Duja, Ligron et Cie décernent le Groin d’or

TerroirsA Granges-Marnand, un jury de personnalités a choisi la meilleure terrine pur porc 2018 à l’occasion de la Saint-Caïon.

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Les Jurassiens ont la Saint-Martin, les Fribourgeois la Bénichon et Granges-Marnand sa Saint-Caïon. La tradition broyarde est certes moins ancienne, sans doute moins chargée d’histoire, mais elle place aussi le cochon (le caïon, en patois vaudois) au centre des abats. Pardon, des débats. Et elle aussi attire et rassemble. Samedi, à l’occasion de la quatrième édition de la nouvelle formule de la fête, le vieux battoir boisé du village avait fait le plein de ses 370 places assises et bien plus encore. «Avec le papet qu’on mitonne pour ce soir, nous aurons servi en tout 1200 repas aujourd’hui», sourit Blaise Corminboeuf, le président du comité d’organisation, quelques minutes avant la remise du Groin d’or, trophée récompensant le vainqueur de cet événement-concours biennal.

Parce que la Saint-Caïon, ce n’est pas qu’un rassemblement festif autour d’un plat à base de cochon. C’est d’abord l’autoproclamé championnat suisse de la terrine pur porc. Trente participants ont proposé leur déclinaison personnelle. Un premier jury a tranché dans le lard en fin de matinée. Puis, les dix meilleures ont été dégustées par un jury de personnalités au sein (doux?) duquel figuraient notamment Duja et Philippe Ligron – les duettistes de l’émission RTS Bille en tête –, le directeur de la Semaine du goût, Josef Zisyadis, ou encore Brigitte Rosset: «Être juge d’un tel concours, c’est un honneur qui ne se refuse pas, même un samedi où il fait beau en montagne», rigole la comédienne genevoise.

Pareille fête touche la corde sensible de Duja: «En tant que Jurassien, je respecte infiniment ceux qui mettent sur pied une fête du cochon, même s’il va de soi que la nôtre est la meilleure. Je vais opter pour un produit simple, goûtu. Dans la terrine 100% pur porc, on doit sentir le gorgeron.» Son complice radiophonique est évidemment aussi attaché aux produits du terroir. Philippe Ligron y engage même davantage que ses cinq sens. «Pour juger, il faut faire appel au sixième sens, celui que je nomme «la ratatouille de notre grand-mère», qui réveille en nous une émotion.» Et puis, le Camarguais, Broyard d’adoption, peut s’appuyer sur ses connaissances culinaires pour arrêter son choix: «Dans cette terrine, il devait y avoir 6 ou 7 grammes de sel au kilo, alors qu’il en faudrait entre 12 et 14», estime-t-il, après avoir testé l’un des dix produits en lice.

De telles références, Brigitte Rosset ne prétend pas en avoir: «J’ai tout de même participé une fois à une dégustation de tisane de menthe, hein… J’avais été étonnée de voir toutes les différences qu’on peut sentir», avance-t-elle, slalomant entre comique et sérieux. Mais chassez le naturel, il revient au goulot: «En dégustation c’est comme en amour, on ne peut pas toujours expliquer ses choix.» Sa préférence est peut-être difficile à justifier, mais elle a eu le même coup de cœur que Philippe Ligron.

Au final, le jury a jeté son dévolu sur la terrine, «pimpée» aux morilles, de Johann Hunziker, d’Oron-la-Ville. «C’est la première fois que j’en fais. On s’y est mis en famille. C’est bien la preuve que si on aime la bonne viande et la cuisine, on peut réaliser de belles choses», avance le lauréat 2018, son Groin d’or d’un côté, ses deux enfants de l’autre. À noter que ni les six femmes, ni les six pros en lice ne sont parvenus à monter sur le podium d’un concours décidément à portée de tous. Cochon qui s’en dédit. (24 heures)

Créé: 26.02.2018, 07h40

Nouveaux horizons

Le terroir et le bien manger rapprochent. Il a soudé davantage encore huit copains qui ont décidé en 2012 de relancer une fête locale lancée à la fin des années 90. «À l’époque où on jouait au foot ici, on aimait bien venir faire un saut à la Saint-Caïon. On se disait qu’on l’organiserait un jour», raconte le président, Blaise Corminboeuf. Neuf ans après que la fête a été abandonnée, l’équipe a donc retroussé ses manches pour faire revivre la manifestation. «On est tous les huit entrepreneurs. On a estimé qu’on pouvait bien consacrer quelques heures de notre temps tous les deux ans pour perpétuer une tradition locale qui nous est chère.» Avec eux, la tradition va se rapprocher d’autres terroirs. Pour la première fois cette année, la fête avait un hôte d’honneur: le canton de Genève, via Genève Terroir. La longeole et la fricassée ont eu droit de cité au battoir de Granges-Marnand. «Nous avons l’intention de faire de la Saint-Caïon un événement romand et à chaque édition un autre canton sera invité.»

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