La dynamique culture d'Orbe chauffe un peu trop

Nord vaudoisLes très productif et dynamique milieu culturel d'Orbe grince des dents. Une série de tensions au sein de la commission culturelle locale révèle plusieurs divergences sur l'avenir de la place.

Image: Patrick Martin

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Le milieu de la culture urbigène, sans doute l’un des plus dynamiques du Nord vaudois, grince des dents derrière les sourires de façade. Révélatrices d’une série de conflits personnels, mais aussi de questions de fond, une série d’interventions ont surgi lors du dernier Conseil communal. Au milieu d’élus mal à l’aise, deux anciens membres évincés de la commission culturelle de la Commune réglaient leurs comptes avec le président de ladite commission, dans une suite d’invectives, avouons-le, difficiles à suivre. Le président, Patrice Lefrançois, a été prié de revoir son mode de management par le municipal responsable, Luiz de Souza. La question de la démission de l’acteur culturel est sur la table, sans réponse à ce jour.

Ce qui se passe? En place depuis les années 1970, la commission culturelle arrive en bout de course dans sa forme actuelle. C’est une institution sans réel équivalent dans la région, sorte de bras armé de la Commune, composée d’élus et de bénévoles culturels, chargés de la programmation du Casino (spectacles tout public) et du Temple (musique classique). «À l’époque, c’était une bonne idée, une forme de regard sur les subventions. Maintenant, le politique doit peut-être se retirer. Mais il y a de sacrées individualités», confesse un élu local.

Nombreuses figures

Orbe compose en effet avec les figures que sont le galeriste Christophe Zwahlen, le père des anciens moulins Pierre-André Vuitel, le gérant du Hessel Alexandre Baudraz, l’éditeur Bernard Campiche, le rédacteur de «La Nation» et pilier de Pro Urba Félicien Monnier, ainsi qu’une série d’institutions très vivantes comme le Théâtre de la Tournelle, le cinéma, l’Association des commerçants et son programme estival, etc. Du monde.

«Maintenant, la culture à Orbe a atteint un degré de maturité et de dynamisme», réagit Patrice Lefrançois, qui plaide pour une scission de la commission culturelle entre le Casino et le Temple. Il se verrait à la tête d’une structure dévolue à l’église de Pierre-Viret, afin d’y développer l’offre. «Orbe et la région ont un énorme potentiel, mais il y a un manque de pilotage politique. On doit vraiment se coordonner, s’entraider et éviter les doublons. Les acteurs sont prêts pour ça.»

En face, Luiz de Souza nuance, après des assises de la culture au bilan mitigé. «Les mentalités ne sont pas encore prêtes. On a des acteurs qui se positionnent beaucoup mais peu de forces quand il faut lancer des projets», note-t-il. Son plan? Engager un adjoint, refondre la commission et lancer un bureau de coordination (ce que la culture locale appelle de ses vœux). «Ce n’est pas à moi d’imposer des projets ou des personnes dans les associations. On doit en revanche donner des impulsions et soutenir des initiatives, en adéquation avec la stratégie de la Municipalité et les attentes de la population.»

Concernant ces attentes, les priorités ne sont pas non plus les mêmes. Les acteurs culturels imaginent notamment une nouvelle salle de 250 places, une Maison de la culture dans les anciens moulins visés par un projet immobilier. La Ville compte, elle, beaucoup sur les Schubertiades des enfants, manifestation autrefois à Pully qui doit renaître à Orbe.

Reste le désire, unanime, d’un grand événement fédérateur et porteur d’une identité. Il figure au programme de la législature et ravive le souvenir de la Quinzaine artistique, festival pionnier en terres vaudoises, disparu en 1992.

Créé: 04.03.2019, 11h23

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