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Dix-huit ans requis contre le meurtrier d'Assens

En mars dernier, le Tribunal criminel d'Yverdon-les-Bains avait écarté l'assassinat au profit du meurtre. Le Ministère public penche pour l'assassinat et réclame une peine plus lourde.

L’accusé face à ses juges au tribunal criminel. A gauche, parmi les plaignants, la sœur vraie jumelle de la victime.
L’accusé face à ses juges au tribunal criminel. A gauche, parmi les plaignants, la sœur vraie jumelle de la victime.
PATRICK TONDEUX

L’homme arrive menotté dans la salle du Tribunal cantonal. Il purge une peine de 14 ans de prison pour avoir tué son épouse dans la nuit du 27 au 28 octobre 2012. Il s’agit de T.G, le père du petit garçon qui avait 3 mois au moment du drame.

Jeudi, face à la Cour d’appel pénale, il a expliqué, d’une voix parfois inaudible, pourquoi il a fait croire pendant 45 jours que sa femme avait disparu. En fait, il avait enterré le corps dans un bois proche de sa maison, à Assens: «C’était impératif que je gagne du temps dans l’intérêt de mon fils», affirme-t-il. T.G ne voulait pas que le petit soit pris en charge par sa tante et sa belle-famille. «Il a tout fait pour que son enfant soit remis progressivement à une famille d’accueil», explique son avocate, Me Manuela Ryter Godel.

Selon le père, «la situation actuelle de mon fils est la meilleure possible compte tenu des circonstances». T.G, ancien ingénieur de la Ville de Lausanne âgé de 47 ans, semble imperturbable. Le président Marc Pellet le bouscule dans le but de faire émerger des émotions: «Avez-vous songé à l’image que votre fils aura de vous?» Réponse: «Sur le moment, c’était juste horrible et je n’ai pas pensé à ce qu’il penserait lorsqu’il apprendrait ce que j’ai fait. Avec le recul, je me rends mieux compte.»

La Cour veut visiblement examiner de près les éléments qui laissent penser à un acte planifié. Avant de commettre l’irréparable, T.G. avait quitté par une porte-fenêtre la maison de ses amis, à Saint-Légier, où il passait la nuit. Puis il y est retourné, sans rien laisser transparaître. Selon le procureur Donovan Tésaury, c’est «l’alibi en béton armé»: «On est passé près du crime parfait.» Le magistrat voit en T.G. un stratège de haut vol «dénué d’affect»: «Les 45 jours de mensonge ont servi son intérêt, pas son enfant. Il a tué pour ne pas assumer les conséquences d’un divorce».

En vue du jugement qui sera rendu ce matin, le procureur réclame 18 ans de prison pour assassinat, et non pour simple meurtre. Les proches de la victime appuient une aggravation de la peine. La défense, elle, plaide le meurtre passionnel, sanctionné au maximum par 10 ans de prison. T.G. s’explique: «J’étais en colère. J’étais venu pour dialoguer et elle m’a dit: «Tire-toi connard!» J’ai explosé comme une bombe.»

ats

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