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Duel sur les ristournes de la fameuse taxe déchets d'Yverdon

La gauche a tenté de faire rembourser les habitants non exonérés, la droite a conservé une réduction de moitié pour les seniors.

Yverdon était déjà la dernière à introduire une taxe d'élimination des déchets. Elle peine maintenant sur les mesures d'accompagnements, droite et gauche s'accusant mutuellement d’électoralisme.
Yverdon était déjà la dernière à introduire une taxe d'élimination des déchets. Elle peine maintenant sur les mesures d'accompagnements, droite et gauche s'accusant mutuellement d’électoralisme.
Keystone

Les mauvaises langues diront que c’était peut-être les derniers échanges de chiffonniers sur le sujet. Jeudi soir au terme de vifs débats, le Conseil communal d’Yverdon a mis sous toit la deuxième version de sa très controversée taxe déchets.

La droite de l’hémicycle est parvenue à faire exempter pour moitié les seniors de la douloureuse. Ce que la commission demandait de biffer. La gauche, loin d’être unanime, n’a pas réussi à exonérer les bénéficiaires de subsides d’assurance maladie ou encore… la totalité des Yverdonnois non exonérés, via une ristourne de la facture d’électricité comme c’est le cas dans d’autres villes.

«On ne doit pas sélectionner la solidarité»

«Si vous ne voulez pas donner un coup de pouce aux aînés, c’est votre droit, mais vous en assumerez les conséquences», a lancé le syndic Jean-Daniel Carrard (PLR) à l’adresse des socialistes. «Nous ne voulons opposer personne mais soulager ceux dont le revenu est atteint. On ne doit pas sélectionner la solidarité», a rétorqué Ervin Sheu.

Les élections sont décidément plus proches que fin 2018, quand cette taxe avait été introduite en urgence. Il fallait alors envoyer les factures aux citoyens, déjà mises au budget (on attendait 2,2 millions de francs), et éviter le courroux du Canton face à Yverdon, ultime Commune à ne pas financer correctement l’élimination de ses déchets. Rare compromis politique, les élus avaient alors remis leurs adaptations respectives à une négociation qui a abouti en juin à une proposition interpartis.

Le deal tourne à l'aigre

Ce que visaient les édiles? Un accord sur les mesures d’accompagnement, soit les différents types d’aides et de ristournes aux plus modestes. Le deal a toutefois tourné à l’aigre jeudi soir, face à la proposition municipale.

Sur avis juridique, la Ville renonce à la proposition PLR d’exonérer les indépendants: une exonération pour les entreprises employant moins d’un équivalent temps plein est passée à l’as. À gauche, on fait le deuil d’une hausse des bons à faire valoir dans les commerces, qui sont alloués aux bas revenus. La Ville a en revanche largement gonflé (à 500'000 fr.) l’une des mesures proposées par les élus, à savoir augmenter les aides communales aux sorties extrascolaires, comme les camps de ski, dont le Tribunal fédéral a déclaré la quasi-gratuité pour les parents.

«En fait, la Ville se fait un cadeau»

«Résultat, on se retrouve à financer une obligation communale, une dépense courante, via cette taxe destinée à l’écologie et à l’élimination des déchets, a lancé le socialiste Julien Wicky. Je ne sais même pas si c’est légal. En fait, la Ville se fait un cadeau.» «C’est faux, on ne maquille rien. On augmente simplement l’enveloppe – toutes les Communes soutiennent ces sorties avec leurs moyens respectifs –, et on l’augmente même plus que ce qu’on imaginait. Ça va dans votre sens», a réagi le syndic.

La vérité est un peu entre deux. À en croire le Département, le trend actuel est d’inciter les communes à maintenir leur enveloppe, en sachant qu’elles ne restent libres des sorties sportives qu’elles doivent proposer.

Les autres décisions sans débat

Bref. Sont passées loin des débats les autres décisions de la Ville. Un fonds environnemental de 100'000 fr., l’exonération des bénéficiaires de prestations complémentaires, cantonales, et de l’EVAM, entre autres. En tout, les mesures d’accompagnement atteignent 1,3 million.

Le règlement, dont la gauche a critiqué vivement la cohérence et dont la droite a salué l’équilibre, doit permettre la taxation 2020. On ignore si celle de 2019, en cours, a provoqué autant de recours que l’an dernier, laissant planer un doute sur la véritable fin de la saga de la taxe déchets.

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