Après le drame, les betteraviers doivent revoir leur système

Broye À la suite de l’accident qui a coûté la vie à un jeune ouvrier, les betteraves sont acheminées vers Aarberg par la route.

Jusqu’alors convoyées vers Aarberg par le rail, les betteraves seront acheminées par la route vers la sucrerie.

Jusqu’alors convoyées vers Aarberg par le rail, les betteraves seront acheminées par la route vers la sucrerie. Image: JEAN-PAUL GUINNARD - A

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La semaine dernière, un effroyable accident est venu endeuiller la Société coopérative pour le chargement de la betterave Broye-Vully (SCCB), à Avenches. Affairé au transbordement sur un wagon de ces racines destinées à être transformées en sucre, un jeune homme de 21 ans a été mortellement blessé. Malgré la peine et la douleur d’avoir perdu un collègue, les betteraviers broyards et vulliérains doivent néanmoins aller de l’avant.

Ils n’ont cependant pas pu retourner sur les lieux du drame, la deuxième plus grande rampe de chargement du pays – après celle de Chavornay – étant fermée jusqu’à nouvel ordre pour les besoins de l’enquête. Et heureusement: naturellement choqués, les collègues directs de la victime n’auraient pas pu et pas voulu reprendre tout de suite leur activité, ainsi que le concède un agriculteur.

Réorganisation

«Nous avons dû trouver une solution, parce qu’il fallait bien livrer à la sucrerie ce qui a déjà été arraché», explique sobrement Olivier Etter, président de la SCCB. Avec son comité, il a donc décidé «dans l’urgence» que leur production allait être acheminée par la route vers Aarberg (BE). En tout cas pour les deux périodes de livraison d’octobre et novembre.

Deux solutions s’offrent à la petite centaine de betteraviers vaudois et fribourgeois de la Broye et du Vully. Soit ils disposent eux-mêmes du temps et des moyens de convoyer leur récolte, soit ils la confient à un réseau de transports de betteraves – le Ring – déjà existant, mais qui ne dessert habituellement pas cette région.

«Nous avons dû trouver une solution, parce qu’il fallait bien livrer à la sucrerie ce qui a déjà été arraché»

«Ils s’arrêtent normalement à Cudrefin, mais au vu des circonstances, ils ont accepté exceptionnellement d’agrandir leur boucle», précise Alain Bardet, agriculteur à Villars-le-Grand et membre du comité. Mercredi, ce sont ainsi les betteraves entassées au bout des champs de Delley et de Vallon qui ont été intégrées à la tournée. Viendront Villarepos puis les autres localités, selon un tournus organisé de la manière la plus rationnelle possible avec des itinéraires préparés pour que les chauffeurs qui ne connaissent pas les environs ne se retrouvent pas coincés dans des culs-de-sac. Au total, ce sont ainsi entre 25'000 et 30'000 tonnes de betteraves qui seront acheminées vers la sucrerie bernoise depuis la Broye et le Vully.

Réflexion pour la suite

La manière dont sera organisée la troisième période de livraison, en décembre, n’a en revanche pas encore été mise au point. «Nous allons prochainement convoquer une assemblée générale extraordinaire qui évoquera la suite», note Olivier Etter. Alain Bardet imagine que le quai de chargement installé en 2012 dans la zone industrielle de Domdidier (mais sur le territoire communal d’Avenches) ne sera pas encore remis en service. «Pour la suite, c’est compliqué», avance-t-il, laissant planer le flou sur l’avenir du site.

L’infrastructure, qui a coûté près de 2,5 millions de francs – dont 350'000 francs dans un second temps pour l’achat d’une locomotive tracteur devant faciliter l’opération de chargement –, a connu une mise en route plutôt difficile. Le jour de son inauguration, une démonstration publique aurait pu très mal tourner. Un câble destiné à tracter les wagons avait cédé et était parti en direction du public. À une vitesse heureusement suffisamment basse pour que personne ne soit blessé.

D’autres incidents sont survenus durant la première saison d’exploitation de cette rampe. En conséquence, la SCCB s’est retournée contre le constructeur. Un litige aujourd’hui réglé. Ce qui n’est pas le cas de tous les frais engendrés par la réalisation de cette rampe. «La sucrerie serait d’accord de nous aider à payer ce qu’on doit encore. En tout cas, ils nous ont assurés de leur soutien», confie Alain Bardet.

Créé: 16.10.2019, 07h34

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