour le vol et, parce qu’un jour, peut-être, on pourrait passer à l’eau.»

Pour les aérostiers, la concentration sera un outil central, surtout dans les toutes dernières heures. Afin de les aborder sereinement, le duo a déjà modifié ses horaires de sommeil il y a plusieurs mois. «Je dors de 20 h à 4 h du matin et Nicolas de 1 h à 7 h. On a établi un rythme semblable à celui que nous adopterons en vol.»

Après cette préparation spartiate, les derniers jours précédant la course auront l’air relativement calmes. Pour affiner la stratégie et connaître plus précisément la direction du vent, il faudra attendre les prévisions météo, dès mercredi. Première fenêtre d’envol: vendredi soir. S’ensuivra un voyage lent et majestueux qui devrait durer trois à quatre jours. Bon vent. (24 heures)

Créé: 03.09.2017, 17h17

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